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HSC 2018 : lauréats, le prix du sacrifice

HSC 2018 : lauréats, le prix du sacrifice

Le choc puis la surprise. Viennent ensuite les larmes de joie, l’euphorie et un incroyable sentiment d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel. La journée du vendredi 8 février, jour de la proclamation des résultats des examens du Higher School Certificate (HSC), a été forte en émotion pour de nombreux étudiants et leur famille. Elle l’a surtout été pour les 45 élèves qui se sont distingués en tant que lauréats. Une réussite qu’ils attribuent au travail acharné et à des années d’efforts.

Piton State College | Leckraj Hurbhookun : «Être lauréat, mon plus grand pari»

 

 

Il y a des personnes comme ça qui inspirent, qui donnent l’exemple. Leckraj Hurbhookun, un habitant de Roche-Bois, est un de ceux-là. Premier lauréat du Piton State College, il a connu, grâce à ses efforts et son dévouement, un brillant parcours académique malgré des conditions pas toujours idéales. Lui qui rêvait d’être lauréat a travaillé très dur pour atteindre son but. Aujourd’hui, c’est chose faite. Une réussite qu’il a tout de suite dédiée aux personnes qui ont toujours été là pour lui. «Mes parents, mes enseignants et mon école ont toujours été là pour m’aider et m’accompagner. Sans eux, ça n’aurait pas été possible.»

 

Sa maman Geetabaly, General Worker, son papa Heeren, chauffeur de camion, et son frère Keshav, étudiant en Business Management, ne peuvent être plus fiers de lui. À leurs yeux, Leckraj a toujours été un étudiant calme, sérieux et dévoué. «Il a toujours été brillant mais il ne se reposait pas sur ses lauriers. Il faisait beaucoup de sacrifices. Il se réveillait tôt pour étudier et faire ses recherches. Il faisait beaucoup de lecture, passait beaucoup de temps dans les bibliothèques municipales et adorait regarder les informations», lance sa mère. Amoureux de la lecture, il a d’ailleurs pris de l’emploi dans une librairie depuis les vacances scolaires. Geetabaly se souvient aussi d’un épisode qui l’a marquée. «Il fréquentait la Nicolay Government School et lorsqu’il est parti pour le collège, son maître d’école m’a dit : ‘‘Madame, votre fils sera le premier lauréat de Piton SSS.’’ Aujourd’hui, ça s’est réalisé. Il connaissait son potentiel.»

 

Pour Keshav, la réussite de son frère est la meilleure récompense qu’il pouvait offrir à leurs parents qui se sont toujours battus pour leur offrir le meilleur malgré une situation financière pas toujours aisée. L’éducation, dit-il, a toujours été pour eux une priorité. «Je revois mon père se réveiller à 5 heures pour que Leckraj puisse être à ses leçons à 6 heures. Qu’il pleuve ou qu’il vente, il allait le déposer.»

 

Dans son parcours, Leckraj a aussi pu compter sur la bienveillance de ses enseignants dont certains n’hésitaient pas à lui donner des leçons sans prendre de l’argent. Plus que jamais fière de son garçon, Geetabaly rêve désormais du meilleur pour lui. Elle en est d’ailleurs persuadée : son fils accomplira des choses extraordinaires.

 


 

 

Rajcoomar Gujadhur SSS | Faatimah Bhugaloo : «Mes parents, mon inspiration»
 

 

 

Elle a toujours eu cette idée dans un coin de sa tête. Pour Faatimah Bhugaloo, 18 ans, être lauréate était même devenu un rêve. Un rêve qu’elle a finalement réalisé après des années de dur labeur. À son collège, le Rajcoomar Gujadhur SSS, elle a été accueillie dans la joie, les cris et les pétarades. «Je suis très contente d’être la deuxième lauréate de mon collège qui est une école régionale.»

 

Pour Faatimah, il n’y a pas de secret. Le travail est la seule voie vers la réussite. «J’ai travaillé, je me suis donnée au maximum. Aujourd’hui, je suis fière de faire l’honneur de mon collège et de mes parents.» Ces derniers, dit-elle, ont toujours été sa plus grande source d’inspiration. «Mes parents ont également décroché une bourse dans le passé et c’est grâce à ça qu’ils ont pu, tous les deux, faire leurs études en Inde. Je voulais faire comme eux.»

