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Drame de Mapou | Quatre amis unis dans la mort : la douleur de leurs proches

Le village de Mapou a été le théâtre d’une tragédie cette semaine. C’est là que, aux petites heures, le mardi 15 janvier, la vie de quatre jeunes s’est brusquement arrêtée. La BMW dans laquelle se trouvaient Adarsh Jeeneea, 23 ans, le propriétaire du véhicule, ainsi que Kushal Boodhoo, 24 ans, Yushriya Ruhomally, 25 ans, et Desigen Nulliah, 24 ans, a fait une sortie de route. Le conducteur aurait perdu le contrôle de sa voiture en négociant un virage et a heurté de plein fouet un arbre. Le réservoir d’essence a alors explosé et les occupants du véhicule se sont retrouvés prisonniers des flammes. Selon l’autopsie, la jeune femme est décédée des suites de ses multiples blessures, tandis que les trois autres sont morts asphyxiés. Selon la police, la vitesse serait la cause de l’accident. Bouleversés, les proches des jeunes victimes témoignent…

Yushriya Ruhomally venait de réussir à ses examens de «nursing»

 

Kushal Boodhoo et Yushriya Ruhomally, lors de la fête d’anniversaire de la mère de cette dernière.

 

Depuis qu’elle a appris le décès tragique de sa fille, Nazima Ruhomally est complètement abattue. Il lui est d’ailleurs difficile de parler d’elle sans éclater en sanglots. Et dire qu’à peine quelques jours avant sa mort, celle-ci exultait. Yushriya, qui allait fêter son 26e anniversaire le 11 février, avait obtenu ses résultats de la Central School of Nursing lui permettant de devenir infirmière. «Elle y avait brillamment réussi. Cela nous avait rendus très fiers. Nous avions célébré la nouvelle le 11 janvier, jour de mon anniversaire. Kushal Boodhoo, dont elle avait fait la connaissance il y a quelques semaines, était également présent», raconte Nazima.

 

Le dimanche 13 janvier, Yushriya avait fait le night shift à l’hôpital Jeetoo, où elle était en formation depuis près de trois ans. Le lendemain, elle était donc en congé. Vers 18h30, ce jour-là, Kushal Boodhoo et ses amis sont passés la prendre en voiture chez elle, à Vallée-des-Prêtres. «Vu que nous avions déjà rencontré le jeune homme et qu’il s’était montré respectueux, nous lui avions accordé notre confiance. Cela ne nous dérangeait pas que notre fille soit en sa compagnie. Nous n’étions pas non plus du genre à empêcher Yushriya d’avoir une vie sociale car c’était une fille responsable. Nous n’aurions jamais pu nous douter qu’un tel malheur se produirait. Cela aurait pu arriver à n’importe qui», confie Nazima qui dit ne pas comprendre l’acharnement des internautes contre sa fille chérie sur les réseaux sociaux.

 

Amicale, populaire et ambitieuse, Yushriya avait toujours visé plus loin. D’après Nazima et Fawzee, sa mère et son père adoptif, elle avait d’ailleurs les qualités nécessaires pour accomplir de grandes choses. «Elle avait obtenu de très bons résultats à ses examens du HSC. Nous l’aurions bien envoyée à l’Université de Curtin pour qu’elle poursuive ses études en Medical Engineering car son plus grand rêve était d’être médecin. Mais faute de moyens, cela n’avait pas été possible. Elle a finalement trouvé sa voie comme infirmière et elle n’a jamais regretté ce choix», raconte sa mère. Selon elle, «Yushriya appréciait le contact avec le public et a toujours eu une bonne entente avec ses patients».

 

Les obsèques de Yushriya Ruhomally ont eu lieu le mardi 15 janvier. Elle laisse derrière elle des parents et un frère de 24 ans, inconsolables.

 


 

 

Kushal Boodhoo, un jeune policier prometteur parti trop tôt

 

Le jeune homme faisait la fierté de sa famille.

 

Le 15 janvier 2019 est une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire de Jairaz Boodhoo, un caporal domicilié à Fond-du-Sac. Car c’est non seulement la date à laquelle son fils unique Kushal, l’une de ses plus grandes fiertés, avait rejoint la force policière il y a cinq ans, mais c’est aussi le jour où il a tragiquement quitté ce monde, cinq ans plus tard. Un drame qui a plongé sa famille dans une profonde douleur. Âgé de 24 ans, le jeune homme, qui était affecté au poste de police de Pointe-aux-Canonniers, suivait les traces de son père. «J’espérais de tout cœur qu’il deviennne sergent», raconte Jairaz Boodhoo. Mais ce rêve ne se réalisera jamais.

 

L’une des dernières conversations qu’avait eue Jairaz avec son fils avant son accident portait justement sur le sujet. «La veille du drame, il était rentré se reposer vers 15h45 après avoir effectué le premier shift. Lorsqu’il s’est réveillé, aux alentours de 18 heures, nous avons beaucoup discuté. Je lui ai recommandé de se tenir prêt pour les examens car je voulais qu’il passe au grade supérieur.» Même si, selon Jairaz, devenir policier n’était pas un rêve de gamin pour son fils, ce dernier «avait appris à aimer ce métier, même si d’autres opportunités s’étaient présentées à lui, et il voulait gravir les échelons».

