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Déconfinement en vue : des mots, des émotions

Sortir ? Un moment tant attendu pour certains. Un événement angoissant pour d'autres.

Du bonheur d’être libéré/e, délivré/e. De l’angoisse et de la peur de retrouver un quotidien dont on ne veut plus, un monde qui n’est qu’incertitude. Tout le monde ne vit pas la promesse du déconfinement de la même manière. Explications et conseils avec la psychologue Vidhi Bekaroo. 

Hey, c’est normal ! Ces jours-ci, une sourde angoisse lui écrase le cœur. Un sentiment inexplicable qui s’accroche à chaque parcelle de son être. Dès qu’elle entend le mot «déconfinement», elle sent naître en elle une vague de panique. Pourtant, comme elle le dit, elle rêve de reprendre sa vie, d’aller voir sa sœur, de faire un câlin à ses nièces, mais elle a besoin d’un peu plus de temps : «Tout le monde est heureux que ce soit bientôt la fin. J’attendais ce moment avec impatience. Mais là, je ne sais pas ce qui m’arrive. J’ai peur du virus, peur de l’attraper. Peur que, quand tout va reprendre, nous allons faire face à une deuxième vague», confie Nishi, la trentaine. Qu’elle se rassure, elle n’est pas la seule ! Les changements apportent leur lot d’émotions contraires et contraignantes, encore plus dans les temps d’incertitude où nous vivons…

 

Il a fallu s’adapter à l’isolement. Il faudra s’adapter à nouveau. Ça demande du travail à l’organisme et à notre psyché quand même tous ces chamboulements. Il faut l’accepter : «Psychologiquement, les gens ont pris du temps pour s’adapter à l’isolation. Et ce sera encore un processus d’apprentissage pour redevenir un être social à nouveau, tout en faisant face aux émotions telles que la peur et l’angoisse, qui guettent post-lockdown.» Dans ce brouhaha de sentiments et d’informations, la psychologue conseille de s’appuyer sur les automatismes qui ont fait que le confinement est devenu the new normal : «Sortir du déconfinement sera une expérience difficile, tout comme l’a été le lockdown, tout comme l’est toute nouvelle expérience. Avec, en surplus, la peur du coronavirus qui a redéfini les cartes de notre psyché. Alors il faut faire jouer les mécanismes d’adaptation que nous avons utilisés précédemment.» 

 

Toute cette expérience force à sortir de sa zone de confort. À faire face à des choses qui semblaient immuables, qui apportaient un sentiment de sécurité… et qui sont aujourd’hui fragiles et incertaines. Comme un emploi : «Les employeurs et les entreprises prendront des décisions difficiles avec, par exemple, des licenciements ou alors une réduction dans les salaires, parce que la situation n’est plus la même qu’il y a un peu plus d’un mois.» Cette incertitude ambiante, ces changements de revenus, cet «economic burden», ne peuvent provoquer que des émotions souvent déstabilisantes : «Un sentiment d’impuissance, celui de se sentir sans espoir ; ce qui peut provoquer des problèmes de sommeil mais aussi une consommation accrue d’alcool et de cigarettes. Et également apporter les symptômes de la dépression.»

 

Faire face. La solution n’est pas simple. Mais elle n’est pas compliquée : «Il faut conserver sa positivité, être un soutien pour ses proches, accepter le soutien des autres et rester connecté avec sa famille et ses amis.» Observer le positif, se centrer sur les choses essentielles, vous permettront d’avancer à votre rythme. Accepter ce que l’on ressent est aussi essentiel dans le processus. Pas de culpabilisation, pas d’impression d’être différent des autres : «Rappelez-vous que c’est OK de prendre quelques jours pour vous réajuster une fois que les choses reviendront à la “normale”. Mais vous pouvez déjà vous préparer mentalement, en vous gardant informé et en tentant de planifier, sans rigidité, comment vous allez évoluer par rapport à la situation.»

 

Et en essayant de vous concentrer sur ce qui peut être en votre contrôle : «Comme la positivité, le respect du social distancing, la gentillesse et l’empathie envers les autres. Mais aussi ces précautions que nous pouvons prendre à notre niveau. Inutile de se perdre à se concentrer sur les choses que nous ne pouvons pas contrôler, à nous poser des questions auxquelles nous n’avons pas les réponses : quand cela va finir ? Qu’est-ce qui va se passer ? Que font les autres ?»

 

Think positive. La fin du confinement apportera des choses positives, essayez de vous concentrer dessus. Vous n’avez pas vraiment d’idée ? Vidhi Bekaroo vous donne des pistes : la possibilité de revoir ses proches, ses amis, ses collègues, tout en respectant le social distancing ; celle de pouvoir sortir… le soir ou d’aller aux endroits que vous affectionnez – la plage, votre restaurant préféré (dans un deuxième temps) ; le soulagement de ceux qui n’ont pas de salaire de façon traditionnelle et qui ont besoin de trase pour se nourrir : ils pourront reprendre leurs activités ; les ONG pourront venir en aide plus librement aux plus nécessiteux ; les gens pourront reprendre leurs traitements et leurs soins.

 

Quelle belle leçon ! Au-delà des difficultés économiques et émotionnelles du lockdown, vous avez certainement dû retenir quelque chose de positif. Et ça, c’est déjà bien : «C’est une expérience inoubliable : nous avons pu passer plus de temps avec la famille, avons eu l’opportunité d’apprendre à mieux nous comprendre, à grandir spirituellement, à protéger la planète. Nous avons appris que l’essentiel, c’est la famille, les proches et pas le boulot, le statut social, la richesse. J’espère que tous ces enrichissements nous accompagneront désormais.»