• Mario Ponen dessine «Kuler nu ti zil»
  • Chanel, 18 ans : mon aventure dans la construction
  • Stage à Sheffield Utd : Expérience enrichissante
  • Ketty Lim Ka Lan : une belle aventure nommée Moka'mwad !
  • Swaranjali Group Grand-Bois : une histoire d’engagement
  • Son cas entendu devant le Privy Council : La longue quête de justice de Premchandra Bissonauth
  • Mo’Zar Espace Artistic : leur musique au-delà des frontières
  • Chaleur et perte d’appétit : comment y remédier ?
  • Astérix – Le secret de la potion magique | Tombons dans la marmite
  • Art martial japonais : Une fédération de kendo voit le jour à Maurice

Déviations routières : Après la cacophonie, Port-Louis en mode rodage

Tous les véhicules quittant la capitale en direction du nord se retrouvent coincés à la Rue Royale.

Quelle est la situation dans la capitale depuis l’ouverture de l’autopont et des nouvelles déviations ? Petite virée pour en savoir plus.

Vendredi 30 novembre. 16 heures à Port-Louis. Le flot de véhicules qui s’empare de l’autoroute confirme la fermeture des bureaux. Tel un ballet, les pneus défilent sur le bitume dans une chaleur que de nombreux automobilistes semblent avoir du mal à supporter.

 

Sur la M1 en direction du Sud, quelques policiers, placés aux points stratégiques, tentent difficilement de jouer aux chefs d’orchestre. Depuis le jeudi 29 novembre, les nouvelles déviations dans le cadre de l’ouverture de l’autopont Decaen sont effectives et les cafouillages sont au rendez-vous.

 

En effet, le premier jour d’opération a été quelque peu… chaotique. Complètement perdus face aux nouvelles configurations routières et, à bout de nerfs après des semaines de pran enn ti patians, les automobilistes ont vite fait de sortir les crocs, déplorant un manque de visibilité au niveau des indications.

 

Résultat des courses ? De la tension dans l’air, des accrochages et un embouteillage monstre qui bloquait les artères de la capitale alors que tous ces changements avaient un but précis : permettre un trafic sans interruption pour les véhicules venant du Nord. Quoi que ce n’est pas exactement le cas puisque la Place d’Armes, qui est censée être fermée aux véhicules venant du Sud, est toujours accessible, ce qui cause des embouteillages monstres aussi pour ceux venant du Nord.

 

Depuis jeudi, la réalité à Port-Louis n’est pas exactement celle imaginée par les autorités. Toute cette agitation et ce brouhaha, Charline Duval, une habitante de Beau-Bassin, ne connaissait pas jusqu’à il y a deux jours. Elle vient d’y commencer un nouveau travail et manque de bol, elle tombe dans une capitale complètement chamboulée. «J’ai décidé d’être prévoyante et j’ai pris le bus à 7 heures. C’était très bloqué à partir de Grande-Rivière. Heureusement, j’ai pu arriver à l’heure.» Mais le pire, dit-elle, c’était de rentrer à la maison. «Je suis sortie du bureau à 16 heures et ce n’est qu’après 18 heures que je suis arrivée à la maison. J’ai passé deux heures dans le bus.»

 

Pouce par pouce

 

Mais ne nous empressons pas. Cela ne fait que trois jours que l’autopont est accessible et à vendredi, la situation allait déjà un peu mieux, les autorités ayant écouté les critiques de la veille pour faire un fine tuning. Du coup, depuis, ça respire un peu mieux. Si l’autopont est presque désert à cette heure, dans le sens contraire, la masse de véhicules prenant la direction du Sud avance lentement. Même scénario dans le sens inverse. La file est longue pour les véhicules allant vers le Nord sur Lord Kitchener dont les trois voies prennent désormais la direction de la Place d’Armes.

 

Tout le reste du parcours pour rejoindre le rond-point du Quai D ou celui d’ABC Motors se fait aussi au ralenti. La route Royale et celle Desforges sont prises d’assaut par les automobilistes qui essaient de se frayer un chemin jusqu’à l’autoroute. «Mari problem», lance un automobiliste entre deux coups d’accélérateur. La circulation avance pouce par pouce et les automobilistes n’ont d’autres choix que de faire preuve de patience. Eh oui, encore !

 

Par contre, là où c’est totalement hors de contrôle, c’est bien à la gare Victoria. Entre l’incessant va-et-vient des bus qui ne savent plus où se garer, où rentrer et où sortir, les marchands ambulants qui ont quitté l’espace qui leur est réservée à la Place Decaen pour se mettre sur la route, les véhicules qui essaient de se frayer un chemin jusqu’à l’autoroute et ceux qui ne se gênent pas pour y garer leurs véhicules là où il ne faut pas, on n’est pas loin de la jungle.  Sans oublier les cris des marchands ambulants, ceux des contrôleurs d’autobus, les insultes des automobilistes en colère et les coups de klaxon persistants. L’immersion est totale.

 

Karen Ramsamy, Priscilla Ortense et Marie Rose Meunier sont trois cousines qui sont venues faire leur shopping de fin d’année mais l’arrivée et le retour ont été pénibles. Après une journée à flâner dans les rues de Port-Louis et devant la cacophonie qui règne à la gare Victoria, elles se posent toutes les trois sur un banc histoire de respirer un peu avant d’affronter au moins une heure d’embouteillages. «Heureusement, on ne vient pas ici tous les jours. Avant, c’était principalement l’autoroute qui était bloquée mais maintenant, c’est partout. Même les petits chemins. Ce n’est pas évident», lance l’une d’entre elles.

 

Difficile de se retrouver dans un tel champ de bataille. Ici, tout a été inversé. Les bus individuels font un peu comme ils veulent, ceux de Curepipe, Vacoas et Rose-Hill font eux aussi face à la Place Decaen afin d’avoir accès directement à l’autoroute. Seuls ceux qui empruntaient autrefois Lord Kitchener pour rejoindre Bell-Village doivent utiliser la nouvelle déviation en place. Kevin Sunassee passe énormément de temps dans les bouchons. Il faut dire qu’en tant que chauffeur de bus, il n’a pas vraiment le choix. «Gramatin bloke, tanto bloke. Partou bloke. Ki pou fer ? Pa kapav fer nanye...» Comme Kevin, pas d’autres choix ence moment que de s’en accommoder.