 

Lorsque son emploi du temps le permettait, Kushal s’entourait des personnes qu’il aimait. D’ailleurs, cela faisait à peine deux semaines qu’il était rentré d’un voyage en Angleterre. Il avait été rendre visite à sa mère qui y habite depuis de nombreuses années. Et depuis son retour, il sortait avec ses amis lorsqu’il n’était pas trop pris par son travail ou ses obligations familiales. Il était le cadet d’une fratrie de trois enfants et avait deux sœurs âgées de 26 et 21 ans. «Il était très proche de sa famille et sortait avec ses amis à chaque fois qu’il en avait l’occasion. Vu qu’il avait toujours été de nature responsable, cela n’avait pas été un problème pour moi qu’il sorte avec eux ce soir-là. Je le croyais en sécurité. Mais un malheur les a frappés.»

 

Jairaz a appris la mauvaise nouvelle d’un proche, également policier, aux petites heures le mardi 15 janvier. Un choc inimaginable pour ce père de famille. Malgré sa terrible souffrance, il ne tarit pas d’éloges sur le jeune homme. «J’étais très fier de lui. Il était débrouillard, travailleur, attentif et apprécié de tous ses collègues. Je les remercie d’ailleurs d’être venus lui rendre un dernier hommage et d’avoir su faire preuve de sympathie et de solidarité durant cette période difficile.»

 

Les obsèques de Kushal Boodhoo ont eu lieu le mercredi 16 janvier, en présence de nombreux proches et amis. Tous atterrés de le voir partir si jeune et dans des circonstances tellement tragiques.

 


 

 

Desigen Nulliah, «un bon garçon» plein d’ambitions

 

 

Une atmosphère lourde et pesante règne au domicile de la famille Nulliah depuis le départ aussi inattendu que tragique de l’un des siens. Desigen, 23 ans, a plongé ses proches, surtout ses parents et sa petite sœur de 16 ans, dans un profond désarroi en quittant subitement ce monde, le mardi 15 janvier. Pour son entourage, sa mort est dure à accepter et difficile à encaisser. Car le jeune homme, un passionné de musique, avait encore toute la vie devant lui et tant de projets qu’il souhaitait concrétiser.

 

Le lundi 14 janvier, Desigen avait passé la journée à la maison. Ce n’est que dans l’après-midi qu’il avait quitté son domicile, à Plaine-des-Papayes. «So bann kamarad ti vinn get li. Li ti abitie al ek zot. Se so bann bon kamarad sa», explique Kannen Nulliah, l’oncle de la victime. Mais aux alentours de 4 heures, le lendemain, une terrible nouvelle a bouleversé son entourage. «Un voisin policier est venu nous apprendre que Desigen avait été victime d’un accident et qu’il faudrait que nous nous rendions à l’hôpital du Nord. Et ce n’est que lorsque nous sommes arrivés sur place que la nouvelle de son décès nous a été annoncée», pleure Sivalingum, son père.

 

Desigen était étudiant en mécanique au Mauritius Institute of Training and Development. «Il avait déjà complété sa troisième année de formation et devait prendre part à un dernier examen incessamment. À partir de là, il allait choisir dans quelle université il allait se rendre pour poursuivre ses études de mécanique. Il prévoyait de trouver un emploi dans ce secteur», explique son père. Mais ce projet ne verra jamais le jour.

 

Le jeune homme est décrit par ses proches comme un garçon cool et jovial. «Il n’avait pas de mauvaise habitude ni de mauvaises fréquentations. Il passait souvent ses journées à la maison mais lorsque l’occasion se présentait, il aimait passer de bons moments avec sa famille et ses amis. Li ti enn bon garson», confie son père. Desigen a eu droit à des obsèques bouleversantes, le mardi 15 janvier, où les membres de sa famille et ses amis étaient tous réunis pour lui dire adieu.

 


 

 

Adarsh Jeeneea n’ouvrira pas le restaurant de ses rêves

 

 

Il a rejoint sa dernière demeure sans avoir pu concrétiser son plus grand projet : celui d’ouvrir son propre restaurant. Il adorait la cuisine et avait toujours voulu en faire son métier. Après avoir fait son School Certificate (SC) au collège DAV, Adarsh Jeeneea, un habitant de Plaine-des-Papayes âgé de 23 ans, avait donc étudié le sujet durant deux ans à l’école hôtelière. Il avait ensuite obtenu un poste comme cuisinier au Radisson Blu Azuri Resort & Spa. De nature ambitieuse, il souhaitait plus que tout travailler à son compte. Hélas, il est parti trop tôt.

 

Pour son amie Yeshna Bundhoo qui le connaît depuis six ans, la nouvelle de sa mort a été un véritable choc. «Ces derniers temps, nous n’avions malheureusement pas eu l’occasion de beaucoup discuter à cause de nos occupations respectives.» Elle garde d’Adarsh le souvenir d’un jeune homme «plutôt timide mais très gentil. C’était quelqu’un de drôle, qui aimait les plaisanteries». Selon Yeshna, il était tout aussi passionné par les voitures que par la cuisine.

 

Aux dires de son entourage, Adarsh aurait récupéré ses amis après son travail. Et c’est aux petites heures, ce mardi 15 janvier, que la voiture qu’il conduisait a percuté un arbre dans un virage. Ses proches ont été alertés peu de temps après par la police de Piton. Ils n’ont pas souhaité témoigner. La famille a attendu que son père – qui était en Tunisie pour le travail – rentre au pays pour organiser ses funérailles, le mercredi 16 janvier. Un moment terriblement douloureux pour tous ceux présents, surtout ses parents et son frère, anéantis par ce drame.