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Décès du triathlète Hugues Rivet : un drame qui bouleverse sa famille et le monde sportif

Hugues Rivet était un fervent adepte de triathlon, de trail et de course à pied.

Les nouvelles sont terribles en ce dimanche 7 février. Le triathlon vient d’être endeuillé par un nouveau drame. Hugues Rivet a perdu la vie alors qu’il participait à une course au Morne. C’est le deuxième décès qui touche ce sport en moins d’un mois, après celui en mer de Jayrajsing Hazareesing le 17 janvier lors d’une épreuve de trisport au Morne. 

C’est un cataclysme qui s’abat, actuellement, sur la famille du triathlon mauricien et sur le sport dans son ensemble. Trois semaines après le décès tragique de Jayrajsing Hazareesing en mer, c’est maintenant au tour d’Hugues Rivet de perdre la vie alors qu’il participait à une course organisée, dimanche dernier, par la Fédération mauricienne de triathlon (FMTri) au Morne.

 

Cet habitant d'Helvétia, Moka, a succombé à ses blessures après avoir violemment percuté l’arrière d’un autobus, qui s’est retrouvé sur son chemin alors qu’il prenait part à une course de présélection. L’incident s’est produit au moment où le triathlète de 45 ans effectuait la deuxième étape de la compétition, à savoir la course de vélo, sur la route côtière longeant la plage publique.  

 

Les ambulanciers et les soignants de la St-John Ambulance présents sur les lieux du drame ont, aussitôt, porté secours à la victime en essayant de la réanimer. Ils ont par la suite fait évacuer le trisportif d’urgence vers l’hôpital Yves Cantin à Rivière-Noire où malheureusement son décès a été constaté. L’autopsie pratiquée par le médecin légiste a attribué la cause du décès aux blessures provoquées par le choc.

 

Marié et père de deux garçons, Hugues Rivet était le fils cadet d’une fratrie de quatre enfants. Il travaillait à la logistique chez AMCO Solutions Limited. Son départ tragique et soudain a grandement affecté son entourage. Son frère aîné, Jean-Marc Rivet le décrit comme un passionné de sport et qui cherchait toujours le dépassement de soi.  

 

«C’est un choc terrible. Nous ne comprenons toujours pas les circonstances de cet accident. Toute la famille est effondrée et ça va prendre du temps pour nous en remettre. Il était très apprécié pour son engagement sportif. Il avait commencé le triathlon un peu tard, vers 30 ans, mais il aimait ce sport. Il pratiquait aussi le trail et la course à pied. Il a fait l’Iron Man de Port Elizabeth, en Afrique du Sud, il y a quelques années, et a participé à plusieurs trail à La Réunion. Il a été « Scout » chez le 1st Lower Plaine-Wilhems de Rose-Hill pendant une vingtaine d’années. Hugues était un passionné de nature, de cuisine, de technologie. Il était très au fait de l’actualité politique.  Nous étions très proches et avions pour habitude de participer à des courses de trail ensemble. Ce sera compliqué de faire la compétition sans lui», nous a déclaré Jean-Marc Rivet avec peine.

 

Iron Man

 

Hugues Rivet était très apprécié au sein de la famille du triathlon. Charles Cartier, qui le connaît depuis ses débuts dans les années 2000, est encore sous le choc. Ce dernier, qui participait à la course de dimanche, évoque avec tristesse la perte d’un grand ami avec qui il partageait la même passion.

 

«Nous sommes tous très affligés par ce qui est arrivé. Avec Hugues, nous faisons partie des premières personnes à avoir fait des courses d’Iron Man à Maurice. Nous pratiquons le triathlon depuis longtemps. Comme les cyclistes, nous sommes conscients des risques auxquels nous nous exposons lorsque nous sortons à vélos sur la route. Hugues adorait ce sport et avait commencé à entraîner son fils pour la course comme moi avec mes filles. Il était très populaire au sein de la famille du triathlon, car c’est comme ça que nous sommes au sein de cette discipline, une famille et quand il y a un drame nous sommes tous affectés», soupire Charles Cartier.

 

La triathlète Julie Staub, l’une des trisportives les plus en vue, fait partie de ces nombreuses personnes qui admiraient Hugues Rivet pour les valeurs qu’il incarnait. «Nous avons beaucoup d’admiration pour Hugues et pour les valeurs qu’il représentait. Il était à fond dans le triathlon, et, en plus il partageait cette passion avec son fils, ce qui était beau à voir. Son accident a été un choc terrible pour tous ceux qui le connaissaient et le monde sportif en général. Nous sommes tous endeuillés par cette perte. En même temps, ce drame nous fait réfléchir et qu’est-ce qu’il faut améliorer de plus ? La Fédération fait beaucoup avec les moyens dont elle dispose. Peut-être que nous pouvons nous aussi apporter un plus. Je pense qu’une réflexion s’impose pour voir plus claire avant de prendre des décisions», confie Julie Staub.

