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Hausse de prix et pouvoir d’achat : SOS de consommateurs en détresse

Avec la crise économique, certains prix qui montent en flèche, des personnes qui se retrouvent avec un salaire diminué à cause de la situation provoquée par la pandémie, sans oublier ceux qui se retrouvent au chômage, beaucoup de foyers doivent faire face à une situation financière difficile ces derniers temps. La parole à Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC) et à quelques consommateurs.

Suttyhudeo Tengur : «Ceux au bas de l’échelle sont contraints de se serrer la ceinture»

 

Vous avez tiré la sonnette d’alarme par rapport à la dépréciation de la roupie face au dollar et à l’euro. Pourquoi ?

 

Loin d’être un expert en matière d'économie ou de finance, je peux quand même dire que la roupie n’a jamais eu une parité fixe par rapport aux fortes devises dont le dollar ou l’euro ou encore la livre sterling. La valeur de la roupie est toujours restée flottante par rapport à ces devises fortes. Un exemple : la roupie s’est dépréciée de 16,04 % de janvier 2014 à juillet 2019. Ce sont-là des chiffres officiels de la Banque de Maurice. Je n’invente rien. Donc, toute fluctuation de la valeur de la roupie par rapport à ces devises fortes a une incidence sur le coût de la vie et touche particulièrement les consommateurs. Je rappelle que près de 70 % de nos importations sont payées en dollars US. Et toute dépréciation de la roupie par rapport à cette devise impacte directement sur le coût de vie des consommateurs.

 

Qu’est-ce que cela implique pour les consommateurs mauriciens ?

 

L’impact direct est que le consommateur mauricien doit faire les frais de cette dépréciation à travers une augmentation de prix des principales denrées et des commodités courantes. Et cela touche directement le pouvoir d’achat de la majorité des Mauriciens.

 

Qui sont ceux qui sont affectés par cela ?

 

C’est évident que ce sont les petits, surtout ceux au bas de l’échelle sociale, qui sont touchés en tout premier lieu. Quand les prix grimpent, ils sont contraints de se serrer la ceinture et de faire des sacrifices. Mais à quel prix ?

 

Quels sont les produits touchés ?

 

La liste est longue mais à titre d’exemple, le prix du lait en poudre a pris l’ascenseur et le paquet d’un kilo se vend à Rs 224, alors qu’il était, quelques semaines avant le confinement, à Rs 203,90. Le prix du gros pois, un grain sec que les Mauriciens affectionnent, est passé de Rs 40 à Rs 49 le demi-kilo, la boîte de Watsonia (corned mutton) de 430 g est passée de Rs 98 à Rs 115, la boîte de sardines Josiane rouge est passée de Rs 20 à Rs 25. Et j’en passe.

 

Que peuvent faire les consommateurs face à cela ?

 

Les consommateurs se retrouvent entre le marteau et l’enclume. Le consommateur n’a pas son mot à dire dans cette situation. Il n’a qu’à subir en attendant que les autorités grisées par le pouvoir se rendent compte que le petit peuple, celui-là même qui a voté pour elles, souffre. La situation devient difficile au risque d’être intenable. Le consommateur n’aura qu’à ronger son pain noir en attendant 2024…

 

Que conseilleriez-vous aux autorités pour que la situation se stabilise ?

 

Pendant la période de confinement, alors que les prix avaient pris l’ascenseur et que les gros commerces dictaient la situation, le gouvernement avait décidé de fixer la marge de profits sur certaines denrées de base et cela, en faveur du petit peuple. Et il y a deux semaines environ, le gouvernement a décidé d’annuler une telle décision. J’estime que cette décision est une opération de «déculottage» du gouvernement face aux puissants lobbies du gros commerce. Même s’il y a le déconfinement, la population, surtout ces consommateurs au bas de l’échelle, sont des laissés-pour-compte. Je propose fortement que le gouvernement revienne sur sa décision et définisse une fois pour toutes les paramètres pour la protection des consommateurs, mettant ainsi le gros commerce au pas. Si le gouvernement l’a fait durant la période de confinement, pourquoi pas maintenant. Reste la volonté politique !

 


 

Entre inquiétudes et difficultés

 

Beaucoup de Mauriciens ont remarqué, ces derniers temps, que les prix de certaines denrées ont grimpé en flèche. Ceux qui sont particulièrement touchés par la crise liée à la pandémie, c’est-à-dire ceux qui ont perdu leur emploi ou encore ceux qui se sont retrouvés avec un salaire diminué, ont ainsi vu leur pouvoir d’achat chuter. Certaines familles endettées se retrouvent en difficulté, devant se serrer la ceinture pour pouvoir faire face. «C’est vrai que si on compare à il y a quelques mois, on note que la vie est devenue plus chère», nous confie Darren, un jeune homme qui travaille dans le circuit hôtelier, actuellement très impacté avec l’absence de touristes.

 

«Avant, on pouvait faire du shopping avec Rs 2 500, maintenant, tout est plus cher. Et comme j’ai un bébé, je dois faire attention à mes factures. Pour s’en sortir, les gens devraient avoir au moins deux emplois. Comme la vie est beaucoup plus chère, on remarque aussi qu’il y a plus de vols. Et si cela continue, seuls les riches auront un toit car beaucoup ne pourront plus payer une location», confie, pour sa part, Hannah Khan Juhoor, Managing Director de Jerry N The Resistance.

 

C’est le même constat teinté d’inquiétude pour Isabelle Leste-Christome, mère de famille qui travaille dans le domaine de la restauration. «La vie est chère, surtout depuis le déconfinement. Tout a augmenté. Je pense que les supermarchés et les commerçants abusent. J’ai une pensée pour les familles les plus démunies, celles qui travaillent au jour le jour, qui travay gramatin manz tanto comme on dit. La situation actuelle doit être difficile pour elles. Je suis dans le domaine de la restauration et on a dû tout revoir car les fournisseurs ont augmenté leurs prix. Je connais beaucoup de personnes qui ont perdu leur emploi et qui sont des pères de famille...»