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Dr Yasheel Aukhojee : «La drogue dans les écoles est la pire des choses qui puisse arriver à un pays en progrès»

Les jeunes et les drogues de synthèse : un cocktail explosif ! Le Dr Yasheel Aukhojee, médecin généraliste et directeur de Médecin à Domicile Ltd, nous parle de son expérience sur le sujet.

Comment jugez-vous la prolifération des drogues de synthèse dans nos écoles ?

 

La variété de drogues synthétiques vendues à Maurice est stupéfiante. Les drogues synthétiques sont mortelles et comptent parmi les drogues les plus destructrices disponibles à ce jour. Elles sont généralement constituées d’un large éventail d’agents chimiques. Parmi eux, on retrouve des produits aussi nocifs et toxiques que les pesticides, dont le Rattex, pour ne nommer que cela. Il est évident que la prolifération rapide de drogues de synthèse à Maurice est une réalité, avec les conséquences que cela entraîne.

 

Or, il est choquant de constater à quel point le nombre de cas de drogue chez les jeunes encore à l’école a augmenté. Dans la lutte contre cette épidémie, il est essentiel d’informer les élèves sur les dangers très réels des drogues de synthèse.

 

Alors que la plupart des effets du cannabis sont connus, on en

sait bien moins sur la montée des cannabinoïdes de synthèse. Si des élèves utilisent des cannabinoïdes synthétiques c’est parce qu’ils croient réellement que ceux-ci présentent moins de risques que la marijuana, il faut remédier à cette idée fausse par une éducation plus efficace, en soulignant le danger plus grand que représentent les cannabinoïdes synthétiques.

 

Nous devrions continuer à renforcer nos efforts pour que ce poison reste hors de portée de nos enfants, et j’encourage tout le monde à s’associer à cette lutte pour la protection des élèves.

 

Comment expliquez-vous l’addiction aux drogues synthétiques ?

 

Les cannabinoïdes synthétiques sont des produits chimiques fabriqués par l’homme qui agissent sur les mêmes récepteurs du cerveau que le tétrahydrocannabinol (THC), un ingrédient actif de la marijuana. Toutefois, selon les centres fédéraux de contrôle des maladies, les centaines de produits chimiques synthétiques connus à base de cannabinoïdes synthétiques sont différents du THC. Ils peuvent donc affecter le cerveau de manière différente et imprévisible par rapport à la marijuana. 

 

Et pourquoi les adolescents sont-ils particulièrement touchés ?

 

Les années d’adolescence sont difficiles. Il n’y a pas de raison unique pour laquelle les adolescents consomment de la drogue ou même boivent de l’alcool. Les recherches font ressortir plusieurs raisons comme, par exemple, la pression des pairs. Les adolescents sont assez vulnérables et copient les comportements de ceux qui les entourent. D’autre part, ce qui peut rendre un médicament ou substance attirant, c’est qu’il donne de l’assurance, surtout aux adolescents timides qui se sentent différents. Les problèmes académiques peuvent aussi expliquer le recours aux drogues synthétiques. Un ado peut sentir que la drogue de synthèse le soulage de cette pression. L’influence d’un parent qui en consomme est aussi parmi les raisons qui peuvent inciter un jeune à se tourner vers ces produits. Par ailleurs, souvent, un adolescent aux prises avec une dépression ou une anxiété se tourne vers la toxicomanie pour faire face à son problème mental.

Et, à Maurice, les proches des toxicomanes se sentent parfois perdus. Ils ne savent généralement pas où et comment chercher de l’aide. Pourtant, les effets indésirables liés à la drogue ou à son retrait peuvent être imprégnés de violence, pouvant avoir des conséquences fatales.

 

Quel est l’impact de la consommation de ces drogues ?

 

Chaque médicament ou substance entraîne ses propres effets secondaires. Certains de ces effets peuvent être corrigés lorsque la toxicomanie cesse, mais beaucoup sont permanents. Certains des risques physiques liés à la toxicomanie sont les suivants : crise cardiaque, hypertension artérielle, infections pulmonaires, ou encore affaiblissement du système immunitaire.

 

De la baisse des résultats scolaires à l’isolement social, en passant par des blessures physiques graves, les drogues synthétiques peuvent affecter les adolescents d’une multitude de manières.  Et, il faut faire comprendre aux adolescents que la prise de drogues synthétiques est particulièrement dévastatrice pour leur développement physique.

 

Y-a-t-il des signes qui pourraient alerter les parents ?

 

Il existe quelques signes et symptômes de toxicomanie chez les adolescents : yeux rouges, changements d’humeur, changements de comportement ou de personnalité, perte d’intérêt pour les loisirs, changement d’amis, irritabilité, hyperactivité, problèmes académiques, léthargie et vol d’argent, entre autres. L’utilisation d’encens ou de parfums pour cacher l’odeur de substances à la maison peut aussi être une indication.

 

De par mon expérience, je ne peux m’empêcher de remarquer une augmentation de la pression artérielle chez de nombreux jeunes adolescents, tous ayant des antécédents de tabagisme depuis leur plus jeune âge. Imaginez maintenant à quel point les drogues synthétiques peuvent être dévastatrices. L’abus de drogues chez les adolescents peut non seulement affecter le corps de l’utilisateur, mais aussi nuire à son cerveau. À long terme, cela peut entraîner de nombreuses complications. Parmi elles : dépression et anxiété, dépendance ou encore psychose, entre autres. 

 

Est-ce qu’on peut sortir de cet enfer ? 

 

Malheureusement, nous n’avons pas assez d’installations haut de gamme offrant des programmes de réadaptation aux patients. Mais, heureusement pour eux, le ministère travaille à la mise en place d’établissements qui peuvent aider les patients à sortir de cette vie de toxicomanie. Nous avons également de nombreuses organisations qui travaillent jour et nuit pour lutter contre cette épidémie de drogue. C’est un combat difficile.

 

Être unis et combattre ensemble est la solution à ce problème. Les conseils, l’appui, l’éducation et la surveillance doivent être assurés au niveau de l’école mais doivent commencer à la maison. Il est difficile pour les parents, ainsi que pour le personnel enseignant et non enseignant, de diriger les étudiants vers un monde sans drogue. Toutefois, nous pouvons nous inspirer des écoles du monde entier qui utilisent plusieurs méthodes pour aider à prévenir la toxicomanie chez les élèves. Les jeunes sont les piliers de notre avenir. Et, la drogue dans les écoles est la pire des choses qui puisse arriver à un pays en progrès. Nous devrions agir vite.