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Il était une fois… le 266e successeur de l’apôtre Pierre

Depuis qu’il est devenu pape en 2013, il n’arrête pas d’étonner ceux qui le suivent. Qui il est, son histoire, ses actions… Zoom sur quelques grandes lignes de la vie du pape François qui débarque chez nous le 9 septembre.

De Jorge Mario Bergoglio à François

 

Fils d’un couple d’immigrés, il a deux sœurs et deux frères. Sa famille a toujours été importante pour lui.
 

 

Il y eut d’abord son air ému… Suivi de ses premiers mots du balcon de la basilique Saint Pierre : un «buona serra» (bonsoir) prononcé d’une toute petite voix. Puis, il y eut ce geste inattendu : il s’est incliné devant les fidèles en implorant leur prière. Une action qui a surpris ceux rassemblés à Rome pour l’applaudir, lui, le nouveau pape, car traditionnellement, c’est la bénédiction apostolique Urbi et Orbi qu’il donne depuis ce balcon.

 

Ce jour-là, beaucoup ont compris que le successeur de Benoît XVI allait être un pape différent. Ce 13 mars 2013, Jorge Bergoglio, premier pape sud-américain et jésuite, est devenu François. Un nom choisi en mémoire de saint François d’Assise pour donner un signe fort : les démunis de la société seront au centre de son pontificat. 

 

Sa grand-mère, sa belle histoire 

 

Il a souvent évoqué le rôle important joué par sa grand-mère, dans sa vie et surtout son cheminement dans la foi.
 

 

Pour le pape François, né le 17 décembre 1936, à Buenos Aires, en Argentine, et baptisé quelques jours plus tard, dans la nuit de Noël, la famille est un «phare» et un «trésor». Lors de ses nombreux déplacements, il évoque souvent celle-ci comme étant le socle des sociétés. Fils d’un couple d’immigrés italiens modestes, il a lui-même grandi dans une belle et grande famille – il a deux frères et deux sœurs. Son père Mario Josè Bergoglio, né à Turin, travaillait comme comptable pour la compagnie des chemins de fer.

 

Enfant, Jorge Mario adorait lire, marcher dans les rues et jouer au foot. Il aimait surtout passer du temps avec sa grand-mère Nonna Rosa, femme au foyer. C’est d’ailleurs elle, a-t-il révélé, qui lui a appris à prier. Il l’a très souvent évoqué dans ses homélies, notamment lors de la première qu’il a faite en tant que pape : «J’ai reçu la première annonce chrétienne d’une femme : ma grand-mère ! C’est très beau, cela : la première annonce à la maison, en famille !» C’est aussi à elle qu’il a confié son désir de devenir prêtre et à son tour, elle a défendu son choix, redonnant de la sérénité aux relations de Jorge Mario avec sa mère qui désirait le voir étudier la médecine.

 

Enseignant, homme de ménage, videur… et «révélation divine»

 

Le 13 décembre 1969, il est ordonné prêtre et il prononce ses vœux perpétuels chez les jésuites le 22 avril 1973. 
 

 

Jeune, Jorge Mario Bergoglio, qui parle l’espagnol, l’italien, l’allemand, le latin et a des notions de portugais, de français et d’anglais, se destine à une carrière d’ingénieur chimiste. Il est, pendant un temps, enseignant de littérature dans deux collèges, à Santa Fe et à Buenos Aires, avant d’entamer des études de théologie. Pour subvenir à ses besoins financiers, il travaille comme homme de ménages dans une usine et est videur dans un club mal famé de Córdoba, en Argentine.

 

Il a l’appel sacerdotal à 17 ans. C’est dans l’église San José, dans le quartier de Flores, que Jorge Mario fait l’expérience de «la miséricorde de Dieu» lors d’une confession qui précède la fête de la saint Matthieu, en 1953. Il a «une révélation divine, pour entrer dans les ordres». Il entame alors une réflexion et décide d'entrer dans les ordres. À 20 ans, il vit un moment difficile : suite à une infection, on lui enlève un poumon. Depuis, il a une santé fragile.

 

En 1969, il est nommé prêtre. Il sera par la suite, tout à tour, principal responsable des jésuites argentins durant la dictature militaire (1976-1983), évêque auxiliaire de Buenos Aires (92) et archevêque coadjuteur du même diocèse (98). Il est fait cardinal en 2001 et préside la Conférence épiscopale d’Argentine de 2005 à 2011. 

