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Dengue : Vallée-des-Prêtres en alerte, Maurice sur le qui-vive

La situation est-elle vraiment alarmante ? Oui, répond le ministère de la Santé même s’il se veut rassurant. Alors que le virus de la dengue se répand rapidement, toutes les précautions nécessaires sont actuellement prises pour combattre la propagation des moustiques.

Les jours passent et l’inquiétude ne cesse de grandir. En une semaine, le nombre de personnes atteintes de la fièvre dengue a grimpé, faisant craindre le pire aux Mauriciens qui redoutent une épidémie. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 29 cas ont été recensés dont 24 à Vallée-des-Prêtres. Au début du mois de mars, seulement cinq personne dont quatre Indiens, étaient touchées. Dans la localité, le temps semble tourner au ralenti. Pour éviter les risques de piqûres de moustiques, peu de gens s’aventurent dans les rues. Les habitants s’attendent au pire.

Ces derniers jours, les officiers du ministère de la Santé, dont deux ont d’ailleurs été victimes d’agression par des habitants de la région, il y a quelques jours, enchaînent les visites sur le terrain. Entre opération de fumigation et campagne de sensibilisation, ils multiplient les actions pour rassurer la population et prévenir tout risque de contamination. Une surveillance qui n’échappe à personne dans la région. «Les officiers du ministère sont souvent là ces derniers jours. C’est bien qu’ils soient présents. Je crois que ça rassure pas mal de monde», lance Lovesh Dauhoo, un jeune marchand de roti. Face à la recrudescence de cas, ce dernier n’a pas changé son mode de vie pour autant. Pour lui, dit-il, c’est business as usual. Ce qui a changé, par contre, c’est qu’à la maison, la famille fait un peu plus attention à ne pas laisser l’eau s’accumuler dans la cour.

 

Rouksana Mohamedally est, elle, beaucoup plus anxieuse. Plusieurs personnes, qui habitent non loin de chez elle, sont récemment tombées malades et ont dû être hospitalisées. La situation à Vallée-des-Prêtres, dit-elle, est inquiétante. «Les gens disent que vous avez de la fièvre, extrêmement mal à tête et de fortes douleurs. Les symptômes font peur, surtout pour les personnes âgées et les enfants qui sont beaucoup plus vulnérables.» Alors, elle qui aime planter veille au grain et fait attention à ce que l’eau ne s’accumule pas dans ses pots de fleurs. «Ça fait peur. On ne sait pas à quoi s’attendre. Il faut bien se protéger et prendre toutes les précautions nécessaires. On ferme les fenêtres tôt et on utilise les ventilateurs et des produits anti-moustiques pour repousser ces insectes.»

 

Ramanand Fowdar est, lui, beaucoup plus sceptique. Les informations qu’il entend tous les jours à la radio, dit-il, ne le rassure pas. Et même s’il est conscient des précautions à prendre, il se dit quelque peu résigné. «Vous pouvez faire ce que vous voulez, vous ne pourrez pas repousser éternellement tous les moustiques. Vous allez fermer toutes les fenêtres ? Ce n’est pas possible avec cette chaleur. Vous ne pouvez pas rester enfermé.» Le seul moyen de réduire le nombre de moustiques, c’est de maintenir les exercices de fumigation. En tout cas, lorsqu’il entend parler des symptômes de la dengue, Ramanand est bien plus anxieux. «Enn mari lamizer sa. Apparemment, ce sont de très fortes douleurs et de la fièvre...»

 

Dhomitra Unmole se fait, elle, un sang d’encre pour ses deux enfants. Comment mieux les protéger pour éviter tout risque d’infection ? C’est la question qu’elle se pose tous les jours. «Quand vous savez que la plupart des cas de dengue sont dans votre village et aux alentours de votre maison, vous n’êtes pas rassuré. La situation est inquiétante et très stressante.» Rassurée par la présence des officiers du ministère de la Santé, cette mère de famille applique à la lettre les consignes de sécurité qui ont été données lors des réunions de sensibilisation. Ce n’est que comme ça, dit-elle, que nous pourrons en venir à bout.

