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David William est mortellement poignardé par le mari de sa compagne : Quand un triangle amoureux vire au crime sanglant

David William a été tué d’un coup de couteau à la poitrine.

David William a été tué à l’arme blanche, le dimanche 17 février, à Bramsthan. La police n’a pas tardé à mettre la main sur son présumé meurtrier. Il s’agit de Marcus Calou, l’époux de celle avec qui la victime avait une relation depuis quelques mois. Se retrouvant désormais seule, l’épouse nous parle de sa détresse et nous raconte le déroulement et l’issue fatale de toute cette histoire. Alors que des proches de la victime et du présumé meurtrier confient, eux, qu’ils savaient que cette «relation» allait finir en drame. Témoignages.

Ils étaient trois. Le mari, la femme et l’amant. Visiblement, il y en avait un de trop et le triangle amoureux s’est finalement révélé fatal pour celui qui était tombé amoureux de la femme d’un autre. David Williams, 35 ans, a été retrouvé mort dans la rue, dans sa localité à Bramsthan, dans l’après-midi du dimanche 17 février. Allongé sur le sol, il avait un couteau planté en pleine poitrine. La police n’a pas eu à chercher longtemps avant de mettre la main sur son présumé meurtrier. Il n’était un secret pour personne dans l’entourage de David qu’il avait une aventure avec une femme mariée et le suspect était tout trouvé. Il s’agit de l’époux : Marcus Calou, plus connu comme Toto. Ce vigile de 50 ans a d’ailleurs avoué son crime.

 

Il a raconté avoir poignardé son rival en état de «légitime défense» avant de prendre la fuite. Marcus était allé à Bramsthan ce jour-là à la recherche de sa femme et de ses deux plus jeunes filles quand il est tombé sur son rival qui était sorti s’acheter de la bière à une boutique du coin. Une dispute aurait éclaté entre les deux hommes et David aurait attaqué Marcus avec une bouteille et l’aurait blessé à l’avant-bras gauche. Ce serait pour se défendre que ce dernier aurait poignardé David avec le canif qu’il avait toujours sur lui depuis qu’il travaillait comme vigile de nuit. Marcus a d’ailleurs remis l’arme du crime aux policiers pour les besoins de l’enquête. Son épouse Marie-Ange, 44 ans, a également été entendue par les enquêteurs.

 

 

Elle a expliqué que son époux violent, qui lui faisait vivre le martyr depuis de nombreuses années, avait déjà proféré des menaces de mort contre David et elle depuis qu’il avait appris qu’ils entretenaient une relation. Selon elle, il a fini par mettre ses menaces à exécution. Depuis le drame, Marie-Ange se terre quelque part, visiblement désemparée face aux événements qui ont mené son amant à la tombe et son époux en prison. Elle ne veut pas qu’on sache où elle se trouve. Quand elle nous parle au téléphone, sa voix est complètement cassée : «Tous me blâment, disent que c’est à cause de moi que tout cela est arrivé. Mais je suis également une victime dans cette affaire. C’est une double perte pour moi aussi. C’est le bon Dieu qui va me juger.» Les regrets, le chagrin sont maintenant son lot quotidien. «Je regrette terriblement ce qui s’est passé. Si mo ti kapav donn mo lavi pou retourn lavi David mo ti pou fer li.»

 

En se lançant dans une relation amoureuse avec David, Marie-Ange voulait seulement, dit-elle, goûter au bonheur dont elle était privée aux côtés de Marcus. «J’étais victime de violences conjugales. Mon mari est très violent. Mes enfants en sont témoins. J’ai rencontré David il y a plus d’un an et nous avons entamé une relation. J’avais enfin trouvé quelqu’un qui me supportait, me comprenait», raconte-elle, la voix tremblante. Lorsque Marcus apprend que sa femme a une aventure, les menaces pleuvent sur le couple. «David a reçu des menaces de mort à plusieurs reprises mais il n’a jamais cessé de m’aimer. Nous étions très bien ensemble.»