 

Ses passe-temps

 

Le pape François, l’un des plus jeunes cardinaux à avoir accédé à la fonction papale,  est connu comme un grand fan du club de football de Buenos Aires, Sans Lorenzo. D’ailleurs, des jeunes Mauriciens lui feront un clin d’œil dans ce sens. Ils l’accueilleront à Marie-Reine-de-la-Paix vêtus de T-shirts aux couleurs de San Lorenzo. La vente du T-shirt à Maurice est d’ailleurs un succès. Le saint-père serait aussi un grand lecteur de José Luis Borgès, de Dostoïevski et un amateur d’opéra.

 

En toute humilité

 

C’est avec humilité que le pape François avance et cela se ressent dans toutes ses actions. Son profil de pasteur connaissant les réalités du monde l’ont vite rendu proche des gens, qu’ils soient croyants ou pas. Il n’a jamais aimé le luxe et a toujours préféré la simplicité. D’ailleurs, il habitait dans un petit appartement simple dans la banlieue argentine de Buenos Aires, même quand il était archevêque, et prenait les transports en commun. Durant les week-ends, il se consacrait aux paroisses défavorisées et à la création d’un réseau entre les prêtres des bidonvilles. Il a pendant longtemps côtoyé la réalité du terrain et la misère durant son ministère. Il a toujours eu à coeur de s’occuper des plus démunis.

 

Chef d’État, ambassadeur et diplomate

 

C’est un religieux mais pas que. Le souverain pontife dirige l’État de la Cité du Vatican et il est aussi diplomate. La Cité du Vatican est l’un des plus petits États au monde, avec ses 832 habitants (en 2012) et sa superficie totale de 0, 44 km². La position du pape lui confère les pleins pouvoirs sur le minuscule État, en vertu de la loi fondamentale du 26 novembre 2000, la constitution vaticane. Chef religieux, chef d’État et ambassadeur, le pape jouit d’une grande influence dans tous les domaines.

 

Pourquoi il est différent de ses prédécesseurs…

 

 

Il étonne de par sa personnalité hors du commun. D’ailleurs, il avait été élu «Personnalité de l’année» en 2013 par le magazine Time. Plusieurs de ses actions l’ont vite rendu populaire. Parmi : il vendu sa Harley Davidson et avec l’argent, il a aidé les sans-abri. Après son élection comme pape, il avait donné son traditionnel bonus aux plus nécessiteux. Il a formé les organisations de l’Église afin qu’elles puissent prendre soin des pauvres et des malades, il a admis n’avoir pas le droit de juger les homosexuels, «s’est abaissé» pour baiser les pieds de mineurs détenus, et il a été actif pour la protection de la forêt tropicale d’Amazonie qui subit actuellement des ravages d’incendies, entre autres actions affichant humilité et compassion. De plus, malgré les risques qui existent quand il se déplace, il ne refuse jamais d’aller vers ceux venus l’accueillir.

 

Décrit comme imprévisible, il fait aussi souvent fi des protocoles comme la fois où il a laissé un enfant l’embrasser au milieu d’un discours et s’asseoir sur la chaise papale. Il est aussi connu pour ne pas mâcher ses mots. Au fil des dernières années, il a ainsi dénoncé les «évêques d’aéroport», qui «sont davantage dans les hôtels qu’au milieu de leur troupeau». Suite aux scandales sexuels qui ont secoué l’Église, il n’a jamais caché avoir une position tranchée sur le sujet. «Aucun abus ne doit jamais être couvert [comme ce fut le cas par le passé] et sous-évalué», a-t-il déclaré.

 

Le pape François a aussi fait l’actualité lorsqu’il a ramené au Vatican trois familles de réfugiés syriens, des musulmans, dans son avion, après sa visite en Grèce sur l’île de Lesbos. Il s’est toujours montré pour un  rapprochement œcuménique, notamment avec les orthodoxes, mais aussi les protestants. Il s’est d’ailleurs rendu à l’université al-Azhar, au Caire, en Égypte, haut lieu de l’islam sunnite, et a dénoncé, conjointement avec le grand imam Ahmad Al-Tayyib, la violence commise au nom des religions.

 


 

Il a dit…

 

Sur l’homosexualité… «Que vous soyez gay importe peu. Dieu vous a fait ainsi et vous aime ainsi. Vous devez être heureux de ce que vous êtes.»

 

Sur les divorcés… «Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union sentent qu’elles font partie de l’Église, qu’elles ne sont pas excommuniées et qu’elles ne sont pas traitées comme telles car elles sont incluses dans la communion ecclésiale.»

