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Démission de Boris Johnson en Angleterre : la chute d’un Premier ministre

«L'ex-Premier ministre restera inévitablement dans les mémoires pour le Brexit, la Covid et la guerre en Ukraine», nous confie la Mauricienne Rhena Bunwaree de l'Angleterre.

«La saga Partygate sera sans aucun doute l'une des périodes les plus mémorables de sa carrière...» La Mauricienne Rhena Bunwaree revient sur la chaude actualité qui tient son pays d'adoption en haleine.

De ses jours de gloire, il ne reste plus rien. Difficile de se rappeler de son moment au sommet et de la forte autorité qui lui collait à la peau en décembre 2019 après qu’il avait remporté les élections générales avec une majorité absolue à la Chambre des communes... Car les derniers jours de Boris Johnson au pouvoir et comme Premier ministre de l'Angleterre ont été en tout point chaotiques, entachés par des scandales à répétition jusqu’à la fin de son mandat, le jeudi 7 juillet, qui a pris effet avec la soumission de sa démission.

 

Celui qui avait pourtant remporté son pari sur le Brexit et s’était très vite imposé à Downing Street, après une victoire électorale sans précédent pour son Parti conservateur, considérée comme du jamais-vu depuis celle de Margaret Thatcher dans les années 80, a, hélas, connu une chute vertigineuse au fil de ces dernières années. Car Boris Johnson a très vite montré le visage d'un dirigeant gaffeur et cynique, qui méprisait les règles et les conventions. Si quelques-unes de ses réussites, notamment son rôle dans la mise en œuvre du Brexit, sont louées, celles-ci sont éclipsées par les nombreuses turbulences qui ont ébranlé son gouvernement, notamment les multiples fêtes organisées à Downing Street (le Partygate) qui ont remis en question sa gestion de la pandémie.

 

Boris Johnson a également fait face, durant ses derniers jours au pouvoir, à un nouveau scandale sexuel au sein de son parti quand l'un des membres de son gouvernement a démissionné après avoir été accusé d'attouchements sexuels sur deux hommes. Quelque 50 membres du gouvernement de Johnson, comprenant des personnalités et des alliés clés, ont également démissionné dans les derniers moments de son mandat, tous montrant du doigt sa mauvaise gestion. Bref, BoJo – comme le surnomment les Britanniques – laisse derrière lui un parti en plein désarroi, affaibli par les scandales, et un pays à la réputation internationale écorchée, affaibli par le Brexit, en opposition frontale avec l’Union européenne (UE) sur l’Irlande du Nord et sans plan pour lutter contre la flambée des prix de l’énergie.

 

Cette situation inquiète et tient bien évidemment tout l'Angleterre en haleine – comme le monde entier qui suit de près l'évolution des choses depuis la démission de Boris Johnson. Notre compatriote Rhena Bunwaree, installée au pays de Sa Majesté, a, comme de nombreux Anglais, suivi avec beaucoup d'intérêt la chute de l'ex-Premier-ministre de l'Angleterre. «Boris Johnson n'a eu d'autres choix que de faire demi-tour face à la colère du public et de démissionner», nous confie la Mauricienne en commentant les jours d'après de ce départ. «Les Britanniques sont généralement soulagés. Cela n'aurait pas été une surprise totale s'il avait écouté la foule qui l'avait hué alors que sa femme et lui montaient les marches de la cathédrale Saint-Paul pour le service national d'action de grâces dans le cadre du jubilé de platine de la reine, il y a quelques semaines», précise notre compatriote, en soulignant que ce qui est arrivé était inévitable de par la tournure des événements ces derniers temps.

 

«Le discours de Boris Johnson suggère qu'il aurait aimé que le public croie que son départ était son choix, mais pas après que plus de 50 de ses députés l'aient devancé. Cependant, il était évident que Boris Johnson n'allait pas démissionner sans se battre. Pour les Britanniques, les dernières 48 heures du Premier ministre ont été le reflet approprié de son mandat : tumultueuses et parfois suspendues sur le fil d’un rasoir», explique Rhena Bunwaree, qui estime que le passage de Boris Johnson à la tête du gouvernement anglais restera dans l'Histoire : «Il restera inévitablement dans les mémoires pour le Brexit, la Covid et la guerre en Ukraine. Il y a aussi, certainement, beaucoup de moments moins significatifs à l'échelle mondiale. Comme la fois où son propre frère a démissionné de son poste de ministre ou quand il est devenu le premier dirigeant mondial à se rendre en soins intensifs avec la Covid. Un autre moment sans précédent est survenu pendant la pandémie. Sa déclaration d'alors à des journalistes avait interpellé : “J’étais à l'hôpital l'autre soir. Je pense qu'il y avait quelques patients atteints de coronavirus et j'ai serré la main de tout le monde”,  avait-il dit lors d'une conférence de presse. Cette déclaration avait poussé des téléspectateurs à souligner sur Twitter que la Grande-Bretagne avait un homme dangereux et potentiellement imbécile à sa tête. Quelques semaines plus tard, Johnson a trop bien découvert ces dangers lui-même lorsqu'il s'était retrouvé sous ventilation à l'hôpital. Douze mois après son tête-à-tête avec la Covid aux soins intensifs, il est aussi devenu le premier Premier ministre à se marier pendant son mandat en près de 200 ans, échangeant ses vœux avec sa fiancée Carrie Symonds devant sa famille et ses amis lors d'un mariage secret et discret à la cathédrale de Westminster.»

 

Bien évidemment, le scandale Partygate, précise Rhena Bunwaree, marquera également à jamais les esprits. «Malheureusement pour Johnson, la saga Partygate sera sans aucun doute l'une des périodes les plus mémorables de sa carrière. La fête jusqu'à 4 heures du matin fait partie des détails scandaleux qui ont émergé. Le public estime que tout autre Premier ministre aurait été contraint de démissionner avec un mandat aussi catastrophique que celui-ci. Mais une chose est sûre, si l'on se fie aux trois dernières années : les prochains mois seront sûrement pleins d'autres surprises», nous confie notre compatriote qui a maintenant les yeux rivé sur le «what's next ?».

 

Les manœuvres ont commencé dès le vendredi 8 juillet en vue du remplacement du Premier ministre britannique Boris Johnson. Alors que les votes avaient lieu (à l'heure où nous mettions sous presse), quelques noms étaient officiellement en lice pour devenir le nouveau dirigeant du Parti conservateur et in fine, le prochain Premier ministre du Royaume-Uni, a indiqué le parti le mardi 12 juillet. Parmi, il y a Rishi Sunak – le favori dans cette course –, l’ancien ministre de Finances qui a été l'un des tout premiers à se positionner pour sa succession. Le nom de l’Attorney General (chargée de conseiller juridiquement le gouvernement) Suella Braverman, dont la mère est mauricienne, se trouvait aussi sur la liste. «My mother worked as an NHS nurse for 45 years after she left Mauritius for the UK in the 1960s. My father left Kenya (of Asian origin) about the same time, thanks to the offer of a British passport during the political turmoil in Kenya», raconte-t-elle sur un site Internet. Elle a été éliminé après les votes du second tour.

 

Qui prendra donc le relais après Boris Jonhson ? Une actualité à suivre...