 

Umme Saranaaz et Ahmud Mustakeem, tous les deux enseignants d’urdu, ne pouvaient pas être plus fiers de leur fille qui a toujours été assidue, selon eux. «Les études étaient la priorité. Je m’appliquais à l’école, aux leçons et à la maison. Ce n’est que comme ça qu’on peut réussir.» Maintenant qu’elle a décroché une bourse, Faatimah se laisse encore un peu de temps de réflexion. «Je ne me suis pas encore décidée sur la filière que je vais choisir. Nous allons en discuter en famille. En tout cas, je me tournerai vers la littérature ou le droit.» En attendant, elle espère qu’elle sera une source d’inspiration pour d’autres jeunes.

 


 

 

Sookdeo Bissoondoyal State College | Soodarshan Gajadhur : «Je n’avais pas confiance en moi»

 

 

Il n’avait jamais ressenti une aussi grande fierté. Encore aujourd’hui, Soodarshan Gajadhur, 18 ans, ne réalise pas totalement son exploit. Au cours de ces dernières années, il n’avait jamais vraiment osé y croire, même si autour de lui, confie-t-il, famille, amis et professeurs ont toujours cru qu’il réussirait à se faire une place parmi les boursiers de l’État. «Je n’avais pas cette confiance là en moi. Mais je suis tellement heureux et fier. Quand on a entendu mon nom à la radio, j’ai crié, j’ai sauté sur maman et nous avons tous les deux pleuré.»

 

Fier d’être le premier lauréat de sa famille et de faire l’honneur de son collège, dont le dernier lauréat date de 2014, il est surtout heureux pour ses parents Veena, surintendante à l’école de Rivière-des-Anguilles, et Suraj, policier, ainsi que son frère aîné Shubham. Toujours soutenu par sa famille, il est conscient que sans cet encadrement, sans un effort soutenu, le résultat n’aurait pas été le même. «C’est un travail qui commence dès la Form IV (Grade 10). Il a fallu s’appliquer. J’ai pris des leçons, travaillé énormément les past exam papers afin de me préparer», lance celui qui a décroché six unités aux examens du SC.

 

Mais dans la vie d’un étudiant, il n’y a pas que les études. Alors Soodarshan Gajadhur comptait aussi beaucoup sur ses matchs de football ou les sorties avec ses cousins et cousines pour passer du bon temps et se ressourcer. Il rêve d’étudier l’ingénierie au Canada pour peut-être travailler dans l’aviation ou la mécanique.

 


 

 

Une lauréate pour le collège de Maréchal 

 

Josianna Collet et deux de ses enseignants

 

Et de quatre pour Rodrigues ! Comme à l’accoutumée, Rodrigues College rafle le gros lot de lauréats avec, cette année, trois nouveaux noms qui s’ajoutent à la liste. Il s’agit de Lovena Grace Meunier, première chez les filles, Louis Thomas Swee et John Evans Mwembe Casi-mir chez les garçons. Le collège de Marechal se démarque avec sa première lauréate, Ma-rie Josianna Collet. En effet, malgré une baisse considérable dans la performance des résul-tats du HSC enregistrée à Rodrigues, le collège accueille sa première lauréate. Marie Josi-anna Collet a, d’ailleurs, été accueillie par une haie d’honneur. Elle est classée seconde chez les filles. «Je remercie d’abord le Seigneur qui m’a accordé cette bénédiction. Après sept ans au collège, je repars heureuse et j’encourage les autres à garder la cadence», confie la lauréate. Par ailleurs, elle dit avoir le temps de réfléchir à son choix de carrière.

 

Au Rodrigues College, Lovena Grace se dit heureuse de son exploit. «J’ai travaillé pour avoir ces résultats. Et pour cela, je remercie mes amis, mes parents et mes enseignants», dit-elle. Si elle n’a pas encore choisi sa profession, Lovena Grace sait qu’elle optera pour la fi-nance. John Evans Mwembe Casimir, pour sa part, dit ne pas être surpris du résultat. «J’avais confiance en moi. J’ai travaillé dur. Ce bonheur, je le partage avec tous mes ensei-gnants, de la maternelle au secondaire, et mes parents», nous confie le jeune homme qui souhaite devenir médecin. Louis Thomas Swee est, lui, un jeune homme réservé. C’est à peine s’il parle aux journalistes venus l’interviewer après l’annonce des résultats mais sa joie est palpable. Par ailleurs, il est à noter qu’un élève sur trois a échoué aux examens du HSC, soit 63,73 % seulement ont réussi leurs examens en 2018.