 

Allers-retours

 

Marie-Ange et David persévèrent et décident même d’emménager ensemble. «Mo mari mem ki ti dir mwa kit so lakaz ale kan linn kone mo ena enn relasion ek David. Mais à peine j’étais partie qu’il me menaçait au téléphone. Il nous faisait surveiller, il savait tout ce qu’on faisait.» Durant cette période, l’épouse fait des allers-retours entre la maison de David et celle de son mari ainsi que chez d’autres proches. Elle rentrait chez elle à chaque fois, dit-elle, parce que son mari la forçait à le faire sous la menace et aussi à cause de ses filles, mais la situation entre eux ne s’arrangeait guère. «En septembre, il a failli me poignarder. À l’époque, j’avais trouvé refuge chez une de mes filles dans le Sud. Il était venu me voir sur place et s’est bagarré avec plusieurs personnes ce jour-là. Ma fille a brisé un miroir en s’interposant entre son père et moi», raconte Marie-Ange. De l’autre côté, elle poursuit tant bien que mal sa relation avec David qu’elle voit comme son sauveur.

 

Quelques jours avant le drame, continue-t-elle, son époux et elle ont eu une violente dispute. «La police a dû être appelée sur place. Un policier m’a alors conseillé de quitter le toit conjugal pour quelques jours, le temps de laisser mon époux se calmer. David était au courant car je lui racontais tout au téléphone.» Puis ce dimanche 17 février fatidique, c’est le drame. Et Marie-Ange perd tout. Mais elle n’est pas la seule à pleurer amèrement la mort de David.

 

Liliane William est complètement abasourdie.

 

Liliane, 75 ans, la mère de la victime, est elle aussi complètement effondrée. Elle pressentait qu’il allait arriver malheur à son fils depuis que celui-ci s’était engagé dans une relation amoureuse avec une femme mariée et l’avait mis en garde. Mais David ne l’avait pas écoutée. «Pourquoi ne m’a-t-il pas écouté ? Je lui avais dit qu’un terrible malheur allait lui arriver s’il persistait dans cette relation. Mais cette fois, mon fils n’a rien voulu entendre alors qu’il était toujours obéissant auparavant», confie Liliane, le cœur lourd de regret et de chagrin. Ce qu’elle craignait a malheureusement fini par se produire : «Mo disan ti fini averti mwa ki pou ariv mo piti enn kitsoz.»

 

Liliane raconte que son fils a fait la connaissance de Marie-Ange via les réseaux sociaux. Puis un beau jour, soit en novembre 2018, cette dernière et ses deux filles de 15 et 17 ans ont débarqué chez elle pour emménager sous son toit. À son grand dam. «Mo pa ti dakor ek sa ditou», explique la septuagénaire. Peu après, toutefois, Marie-Ange rentre chez elle, à Bel-Air, avec ses filles mais son idylle avec David est loin d’être terminé. «Le mari est venu chez moi pour récupérer son épouse et ses filles. Il m’a demandé de mettre sa femme à la porte. Il m’a aussi dit qu’il allait faire du mal à mon fils si celui-ci persistait à fréquenter son épouse», se souvient Liliane.

 

«Terrible souffrance»

 

Aujourd’hui, elle regrette terriblement de ne pas s’être rendue à la police ce jour-là pour porter plainte contre Marcus Calou. «Sel erer monn fer sa. Lapolis ti pou fini donn li enn warning. Malerezman, linn met so bann menas a ekzekision de mwa plitar.» Aujourd’hui, cette maman ne peut que pleurer son fils mort dans des circonstances tellement tragiques. David, le dernier de ses quatre enfants – il a deux soeurs et un frère –, un «fils exemplaire», «très populaire» et qui n’a jamais «lager ek dimounn lor lari». Il était célibataire depuis cinq ans quand il a fait la connaissance de Marie-Ange. Une rencontre qui a signé son arrêt de mort. «Mon fils serait peut-être toujours en vie s’il m’avait écouté. Il était éperdument amoureux de cette dame. Aujourd’hui, notre famille est dans une terrible souffrance», pleure amèrement Liliale.

 

Marc Calou présente des excuses à la famille endeuillée.

 

La famille de Marcus souffre également beaucoup de cette situation, comme en témoigne Marc Calou, son père. Lui aussi avait vu venir l’issue fatale de toute cette histoire mais n’avait rien pu faire pour l’arrêter. «Pa ti pou ariv li tousala si mo garson ti ekout mwa. Mo konn so karakter. Mo ti dir li ki li pou fini par fer enn krim dan sa zistwar-la. Nou fami osi dan enn gran soufrans zordi», lâche tristement cet homme de 73 ans qui tient tant bien que mal le coup malgré la vieillesse et la maladie. Il a perdu l’usage de son bras et de son pied droits après un accident vasculaire cérébral, en 2008, et se déplace désormais à l’aide d’une canne anglaise. Marc n’arrête pas non plus de penser à la famille de David. «Je présente des excuses à sa famille. Ce que mon fils a fait est vraiment horrible. La famille William vit une grande souffrance par sa faute.»

