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Débats budgétaires : un marathon houleux

C'est ce lundi 13 juin que les débats budgétaires ont commencé à l’Assemblée nationale après le troisième Budget présenté par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy.

C'est une période-phare dans la vie de tous parlementaires. Comme chaque année, les débats budgétaires sont suivis de très près. Cette semaine, lors de cet exercice qualifié de «demanding» ou encore d’«intense», les députés des différents bords ont fait entendre leurs arguments concernant le Budget 2022-2023, entre quelques autres petits moments qui ont aussi retenu l'attention…

«Je suis au Parlement. Je suis sorti quelques secondes et là, j’entre à nouveau. Nous sommes en pleine séance...» C'est ce que nous confie Patrice Armance, Whip de l'opposition, lorsque nous le sollicitons, en ce vendredi 17 juin. Il est 20h20 et les débats parlementaires battent leur plein. Les discussions s'enchaînent, les heures aussi. Même s'ils ne sont pas du même bord politique, tous les députés, comme Patrice Armance, sont dans le même bateau ; ils doivent argumenter, défendre leurs idées, débattre...

 

Ces derniers jours, du matin au soir, et même parfois jusqu'aux petites heures du matin, comme après chaque présentation du Budget, ce sont les débats, sous forme de marathon, qui ont monopolisé l'attention à l'Assemblée nationale. Depuis le lundi 13 juin, et ce jusqu'à hier, samedi 18 juin, les intervenants des différents camps politiques de l'hémicycle se sont ainsi exprimés sur des mesures tantôt applaudies, tantôt décriées. Et il y a eu de tout : des discours, des attaques, des remontrances… L’ambiance était donc tout feu tout flamme dans l’hémicycle durant la semaine écoulée.

 

Dans le désordre, il y a eu, bien évidemment, ce que certains ont appelé des manquements en parlant du Budget, alors que les membres du gouvernement n'ont pas manqué de saluer les mesures qui, disent-ils, vont soulager la vie des Mauriciens, entre autre moments, où la température est montée malgré ce temps d'hiver.

 

«Trop peu, trop tard !» C’est en ces termes que Xavier-Luc Duval, le leader de l’opposition, a parlé du Budget 2022-2023 présenté par le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, le 7 juin. Il n’a pas non plus manqué de souligner un manque de mesures pour les personnes en situation de handicap et les veuves, entre autres, et a également dit craindre un taux d’inflation de 15 % d’ici la fin de cette année. Le leader du PMSD a également qualifié l’augmentation de Rs 1 000 de la pension de vieillesse de «simple remède».

 

Dans le clan de la majorité, on s'est félicité des engagements pris. Par exemple, Fazila Jeewa-Daureeawoo, la ministre de la Sécurité sociale, a souligné que le Budget présenté par le ministre des Finances contient 46 mesures pour soulager la population. Elle a affirmé que l’augmentation du Budget de son ministère est du jamais-vu. Dans l'autre camp, ce sont les lacunes du Budget qui ont été mises en avant. «Les chômeurs sont les grands absents du Budget», a lancé, pour sa part, le député du MMM, Reza Uteem, qui a également abordé d'autres sujets comme la hausse des prix des médicaments et du carburant, et la dépréciation de la roupie.

 

D'un avis à un autre, Maneesh Gobin, le ministre de l'Agro-industrie, a mis en exergue le soutien de l'État apporté aux agriculteurs. «Nous encourageons les planteurs à évoluer vers les nouvelles méthodes d’agriculture. Une subvention de 50 % allant jusqu’à Rs 500 000 sera accordée aux planteurs d’une ferme pour la culture hydroponique, et même étendue pour l’achat d’une deuxième ferme», a-t-il déclaré.

 

Si Patrick Assirvaden, le député du PTr, a notamment posé une question – «Les Rs 1 000 dureront combien de temps ?» –, tout en soulignant que «rien n’a été fait pour alléger le fardeau, pour soulager les familles (…)», le leader du MMM, Paul Bérenger, a, pendant son intervention, parlé de l’inflation : «Après la campagne de l’opposition, le gouvernement a fait des efforts dans le Budget mais c’est insuffisant. Ces mesures seront rendues caduques avec l’inflation.» Au milieu des chiffres autour desquels tournent les débats budgétaires, il y a aussi eu, cette semaine, de l'humour. C'est, du moins, l'arme que le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, a choisi de dégainer face à ses détracteurs. Revenant sur le buzz autour d'une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle on le voit en train de chanter lors d’une fête familiale, il a lancé : «Je vais continuer de chanter Kukuruku et je vais continuer de danser avec ma famille pour les fêtes de Noël et de fin d’année.» Puis, il a taclé le PMSD en déclarant : «Au moins, je peux chanter Kukuruku, me PMSD so kok inn aret sante.»

 

Trois députées expulsées

 

Le député du PMSD, Richard Duval, en a aussi profité pour lancer une pique au ministre Jagutpal : «J'ai remarqué que l'honorable Jagutpal adore le chant du coq. Le cocorico l'attire. Finalement, je pense pour lui que c'est une obsession quelque part. Envisage-t-il de changer de parti avant que le soleil se lève ? Je dois remettre les compteurs à l'heure, monsieur le président. Il doit savoir que le PMSD a propulsé le MSM en 83, 87, 95, 2010 et 2014. Il faut l'avouer et le dire. Je ne sais pas dans quelle consultation était l'honorable ministre ? Pour finir là-dessus : qui s'y frotte, s'y pique !»

 

Entre deux interventions sur les mesures du Budget, il a aussi été question du «slip orange» du ministre Stéphane Toussaint. «(…) On m’a fait remarquer que les internautes ont surtout retenu le fait que le ministre a confirmé que son slip est bel et bien orange. Mais ça, ce sont les internautes», a déclaré la députée mauve, Joanna Bérenger, dans une petite parenthèse. Cette dernière s’est, par ailleurs, retrouvée expulsée du Parlement le mardi 14 juin avec ses consoeurs mauves Karen Foo Kune-Bacha et Arianne-Navarre Marie car le speaker Sooroojdev Phokeer a jugé certains de leurs propos inappropriés. Les trois députées ont qualifié la démarche du speaker d’injuste et des femmes des partis de l’Entente de l’Espoir ont manifesté devant le Parlement deux jours plus tard pour exprimer leur désaccord.

 

Pour revenir à la déclaration de Joanna Bérenger sur le «slip orange» du ministre Toussaint, Subhasnee Luchmun-Roy, la députée de la majorité, n’a pas manqué de lui donner la réplique : «Cela me rappelle la célèbre chanson de Madonna, Like A Virgin. Comme si tu étais propre, que tu n'avais jamais rien fait et que tu ne critiquais jamais personne. (...) Vous venez ici et commencez à débattre en parlant du slip de l’honorable Toussaint, est-ce le niveau auquel nous nous attendons ? Les internautes sont les internautes. Nous sommes en train de débattre du Budget (…)»

 

Bref, comme après chaque présentation du Budget, les débats ont, cette année encore, mis le feu à l'Assemblée nationale...