 

Joyce Jabheemissur

 


 

Collège du St-Esprit | Terry Jowree : «Au nom de ma famille»
 

 

 

«C’est le plus grand choc de ma vie», lance d’emblée Terry Jowree. Encore sous le choc, le jeune homme de 17 ans n’a pas perdu son verbe pour autant. Il est le seul lauréat du collège du St-Esprit et de tous les collèges confessionnels du pays. Alors, lorsqu’il a entendu son nom à la radio, il a été incapable de retenir ses larmes. La journée a été folle. Accueilli en héros à son collège, il a du mal à réaliser ce qui se passe autour de lui. «Mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. Les gens me félicitaient. On me prenait dans les bras. Toute ma famille m’a rejoint au collège. C’était extraordinaire !»

 

Pourtant, lui était loin de penser pouvoir y arriver. Ancien élève du Piton SSS qu’il a quitté en Form III pour intégrer le St-Esprit, il a, dit-il, eu un parcours différent de celui d’un futur lauréat. «Aux examens du School Certificate (SC), j’ai eu 16 unités. Loin des six unités que décrocherait un potentiel lauréat. Aux Mock Exams l’année dernière, je n’avais pas bien travaillé mais je ne voulais pas décevoir ma famille, alors j’ai tout repris à zéro, je me suis donné à fond, sans pour autant m’attendre à être lauréat.»

 

Tous ces efforts, lance Terry, c’est pour sa famille qu’il les a faits. «Ma maman Marie-Louise est catéchète et mon papa Jean-François est skipper. D’ailleurs, il n’était pas avec nous au moment de l’annonce. Il mettait le bateau à l’abri avant le cyclone. Mes parents nous ont toujours soutenus, mon frère et moi. Tommy, mon frère, a été un des classés du St-Esprit l’année dernière.»

 

Ça n’a pas, confie-t-il, toujours été facile sur le plan financier. Tommy a récemment entamé des études et décrocher cette bourse est un soulagement qui vient ôter un poids des épaules de ses parents. Terry est conscient d’être à un tournant de sa vie. «J’ai toujours voulu être avocat. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir réaliser mon rêve.»

 


 

 

Les chiffres

 

9 408 étudiants ont pris part aux examens du HSC dont 306 à Rodrigues. Le taux de réussite à Maurice pour l’année 2018 affiche une légère hausse avec 74,90 % contre 74,37 % pour 2017. Par contre, la performance de Rodrigues a connu une baisse avec 63,73 % contre 69,58 % pour l’année 2017. Une fois de plus, les filles ont mieux travaillé que les garçons avec un taux de réussite de 78,48 % contre 70,84 % chez les garçons. Le Royal College Port-Louis se taille la part du lion avec neuf lauréats contre sept pour le Royal College Curepipe. Le Queen Elizabeth College décroche sept lauréates tandis que le Dr Maurice Curé SC suit de près avec six lauréats. Il y a aussi d’autres collèges qui ont fait parler d’eux : le Droopnath Ramphul SC qui décroche quatre lauréats, le Mahatma Gandhi Institute de Moka qui en a deux. Le G.M.D Atchia SC, le John Kennedy College, le Collège du St-Esprit, le Piton SC, le Rajcoomar Gujadhur SC et le Sookdeo Bissoondoyal SC repartent tous avec un lauréat. À Rodrigues, le Rodrigues College a décroché trois lauréats tandis que le Marechal College a enregistré sa première lauréate. Au niveau des performances, le Royal College Curepipe enregistre un taux de réussite de 100 %, suivi du Mahatma Gandhi Institute de Moka avec 98,28 %, du Queen Elizabeth College avec 97,67 %, du Dr Maurice Curé avec 97,52 % et du Forest Side SSS Girls avec 96,36 %.