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Il participe à la Polyglot Conference Global - Krishna Pentayah : «Kreol morisien li pa zis enn langaz, li enn lenerzi ki rasamble tou dimounn»

«En tant que jeunes, nous avons le devoir de mettre en avant la purification du kreol morisien», explique-t-il.

«Pour moi, une langue, c'est une merveille...» Krishna Pentayah, président et fondateur de l’ONG Sov Lanatir et auteur de Langaz liniver, un livre scientifique, nous parle, à la veille de la célébration de la langue et de la culture créole le 28 octobre, de son expérience à la Polyglot Conference Global...

Une plateforme : «La Polyglot Conference Global s’est tenue en ligne du 1er au 9 octobre. Il y avait 50 intervenants de différents pays et des thématiques très intéressantes. Monn reprezant langaz kreol morisien lor sa platform internasional-la. Li ti regroup donk boukou bann poliglot antie lemond pou koz lor zot langaz. Certains ont parlé des langues qui sont en voie d’extinction, entre autres. Ça amène un language enthusiasm parmi des professionnels de différents horizons sur une même plateforme pour parler sur les langues. En tant qu'advocate pour le Mauritian official language, j’ai parlé sur le thème How impactful a mother tongue can be in the fight for climate justice in primarily non-English speaking countries like Mauritius. Mo finn koz lor laspe dinklizivite kreol morisien. J’ai parlé de son histoire, de notre créole qui est french-based, de sa naissance à l’époque. J’ai rassemblé mon combat pour l’environnement au sein de l’association Sov Lanatir et mon amour pour le créole mauricien. Monn koz lor kouma li esansiel nou servi nou mother tongue in the fight for mother nature. C’est relié. There can’t be no climate justice without social justice. J’ai parlé des communautés qui sont marginalisées, qui ne savent pas s’exprimer en anglais ni en français et qui comprennent uniquement le kreol morisien. Ce sont généralement des personnes, comme les pêcheurs, par exemple, qui vont directement subir les effets du changement climatique. Souvent, ces personnes peuvent avoir des idées sur le sujet et pourraient amener leur contribution dans le combat climatique mais la langue reste une barrière. Il a été prouvé que l’utilisation d’un mot en créole pour décrire des termes complexes, comme dans la lutte contre le climate change, peut aider. Selon une étude qui date de 2011, 86,5 % des personnes à Maurice utilisent le kreol morisien comme leur mother tongue. Puis, il y a le bhojpuri mauricien utilisé par 5,3 % des Mauriciens et le français par 4,4 %. J’ai aussi parlé de la purification du kreol morisien car souvent, on entend dire que le kreol morisien n’est pas une langue raffinée et adéquate pour être utilisée sur certaines plateformes. Je rappelle que la langue française, à une époque, était considérée comme une langue très pauvre et le latin était considéré comme plus important. Pour moi, une langue, c’est une merveille.»

 

Un objectif : «Je mène donc un combat pour que le kreol morisien soit connu pour son éloquence, sa richesse. Mais aussi un combat scientifique. J’ai écrit le livre scientifique Langaz liniver en kreol morisien pour démontrer qu’on peut utiliser le kreol morisien pour expliquer des termes complexes. D’une certaine façon, nou konpran li pli byen lerla. Je voulais remercier deux personnes qui ont permis ma participation à cette conférence : Avishta Seeras et Richard Simcott. Ce dernier est un grand polyglotte en Angleterre et il maîtrise plusieurs langues. Une chose que j’ai bien appréciée, c’est que plusieurs personnes qui ont assisté à la conférence ont démontré de l’intérêt pour le kreol morisien. Elles trouvent que c’est une langue qui ressemble à la langue française mais qui ne l’est pas. Et elles ont démontré l’envie et l’intérêt d'apprendre notre langue. En ce moment, nous sommes en train de créer un groupe pour internationaliser le kreol morisien afin de partager son histoire, sa valeur et sa beauté. C’est l’un de mes objectifs. Kreol morisien li pa zis enn langaz, li enn lenerzi ki rasamble tou dimounn. Nou tou koz kreol morisien pou konverse. Nou servi li pou nou konpran sakenn.

 

En tant que jeunes, nous avons le devoir de mettre en avant la purification du kreol morisien. On doit montrer que c’est une langue raffinée, et c’est à travers la poésie ou l’art qu’on peut y arriver. Nou bizin koz langaz-la, wi, me nou osi bizin koz pou langaz-la. C’est une des raisons qui m’ont fait participer à la Polyglot Conference Global. À la conférence, je me suis principalement exprimé en anglais mais toujours pour la langue créole mauricienne. Ça a été, pour moi, un grand privilège.»