 

A la suite de cet accident, le chauffeur de l’autobus a été arrêté puis libéré sur parole. L’alcooltest pratiqué sur le conducteur s’est révélé négatif. L’enquête policière est en cours pour déterminer les circonstances de ce drame.

 

Les funérailles d’Hugues Rivet ont eu lieu, mardi, à l’église St-Hélène à Curepipe. La Rédaction de 5 Plus-dimanche présente ses plus vives sympathies à la famille du défunt et à tous ceux affligés par cette disparition.

 


 

Christophe Gérard : «C’est incompréhensible»

 

Hugues Rivet s’était rendu à la compétition de dimanche en compagnie de son épouse Sonia et de son fils. Même s’il avait des antécédents cardiaques, le Mokassien était en excellente condition de santé le jour de l’événement. 

 

Le départ de la course a été donné un peu après 8 heures, avec l’épreuve de natation. Hugues Rivet devait boucler 1500m de natation, 40km de vélo et 10km de course à pied dans la catégorie vétéran. Après l’épreuve en mer, il s’est élancé sur son vélo pour la deuxième étape. Mais, il n’a malheureusement pas pu la terminer. Tout comme la compétition qui a, aussitôt, été annulée après l’incident.

 

Christophe Gérard, qui participait à la course de vétéran, revient sur cette terrible matinée qui avait pourtant bien démarré. «Nous sommes tous sous le choc et nous ne comprenons pas comment le sort peut s’abattre sur nous deux fois de suite. C’est incompréhensible. Trois semaines après le drame du 17 janvier, il y a eu des mesures qui ont été prises pour assurer encore plus la sécurité des participants. Nous étions sereins et nous étions loin de penser qu’il y aurait un deuxième incident. Il y a même eu une minute de silence et un bouquet de fleurs qui a été déposé en mémoire de Jayrajsing Hazareesing avant le départ», raconte le triathlète.

 

La course principale est lancée, l’épreuve de natation se déroule sans incident et les participants se lance sur l’étape de vélo. Il y avait huit tours d’un circuit de 5 km à effectuer. «A la mi-course je l’ai rattrapé et nous avons roulé ensemble un moment avant que je continue ma course. Je faisais mon dernier tour et j’ai vu passer quelques voitures ainsi que le bus. Quand j’ai fini de tourner et au moment de revenir j’ai aperçu le bus au loin et à mesure que je m’approchais j’ai remarqué que les ambulanciers était en train de venir en aide à une personne allongée par terre. Je pensais que c’était un des passagers du bus mais en m’avançant plus près j’ai remarqué un vélo. J’ai tout de suite compris que ce devait être un triathlète. Je me suis arrêté et là j’ai vu Hugues allongé par terre et le personnel médical qui lui faisait un massage cardiaque. J’étais effondré et en colère à la fois par ce qui nous arrivait», évoque Christophe Gérard, avec désarroi.

 

Ce dernier n’arrive toujours pas à comprendre comment un tel drame a pu se produire. «La FMTri ne voulait pas organiser de course aussitôt après l’incident du 17 janvier mais les athlètes étaient d’accord. La fédération a fait de son mieux en prenant toutes les dispositions de sécurité pour cette journée. Comment ce bus s’est retrouvé là, et comment Hugues n’a pas pu le voir alors qu’il est bien visible de loin ? C’est incompréhensible», fulmine Christophe Gérard.

 


 

Témoignage d’un habitué de la route

 

Dylan Redy (cycliste) : «Les automobilistes ne nous respectent pas»

 

Deux fois au sol. Cela fait quelques années que cet habitant de Pointe-aux-Sables fait partie du peloton du cyclisme mauricien tout en s'affirmant année après année comme une des valeurs sûres de cette discipline en étant membre de la sélection nationale. Il pratique le cyclisme sur route et est sociétaire du club KFC-Faucon Flacq.

