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Il quitte la rédaction en chef de Radio One : Finlay Salesse raconte cinq moments forts de sa carrière

«À Radio One, j’ai été en deux occasions rédacteur en chef», confie Finlay Salesse.

«Ce n’était pas une décision difficile à prendre. Je quitte la rédaction en chef de Radio One qui était une activité 24/7. Je ne vais pas me laisser bouffer par l’oisiveté pour autant...» Dans l’entretien qui suit, Finlay Salesse, qui continue toutefois l’aventure avec la radio, dévoile quelques moments de sa vie, entre son amour pour le journalisme, sa vie de famille et sa passion pour la politique.

1946, ma naissance : «Accessoirement, je vais commencer par la date de ma naissance un 6 octobre (1946), comme celle d’un grand Mauricien, Remy Ollier (6 octobre 1816), qui en une très courte existence a accompli de grandes choses pour les plus démunis et les plus vulnérables… Il a été en quelque sorte l’inspirateur de mon engagement.»

 

1966, ma bourse d’études : «En 1966, je suis bénéficiaire de la bourse de l’Alliance française pour des études à l’Université Charles de Gaulle, à Madagascar. Il va sans dire que, compte tenu de la situation financière de mon père, enseignant dans le primaire, je n’aurais jamais pu faire des études universitaires. Mes parents habitaient à 32, rue Brabant, dans une modeste maison en dur, où je suis né, comme mon frère Karl et ma sœur Marie-Noëlle, en bordure de la route, à quelque 200 mètres du cinéma Venus, entre la rue ‘‘Cochon’’, très fréquentée par des marins taïwanais, et la rue Seychelles avec ses fumeries illicites. Dans ce milieu, il fallait se battre pour rentrer avec toutes mes billes à la maison au retour de l’école de La Montagne que j’ai fréquentée à la rue Mgr Leen. Cette rue qui descend de manière abrupte vers la rue D’Entrecasteaux vers le restaurant Mike où mon grand-père, Emmanuel Latulipe, et son frère Michel occupaient, dans un espace exigu sous tôle, le premier son commerce de charbon et le second son atelier de cordonnerie.»

 

1976, la presse, la politique, la prison : «Une année déterminante parce que c’est celle des élections après des années de braise (la suspension de la Constitution, entre autres). J’avais pris de l’emploi à l’express dont les locaux se trouvaient à la rue Brown Sequard. Le rédacteur en chef était le Dr Philippe Forget que les jeunes regrettent de n’avoir pas connu. Après quelques mois au Nation de Ramlallah/Jagatsingh/Boolell, je me suis retrouvé avec Jean-Claude de l’Estrac, Yvan Martial, Suleiman Patel, Luc Olivier, Jean Balancy et, surtout, Pierre Renaud et Vele Govinden. Karl Offmann était à l’imprimerie. Une belle université où l’on apprenait, dans la douleur et les sacrifices, la rigueur de ce dur métier. Une profession qui m’a mené éventuellement à mon engagement politique au sein du MMM et mon intégration à la Régionale de Beau-Bassin pour une dure campagne électorale devant aboutir à mon élection, le 20 décembre 1976. Nous étions jeunes et nous étions impitoyables, armés uniquement de la force de nos convictions. Notre cause était juste et noble. Notre action parlementaire et notre occupation du terrain nous ont valu l’admiration de tous. Et c’est sans surprise que nous étions portés au pouvoir en 82. Toutefois, un autre événement allait me marquer profondément en 1979. À la suite d’une manifestation à la gare routière de Victoria, sous le Public Order Act, j’ai été condamné, avec 13 autres camarades, à trois mois de prison. Nous n’étions pas dans un établissement 5-étoiles – à Richelieu et Beau-Bassin respectivement – mais la chaleur de l’amitié, le douloureux sort partagé, ont tissé des liens indestructibles jusqu’aujourd’hui. À tel point que ceux qui n’avaient pas eu le même sort étaient quelque peu envieux de cette incarcération qui a largement contribué à nous tisser des couronnes de martyrs. Pour un militant de gauche, faire de la prison était comme l’obtention d’un diplôme en militantisme. Le parti était soudé et la victoire au bout en 82. Un autre grand moment est mon élection aux municipales de 82 à Beau-Bassin/Petite-Rivière. L’exaltation d’une campagne dont on connaissait déjà le dénouement. Un nouveau terrain électoral à labourer, de nouveaux militants de Rose-Hill devenus des amis jusqu’aujourd’hui. Et une belle victoire qui m’a mené au fauteuil ‘‘mairal’’ pendant une année, bien au-delà de la cassure. Mais en même temps, sur le plan de ma vie privée, une profonde blessure au cœur. Puis, les élections en 83, ma migration à Mahébourg pour un naufrage anticipé. Deux ans de traversée du désert et ensuite mon intégration au groupe Le Mauricien/Week-End où j’ai rencontré Jacques Rivet, Lindsay Rivière, Sydney Selvon, Pierre Benoit, Gérard Cateaux, Josie Lebrasse, Jean-Claude Antoine, Jacques Catherine, entre autres. Une autre belle aventure de presse avec de grands moments…»

