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Fausses couches, bébés mort-nés et mort de nourrissons - L'ONG Petit Ange s'engage pour briser les tabous

Informer les familles traversant le deuil périnatal, les accompagner et les aider à avancer; tel est le rôle de l'ONG Petit Ange, mis sur pied il y a quelques mois. Dans le but de briser les tabous entourant ces faits dramatiques, elle invite tous ceux ayant vécu cette pénible épreuve à ne plus se cacher et à briser le silence. Récit.

Accueillir un nouveau-né est le plus beau cadeau que la vie puisse offrir à un couple. Malheureusement, celle-ci peut parfois se montrer injuste et arracher cet enfant, ce bonheur tant désiré. Chaque jour, beaucoup de parents surmontent la douloureuse épreuve de voir tous leurs projets s'écrouler en découvrant que leur enfant n'aura pas l'occasion de vivre, de grandir ou de se développer.

 

D'après Statistics Mauritius, entre 2016 et 2020, 672 bébés sont mort-nés tandis que 886 décès de nourrissons ont été répertoriés ; des chiffres alarmants. Pourtant, le deuil périnatal reste encore mal compris, un tabou dans notre société. L'ONG Petit Ange, fondé il y a quelques mois, a pour objectif principal de briser les tabous entourant ces faits dramatiques.

 

Si selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on parle de deuil périnatal uniquement lorsque des parents perdent leur bébé entre 22 semaines d’aménorrhée et le septième jour après sa naissance, la fondatrice de l'ONG – qui a souhaité garder l'anonymat – explique que «celui-ci regroupe pourtant plusieurs réalités. Cela devrait concerner tous les parents confrontés à des grossesses non-abouties, quel que soit leur terme ou la cause du décès. Cela devrait également impliquer, notamment, les fausses couches».

 

Propos mal ajustés

 

Son équipe, composée d'une centaine de personnes – des membres ayant vécu une situation similaire, des volontaires et des professionnels –, espère ainsi venir en aide à ceux traversant cette épreuve en les informant, les accompagnant et les aidant à avancer. «Tout le monde doit se sentir concerné car “maler pa get figir”. Il ne faut plus penser que cela n'arrive qu'aux autres», souligne notre interlocutrice. Elle envisage d'organiser des campagnes de sensibilisation dans les écoles une fois que la situation sanitaire le permettra. Entre-temps, elle espère collaborer avec d'autres ONG où son aide pourrait s'avérer précieuse.

 

La fondatrice de l'ONG a été témoin de plusieurs situations où le deuil périnatal fait peur à l'entourage. Parfois muets et maladroits, «ils peuvent avoir du mal à mesurer son impact ou être présents pour les parents et agir comme si de rien n’était ou les inciter à aller de l'avant». Des propos mal ajustés – «vous en aurez d’autres», «c’est moins grave que de perdre un enfant qui a déjà vécu» ou encore «vous devez vous concentrer sur ceux qui sont encore vivants» – peuvent beaucoup affecter les parents, qui préfèreront se murer dans le silence ou s'isoler, de peur d'être incompris. «Bien souvent, des femmes ayant vécu ce genre de situation vivent des années sans avoir le droit d'en parler et souffrent en silence. Pleurer son enfant, faire son deuil, ne veut nullement dire que l'on oublie les vivants», précise-t-elle.

 

C'est la raison pour laquelle elle a mis à disposition de ces femmes et de leur entourage des généralistes, gynécologues et psychologues, entre autres. À travers l'ONG Petit Ange, ceux qui souffrent pourront non seulement obtenir des conseils de professionnels mais également avoir recours à des thérapies d'écriture, de dessin, de musique, de danse, de poésie ou de slam, entre autres.

 

À l'occasion de l'International Pregnancy and Infant Loss Remembrance Day, célébré le 15 octobre, chaque année, «il faut qu'il y ait une reconnaissance de la cause ; il ne faut plus se voiler la face car il s'agit d'une situation difficile qui affecte beaucoup de femmes, ainsi que leur conjoint et leur/s enfant/s», estime la fondatrice de l'ONG. Les membres de son équipe et elle invitent ainsi toutes les familles mauriciennes à allumer une bougie entre 19 heures et 19h30, aujourd'hui, pour rendre hommage à tous ces petits anges partis trop tôt ; une première dans l’île.

 

Pour tout complément d'information, les membres du groupe sont joignables sur le 5792 1865 ou sur les réseaux sociaux : PETIT ANGE.mu sur Facebook, petitange.mu sur Instagram ou Petit Ange sur LinkedIn. Ils peuvent aussi être contactés par mail sur petitange.mu@gmail.com.