 

Il s'entraîne assidûment 6 jours sur 7 et avoue rencontrer pas mal de difficultés sur les routes en matière de sécurité. D'ailleurs, à deux reprises, il s'est retrouvé à terre durant ses entraînements avec des chutes fort heureusement sans gravité. «Le trafic routier ne cesse de devenir plus dense avec une augmentation du nombre de véhicules en circulation. Les chauffeurs sont pressés et stressés au volant. Ce n'est pas évident de rouler à vélo à Maurice. Le danger est omniprésent avec les automobilistes qui ne nous respectent pas sur les routes et la distance de sécurité. Des fois, ils foncent droit sur nous, en faisant mine de ne pas nous voir, alors qu'ils auraient dû céder le passage», constate le coureur du KFC Faucon Flacq. A l'exception des lundis, Dylan Redy s'entraîne de mardi à dimanche tantôt avec son club ou en solitaire pendant deux heures et demies en moyenne. Selon lui, les autorités doivent mener des campagnes de sensibilisation pour mieux protéger les cyclistes. «Il n'y a pas que les sportifs sur les routes, mais aussi des gens qui utilisent les vélos pour aller travailler et faire les courses ou comme loisir. Nous sommes vulnérables sur les routes. Les autorités doivent sérieusement aménager des bike lane comme cela existe à l'île de la Réunion et ailleurs», ajoute Dylan Redy.

 

Ce dernier se prépare pour la prochaine saison de cyclisme qui démarre le 22 mars avec le circuit du Champ de Mars. Cette année notre interlocuteur vise les Championnats de Maurice et le Tour de Maurice 2021.

 


 

La FMTri en mode réflexion

 

La Fédération mauricienne de triathlon (FMTri) reste choquée après l’accident qui a coûté la vie à Hugues Rivet, dimanche dernier, lors d’une course de présélection au Morne. En 34 ans d’existence, cette instance sportive n’a jamais été confrontée à de telles tragédies.

 

Deux morts de suite en seulement trois semaines.  C’est plus que trop pour un sport qui a la réputation de faire partie des disciplines extrêmes mais qui opère toujours dans un cadre sécuritaire en accord avec les normes que préconise l’International Triathlon Union (ITU). A la suite de ce deuxième accident, la fédération a décidé de suspendre ses activités, en attendant de prendre une décision concernant la marche à suivre. Ainsi, la course qui devait avoir lieu en mars prochain, a tout simplement été annulée.

 

«La grande famille du triathlon est attristée par ce nouveau drame et ne comprend toujours pas comment, pour la deuxième fois de suite, le sort s’acharne sur nous. En 34 ans d’existence, c’est la première fois que nous vivons une telle hécatombe. Pour le moment, nous faisons le deuil, mais par la suite, il nous faudra prendre du recul et nous concerter avec tous nos collaborateurs pour voir ce qu’il faudra faire de plus. Hugues Rivet était quelqu’un de très apprécié et fait partie des premières personnes à nous avoir apporté son soutien après la mort de Jayrajsing Hazareesing. Il nous a encouragés à aller de l’avant, mais, aujourd’hui, il n’est plus là. Sa mort est une grande perte pour nous tous», déclare Alain St Louis.

 

Le dirigeant ne sait pas combien de temps durera cette pause mais avance qu’il prendra le temps qu’il faut afin que cette situation ne se reproduise pas à l’avenir.

 


 

Comment se déroulent les compétitions de triathlon ?

 

En 34 ans d’existence, la Fédération mauricienne de triathlon (FMTri) s’est bâtie une solide réputation sur le plan organisationnel en accueillant des courses internationale comme les championnats d’Afrique. Cependant, ces deux décès survenus en trois semaines sont venus entacher cette réputation et ont semé le doute sur la capacité de cette instance à abriter des compétitions. Si les dispositions standard avaient été prises lors de la course du 17 janvier, durant l'épreuve du 7 février des mesures supplémentaires avaient été mises en place pour garantir la sécurité des participants. Malgré ses dispositions, il y a eu mort d’homme une deuxième fois. A la suite de cela, nous avons essayé de savoir un peu plus sur le déroulement d’une compétition de triathlon.

 

Etape1 : Tout d’abord, il faut une licence de la Fédération mauricienne de triathlon (FMTri) pour pourvoir prendre part aux compétitions de triathlon d’aquathlon et de duathlon à Maurice. Le demandeur doit remplir un formulaire, où sont inscrits les critères internationaux. Il doit obligatoirement présenter un certificat médical délivré par un médecin attestant que le sportif est apte à participer aux compétitions de triathlon. Lors du renouvellement de sa licence, l’athlète doit, également, produire le même type d’attestation médicale. Une saison de triathlon a lieu de janvier à décembre.

 

Etape 2 : Les compétitions de triathlon sont organisées par la FMTri en collaboration avec le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) et avec l’assistance de la National Goast Guard (NGC) et de la Police. Alain St Louis, le président de la FMTri est catégorique: «jamais la fédération ne démarre une course sans la présence des gardes-côtes, des motards de la police, la police régulière, les services d’urgence et une ambulance».

