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Hausse du prix des tickets d’autobus et de métro : les Mauriciens «au bout du rouleau»

Nouveau coup de massue. Semaine après semaine, les prix augmentent et pèsent de plus en plus sur le portefeuille et le moral des Mauriciens : denrées alimentaires, carburant, gaz, entre autres, et maintenant tarifs d’autobus et de métro. Les nouveaux prix pour le transport en commun ont été annoncés par le ministre Alan Ganoo le vendredi 6 mai. Ils varient de Rs 5 à Rs 10, dépendant du trajet. Des Mauriciens nous disent ce qu’ils pensent de cette nouvelle hausse pas du tout bienvenue.

Cedric Lisette, enseignant, Vacoas : «Le coût du transport pèsera lourd sur les portefeuilles»

 

«Je m’attendais à une hausse du prix des tickets suite à celle du prix des carburants. Je prends le bus pour aller au boulot. Le trajet Vacoas-Curepipe - et vice versa - coûte Rs 27, soit à peu près Rs 1 200 par mois mais remboursables par mon employeur. Avec le “cost of running transport” qui augmente suite à l’augmentation du prix des carburants, je pense que l’augmentation des prix du ticket d’autobus et de métro était inévitable. Avec l’augmentation des prix des denrées alimentaires, celle du prix du transport pèsera lourd sur les portefeuilles des Mauriciens.

 

Cette hausse m’affecte par contre pour mes sorties privées. Économiquement parlant (NdlR : c’est son domaine), il faut comprendre qu’on a besoin du transport pour bouger d’un point à un autre. Donc, celui-ci est essentiel pour qu'on ait accès à d’autres services. On en a besoin pour se déplacer. Cela affectera, certes, notre budget mensuel mais le transport restera essentiel pour nos déplacements. Le gouvernement devra donc trouver des solutions pour alléger nos dépenses d’une manière ou d’une autre. Qui dit augmentation du prix des transports, dit aussi augmentation des travelling fees qu’un employeur doit payer chaque mois. Cela va résulter en une augmentation des coûts de l’entreprise et, au pire des cas, à une baisse des personnels pour réduire les coûts. Il faut s’attendre à tout.»

 

Narvada Maloupe, Beau-Champ : «Il faudra faire des choix»

 

«La hausse des prix des tickets du transport public peut paraître difficile mais on n’a pas d’autre choix que de s’adapter au final. C’est vrai que j’ai une option pour les petits parcours : j’utilise la moto. Toutefois, si on se retrouve dans l’obligation de sortir, on n’a pas d’autre choix que de prendre le bus pour les longs trajets et ça risque de coûter cher et d’avoir un impact sur notre budget. Pour pouvoir profiter des sorties, j’essaierai d’économiser et de ne pas trop faire de dépenses inutiles. Vu les nouveaux prix des tickets, néanmoins, il faudra faire des choix judicieux ; je voyagerai par autobus uniquement quand c’est nécessaire.»

 

Tatiana Chin Siong, Britannia : «On ne peut plus se faire plaisir»

 

«C’est vraiment difficile comme situation. Déjà que tout coûte cher, maintenant on doit faire face à une augmentation du prix du ticket d’autobus. Les Mauriciens sont au bout du rouleau. J’habite dans le Sud et pour me rendre à Curepipe, je vais devoir débourser Rs 41 pour l’aller et le retour, ce qui me fait un total de Rs 82 par jour. Comme beaucoup de gens, je dépends énormément du bus, non seulement pour aller travailler mais aussi pour sortir, aller faire les courses, des démarches. Si je dois aller à Port-Louis, par exemple, ça me reviendra à presque Rs 200. Ce qui est cher. Aujourd’hui, on ne peut plus se faire plaisir, on doit se priver parce que le coût de la vie est excessif. On doit réfléchir à deux fois avant d’acheter quelque chose. Ce sera pareil pour sortir. On doit se demander ce qui est vraiment une priorité avant chaque dépense.»