 

Sur l’avortement… «Ce n’est pas juste de se débarrasser d’un être humain, même petit, pour résoudre un problème. C’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème.»

 

Sur le concubinage… «J’ai vu tellement de fidélité dans ces cohabitations, tant de fidélité. Je suis sûr que ce sont de vrais mariages...»

 

Sur la pédophilie… «À ceux qui abusent des mineurs, je voudrais dire : convertissez-vous et remettez-vous à la justice humaine, et préparez-vous à la justice divine.»

 


 

Réactions autour d’une visite papale…

 

Barlen Vyapoory, président de la République

 

«Je me prépare avec beaucoup d’enthousiasme à l’idée d’accueillir le pape François au Château du Réduit. Notre petite île se prépare pour la deuxième fois à accueillir un pape, un homme d’État qui est engagé socialement, qui se bat pour la paix et qui est un fervent défenseur de l’environnement. C’est vraiment un honneur qu’il fait à notre pays en nous rendant visite.»

 

Le père Jean-Claude Véder, responsable de la liturgie pour la messe à Marie-Reine-de-la-Paix

 

«Le pape François pratique la proximité avec les personnes. Il a du charisme et est un rassembleur. Il est comme un papa. Il vient avec un message d’amour et de paix. Sa visite dans notre île aura une portée universelle. On voudrait que, de par la célébration à Marie-Reine-de-la-Paix, le pape voie un peu de l’île Maurice.»

 

Jean-Maurice Labour, vicaire general

 

«François est pasteur avant tout. C’est la proximité du pasteur avec les situations concrètes qui guide sa pensée. Il a l’art des mots qui accrochent l’homme simple. Il a un style bien à lui qui révolutionne la prise de parole des papes en général. Son message est ponctué de mots simples de tous les jours, qui touchent à des réalités crues rarement abordées de front chez les catholiques. Il nous étonne ce pape (…) Ce pape est accueilli par tous comme un souffle de printemps. On attendait ce bon vent de réforme, voire de révolution.»

 

Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice

 

«La visite papale vient insuffler en chacun de nous ce désir de vivre dans la présence de Dieu dans un monde meurtri par la violence, la haine et la corruption. Le pape François, par son charisme et son esprit d’ouverture, remet les valeurs religieuses dans leurs justes perspectives. Par ses paroles et ses actes, le règne de Dieu est proclamé. Je prie pour que cette visite puisse nous interpeller et que nous aussi, à notre tour, nous devenions des pèlerins de paix, de réconciliation et de justice.»

 

Lady Sarojini Jugnauth, épouse du ministre mentor

 

«Je me souviens de toute la ferveur qu’il y avait autour de la visite de Jean-Paul II dans notre petite île et je sais que cette fois encore, les Mauriciens vont bien accueillir le pape François. C’est avec beaucoup de joie, de bonheur et de spiritualité que nous allons vivre ce grand moment.»

 

Jane Constance, chanteuse et ambassadrice pour la paix

 

«Je ne serai hélas pas à Maurice pour vivre ce grand moment. J’entame un nouveau chapitre de ma vie en m’embarquant pour quatre ans d’études de droit à Londres. C’est avec un pincement au cœur que je m’en vais explorer d’autres horizons loin de mon île mais je serai de tout cœur avec les Mauriciens et je vais suivre cette visite à travers les réseaux sociaux. J’estime que c’est un grand honneur que nous fait le pape.»

 

Ingrid Noyaux, Miss University Africa Mauritius

 

«Je trouve que cette visite est une bonne chose pour le pays. Il est quand même l’une des plus grandes personnalités de ce monde et du coup, ça va placer notre île sous le feu des projecteurs, ce qui est très positif.»

 

Najeeb Ahmad Fokeerbux, de la Young Queer Alliance

 

«La visite du pape à Maurice est un événement symbolique, notamment de par la personnalité du pape et sa fonction de guide de la foi chrétienne qui prône des valeurs de tolérance, de partage, de charité et d’humanisme envers autrui. J’ai souvent été marqué par les actions du pape. Par exemple, son humanisme envers les immigrés et réfugiés musulmans, hindous et catholiques ou encore sa position promouvant l’acceptation des personnes de la communauté LGBT. Notre République arc-en-ciel et diverse se conjugue bien avec les valeurs que prône le pape Francois : “We are children of the same God”, dit-il».