 

1988, ma famille, mon équilibre : «Le 1er décembre 1988 est une date très personnelle parce que c’est celle de mon mariage avec Sharin Damoo. C’est aussi la date des quatre ans de notre fille Nathalie qui rejoint Olivier, Nadine et Véronique, les trois enfants de mon premier mariage. C’est grâce à eux que je me retrouve avec sept petits-enfants qui grandissent trop vite. Avec Sharin, plus de 30 ans de vie. C’est dire que sans son soutien, la charpente de ma vie n’aurait pas tenu. Nous avons, au vu de ce parcours, connu le pire et le meilleur. Le pire étant d'être sans travail et sans avoir souvent à manger à notre faim. Les privations partagées rapprochent et soudent les êtres. Aujourd’hui encore, je pense qu’on ne peut tomber plus bas. D’où ma résilience à toutes les situations.»

 

1989 : Il était une fois... 5-Plus :  «La cinquième date tourne, comme cela a débuté, avec le journalisme. En 1989, George Chung Tick Kan, homme d’affaires, un ancien de Tana, me propose de lancer 5-Plus Magazine comme rédacteur en chef. Une belle occasion de booster à nouveau ma carrière. C’est ainsi que naît par la suite 5-Plus dimanche. Une exaltante aventure avec une équipe de jeunes qui n’étaient pas encore devenus des journalistes mais dont l’enthousiasme, la curiosité, la soif d’apprendre, la passion et la rage de réussir étaient de solides motivations pour pouvoir grimper l’échelle sociale. Nous allions ainsi, avec cet hebdomadaire sur du papier glacé, révolutionner la presse dans la forme et dans le fond en privilégiant les faits divers comme faits de société, avec des rubriques People qui ont valu les quolibets et le mépris de quelques-uns. Je suis heureux que 5-Plus, à la résidence des 5 Palmiers, ait permis surtout à bon nombre de journalistes de faire une brillante carrière dans le métier. Ici et ailleurs. Dans le public comme dans le privé. En 2002 avec la création de radios privées, je passe du stylo au micro pour découvrir une autre forme de journalisme et pour découvrir aussi que j’étais un homme de parole. Pour porter cette parole haut et fort comme porte-voix des plus démunis et des plus vulnérables avec l’émission Enquête en Direct et une surprenante longévité. À Radio One, j’ai été en deux occasions rédacteur en chef de 2004 à 2006 et de 2016 jusqu’au 30 juin 2020. C’est dire, faut-il m’en flatter, d’avoir été jusqu’à la semaine dernière le plus vieux rédacteur en chef et journaliste en exercice. Assez d’années d’expérience, disons presque 50 ans, pour me qualifier d’avoir une réflexion sur notre profession. Je ne me priverai pas de l’écrire bientôt.»

 


 

Un nouveau chapitre avec Radio One

 

Il manque un tournant dans sa vie et il explique pourquoi. S’il quitte la rédaction en chef, l’aventure est loin d’être terminée avec Radio One : «Il faut dire que la Covid-19 a été déterminante, surtout toute la période de confinement qui a réglé autrement ma vie pendant 79 jours, sans voir personne d’autre que mes proches et pas d’autres paysages que les champs de canne. Dans cette solitude, on apprend le silence des choses. Et l’on se contente de l’essentiel sans les gesticulations, le bruit et la fureur du quotidien. Ce n’était pas une décision difficile à prendre. Je quitte la rédaction en chef de Radio One, qui était une activité 24/7. Je ne vais pas me laisser bouffer par l’oisiveté pour autant. Je continuerai d’ailleurs à animer quelques émissions, à savoir, entre autres, Polémique et Dimanche Culture sur les ondes de Radio One où la direction – Nicolas Adelson – m’a fait l’amitié de croire que je peux encore servir. Ensuite, de la parole, je retourne à l’écrit d’où je suis venu. D’où très bientôt quelques publications. Je compte 50 ans de carrière et je suis toujours un apprenti de la profession et de la nature humaine», confie Finlay Salesse. C’est Géraldine Geoffroy qui le succède pour le poste de rédactrice en chef de la radio privée.