 

Dorothée Paul, mère de trois enfants, Quatre-Bornes : «Toute une organisation à revoir et des sacrifices à faire»

 

«C’est clair que ces augmentations affectent nos vies. Et là, en plus de la vie chère, voici que c’est les tarifs pour le transport public augmentent, y compris pour le métro ! C’est très difficile à digérer et beaucoup vous diront comme moi que la seule chose qui ne prend pas l’ascenseur en ce moment, c’est le salaire (rires). De mon côté, c’est donc toute une organisation à revoir, vu que mes enfants et moi dépendons beaucoup du transport public. Et il y aura des sacrifices à faire. Par exemple, pour nos sorties de détente en famille, popom comme on dit ici. Déjà, avec la pandémie et les restrictions, on ne sortait pas vraiment toutes les semaines systématiquement mais là, avec cette augmentation du côté du transport public, il faudra encore faire des sacrifices à ce niveau et revoir nos sorties…»

 

Emilia Babet, étudiante, Chebel : «Ces hausses de prix créent une panique»

 

«C’est facile pour le ministre de dire que la population comprendra quand il n’est pas à la place de celle-ci. C’est une hausse de trop. La population est déjà asphyxiée par la flambée des prix des commodités, maintenant on rajoute la hausse du coût du transport qui est quand même conséquente. Surtout que bon nombre de Mauriciens ont comme seul moyen de locomotion les transports en commun. Désormais, une simple sortie en famille demande un budget hors norme juste pour le transport. Étant étudiante et sportive, l’inflation commence à se faire ressentir pour moi. Je me retrouve à changer d’habitudes alimentaires car les légumes et fruits coûtent trop cher. Désormais, je vais devoir limiter mes sorties pour des loisirs avec la hausse du prix du bus ; je dois privilégier mes déplacements pour les cours, stages et entraînements. Tout augmente à l’exception du revenu et ces hausses de prix créent une panique.»

 

Thanya Canoo, étudiante, Curepipe : «Un cauchemar»

 

«La hausse des prix est un phénomène courant en ce moment et c’est hélas une réalité ici aussi. Mais je pense que le timing n’est pas bon. À Maurice, le transport par bus est fondamental dans la vie quotidienne des gens, que ce soit pour les étudiants comme moi ou les employés. Surtout en considérant que le salaire de la plupart des gens est resté le même, ce qui est un cauchemar pour des familles modestes et nombreuses. Alors, les parents vont devoir dépenser plus pour véhiculer leurs enfants et pour eux-mêmes pour voyager. Le métro, n’y pensons même pas car il est aussi touché par les augmentations.

 

Certes, les employeurs joueront le jeu en toute logique mais qu’en sera-t-il des sorties en famille ou entre amis, des moments de détente qu’il faudra encore plus calculer, déjà qu’avec la pandémie, c’était difficile. Il faudrait donc revoir les salaires, même si ça s’annonce compliqué, pour toutes les couches de la population…» 

 


 

Alan Ganoo : «Une augmentation abordable et raisonnable»

 

Cette hausse était attendue mais l’annonce du ministre des Transports, Alan Ganoo, le vendredi 6 mai, a quand même eu l’effet d’une douche froide pour les consommateurs, bien qu’il considère que c’est «une augmentation abordable et raisonnable». Dès aujourd’hui, les usagers des transports publics devront débourser entre Rs 5 et Rs 10 de plus, dépendant du stage de leur trajet.

 

Pour le stage 1, le tarif passe de Rs 12 à Rs 17, alors que pour les stages 9 à 12, le trajet passe de Rs 31 à Rs 41, et pour les stages 13 à 30, le prix sera de Rs 44 au lieu de Rs 34. Par exemple, quelqu’un qui voyage de Rivière-des-Galets à Port-Louis paiera Rs 47 au lieu de Rs 37. Le prix du ticket du Metro Express connaîtra également une hausse. Pour voyager de Port-Louis à Phoenix, il faudra payer Rs 50. Pour le reste, il faut compter Rs 35 pour le stage 1, Rs 40 pour le stage 2 et Rs 45 pour le stage 3.

 

Pour justifier cette hausse, le ministre a expliqué qu’il n’y a pas eu d’augmentation depuis 2013 et que le gouvernement n’a aucun contrôle sur la hausse du prix du carburant.

 

Le métro à Phoenix

 

La phase 2B du projet Metro Express est désormais opérationnelle. Depuis ce dimanche 8 mai à 13 heures, les usagers du métro pourront effectuer le trajet Phoenix - Port-Louis. Le service du métro compte ainsi trois nouvelles stations : St Jean, Trianon et Phoenix.

 

Textes : Yvonne Stephen, Christophe Karghoo, Amy Kamanah-Murday, Stephane Chinnapen et Valérie Dorasawmy