 


 

Le ministère à pied d’œuvre

 

Les autorités prennent la situation très au sérieux. Les risques d’épidémie sont réels disent les responsables de santé. C’est pour cela que le ministère de tutelle multiplie les actions pour décanter la situation. «Le ministère prend toutes les précautions et les mesures possibles pour combattre la dengue. Parmi elles, il y a la détection, la fumigation, la prévention et la sensibilisation. Nous prenons toutes les dispositions nécessaires en ce qu’il s’agit des habitants de Vallée-des-Prêtres pour détecter des cas de dengue», explique Jameer Yeerdally, attaché de presse.

 

Selon ce dernier, environ 200 officiers sont actuellement mobilisés sur le terrain au quotidien. Des crèmes anti-moustiques sont aussi distribuées et les officiers font du porte-à-porte dans la région pour expliquer aux habitants comment se protéger. «Nous lançons un appel aux Mauriciens pour qu’ils gardent leur cour propre, qu’ils évacuent les eaux stagnantes. Le ministère tient à rassurer la population que toutes les mesures nécessaires sont prises.»

 

Une hotline a été mise en place. Si vous avez des questions, contactez la Communicable Disease Control Unit du ministère de la Santé et de la qualité de la vie sur le 8924 de 9 heures à 16 heures. Vous pouvez aussi prendre contact avec un des hôpitaux régionaux les plus proches de votre résidence : Dr A. G. Jeetoo (Port-Louis) au 8925, SSR National (Nord) au 8926, Flacq (Est) au 8927, Victoria (Plaine-Wilhems) au 8928 et J. Nehru (Sud) au 8929.

 


 

Dengue : comprendre la maladie

 

Il s’agit d’une infection virale transmise par une catégorie de moustiques appelée Aèdes albopictus. Le virus se développe et se multiplie dans l’eau et dans les endroits humides. Il se transmet à l’homme à travers la piqûre d’un moustique et non pas d’homme à homme, ce qui fait que la personne infectée n’est pas contagieuse.

 

Comment identifier les signes ?

 

Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et sept jours après la piqûre du moustique infecté. Vous ressentirez une forte fièvre pouvant aller jusqu’à 39° C, des douleurs articulaires et musculaires touchant principalement les extrémités de vos membres. Vous souffrirez de courbatures, de démangeaisons et éruptions cutanées, de maux de tête, de douleurs aux yeux, de nausées et de vomissements. Si la dengue est généralement bénigne, elle peut, toutefois, dans certains cas s’avérer très grave et même entraîner la mort.

 

Et le traitement ?

 

Il n’existe aucun traitement ou vaccin contre la dengue. La prise de médicaments peut seulement soulager les symptômes. Par contre, le ministère de la Santé précise que la prise des médicaments comme l’aspirine et le Brufen est déconseillée car cela peut provoquer des saignements.

 

La prévention, le seul moyen

 

S’il n’existe aucun traitement contre la dengue, la prévention reste la seule manière de se protéger contre le virus. En effet, plus les moustiques restent loin de vous, mieux c’est car les risques se réduisent. Il faut donc veiller à ce que l’eau ne s’accumule pas sur les toits des maisons ou tout autre objet qui pourrait en contenir, comme les pneus usagés, les poubelles ou autres contenants. Changez l’eau des vases à fleurs une fois par semaine. Veillez à ce que les moustiques n’aient pas accès aux réservoirs d’eau. Il faut aussi nettoyer les terrains en friche et les cours d’eau.

 

Les précautions à prendre

 

Il est conseillé de porter des vêtements longs afin de se couvrir les bras et les jambes. Utilisez aussi les moustiquaires, les serpentins, les diffuseurs, les sprays, les crèmes anti-moustiques et l’essence de citronnelle qui repousse les moustiques.