 

Etape 3 : Les préparatifs pour l’organisation d’un événement démarrent avec l’ouverture des inscriptions entre un mois et trois semaines avant l’échéance. Les sportifs ont le choix entre des épreuves de triathlon (natation, vélo et course à pied), duathlon (course à pied, vélo et course à pied) et aquathlon (course à pied, natation et course à pied). Les enregistrements se ferment une semaine avant le rendez-vous mais les participants peuvent changer d’épreuve au matin de la compétition s’ils ne se sentent pas en forme pour attaquer la course à laquelle ils se sont inscrits.

 

Etape 4 : Le jour précédent la compétition, les organisateurs, assistés des gardes côtes, délimitent la zone où se déroulera l’épreuve en mer. Le lendemain, les éléments de la National Coast Guard sont présents, une heure avant le début de l’échéance, pour mettre en place les bouées indiquant le parcours en natation.

 

Etape 5 : A l’arrivée des athlètes, ces derniers doivent faire l’émargement pour confirmer si leur nom est sur la liste des entrées et s'il correspond au dossard qui leur a été attribué. Les triathlètes ont un dossard avec un numéro pour toute une saison. On procède au marquage sur les bras et les jambes afin que les officiels puissent mieux identifier les trisportifs durant la compétition où quand ils sont en groupe pour le chronométrage.

 

Etape 6 : Cet exercice terminé les participants se rendent dans l’aire de transition où la base pour la vérification des équipements (bicyclette, casque). Le but étant de s’assurer qu’il n’y ait aucun dégât, fissure ou fêlure sur le matériel. Les athlètes doivent également essayer leur casque pour s’assurer que la jugulaire est bien ajustée. Le contrôle terminé, les triathlètes installent leurs vélos, casques, chaussures et dossards dans la base. Lors de la course de dimanche dernier les participants avaient une puce électronique au pied pour chronométrer plus rapidement leur  temps durant l'épreuve de natation.

 

Etape 7 : Les participants assistent au briefing d’avant-course 15 minutes avant le départ où les organisateurs leur explique le parcours et rappel les consignes de sécurité. Comme la route n’est pas fermée, les participants sont appelés à suivre et à respecter les codes de la route. La compétition débute avec l’épreuve de natation. En mer, les triathlètes sont encadrés par des éléments de la NGC en bateau et un sauveteur qui les suivent en kayak. Ces derniers peuvent intervenir à n’importe quel moment en cas de besoin. Tous les participants aux épreuves de triathlon, grands et petits, sont des nageurs confirmés et sont membres d’un club de natation. Un deuxième officiel est également présent en kayak sur le parcours pour s’assurer que les participants suivent le tracé imposé.

 

Etape 8 : L’épreuve de nage terminée, les participants sortent de l’eau. La NGC confirme qu’il n’y a plus personne en mer. Les athlètes sont dans la zone de transition pour s’équiper (casque, chausseur de vélo et dossard). Ils poussent leurs bicyclettes jusqu’à la route et se lancent dans la course de vélos. Pour avoir un meilleur contrôle la fédération a prévu un parcours long de 2.5km où les athlètes tournent sur un circuit. Les triathlètes accomplissent un certain nombre de tours selon leur catégorie. A chaque extrémité se trouvent trois officiels qui, avec un officier de police, règle la circulation pour faire passer les participants, et en même temps enregistre le nombre de tours accompli par les coureurs. (Un triathlète qui effectue plus ou moins de tour est automatiquement disqualifié). Des motards sont également présents sur le trajet pour assurer la sécurité des athlètes. Cependant un rider ne peut pas rester trop près d’un coureur au risque de provoquer une collision, gêner le sportif ou que ce dernier se sert de son aspiration pour aller plus vite. Un minimum de 75m de distance est imposée entre le motard et le cycliste.

 

Etape 9 : La course de vélo terminée, les participants retournent dans la zone de transition, enlèvent leurs casque mettent leur chaussures de courses et se lancent dans l’épreuve à pied. Les coureurs dépendant de leurs catégories tournent sur un circuit de 2.5km dont le tracé fait 1.25km. Lors de cette manche, les coureurs avancent dans la direction opposée de l’épreuve de vélo. Le but étant d’éviter d’éventuels incidents sur la route. A la fin de chaque course les sportifs sont informés de leurs temps intermédiaire (natation, transition, vélo, transition et course à pied) et de leur chrono intégral.