 

«Trop jaloux»

 

La faute de Marcus, celle qui a finalement mené à cet horrible crime, semble dire Marc, a été de trop aimer sa femme. «Mon fils aimait sa femme aveuglément.» Ce, poursuit Marc, depuis qu’ils s’étaient mis ensemble il y a 25 ans. «Marie-Ange est ma cousine, la fille du frère de ma mère. À l’époque, sa famille avait invité mon fils à venir loger chez elle à Cité Bel-Air parce qu’elle était seule avec ses deux filles nées d’une précédente relation. C’est là que Marie-Ange et lui ont entamé une relation amoureuse. Nous l’avons appris quand elle est tombée enceinte. Elle a peu après mis au monde une troisième fille.»

 

À l’époque, Marcus travaillait déjà comme maçon. Marie-Ange, elle, était casual worker et collectionnait les petits boulots. «Ils ont dû déménager par la suite car mon fils avait régulièrement des altercations avec les gens du voisinage. Il a alors construit une maison à l’arrière de la mienne, sur un terrain que je lui avais donné. C’était une très mauvaise décision», estime Marc. Car son fils, dit-il, a aussi commencé à se disputer avec les autres membres de la famille. Ce n’est que récemment que Marcus a, selon Marc, renoué des liens avec ses proches.

 

Entre-temps, Marie-Ange et lui ont eu deux autres filles. Les trois premières sont, elles, déjà mariées. Il y a quelque temps, pour arrondir les fins de mois, le quinquagénaire a pris de l’emploi comme vigile de nuit. «Samem kinn fer plis so maler sa», nous dit Marc. Car c’est alors que sa belle-fille aurait entamé cette relation. Une nouvelle qui n’a pas tardé à se répandre et à venir jusqu’aux oreilles de Marcus.

 

«Des personnes du voisinage l’ont vue main dans la main avec cet autre homme à Flacq. Elle avait également posté des photos sur Facebook. Des gens ont montré à mon fils ces photos», souligne Marc. À l’époque, son fils avait discuté avec sa femme. «Linn koz ek li ek dir li fini sa par la mem me mo belfi inn kontinye.» Quelques semaines plus tard, Marie-Ange emménage chez David avec ses deux filles avant de rentrer à la maison fin décembre. «Le 27 décembre, Toto est allé faire les courses avec son épouse et ses deux filles. Ils sont rentrés à la maison tout sourire. Nous avons tous cru que cette liaison extraconjugale était du passé», affirme Marc.

 

Dispute

 

Mais le 15 janvier, Marie-Ange quitte à nouveau la maison avant de rentrer fin janvier. La situation est loin d’être apaisée entre Marcus et elle. Au contraire. Le jour de la St-Valentin, raconte Marc, corroborant la version de sa belle-fille plus haut, le couple a une nouvelle terrible dispute. «Ils se disputaient tellement que l’une de mes petites-filles a dû appeler la police. Ma belle-fille avait déjà une affaire en cour contre mon fils car elle l’avait accusé de violences conjugales dans le passé. Quand les policiers sont arrivés, ils ont calmé les choses disant que ce n’est qu’une simple discussion.»

 

Sauf que quelques jours plus tard, l’histoire du triangle amoureux prenait une autre tournure, beaucoup plus dramatique. Ce dimanche 17 février, Marcus était, comme d’habitude, rentré de son boulot de vigile très tôt dans la matinée et s’était tout de suite mis au lit, explique son père. Lorsqu’il s’est réveillé vers 14h30, il s’est rendu compte que son épouse et ses filles n’étaient pas là. Il aurait tenté, en vain, de les avoir au téléphone. Soupçonnant qu’elles se trouvaient chez David, il est sorti vers 15 heures pour se rendre à Bramsthan. Sur place, il est tombé sur son rival à proximité d’une boutique. Une dispute a éclaté entre les deux hommes qui en sont rapidement venus aux mains. «Dimounn kinn rakont nou sa», souligne Marc.

 

Peu après, Marcus est rentré chez lui. Outre l’arme du crime, la police a également recueilli sa motocyclette ainsi que la veste qu’il portait au moment de l’agression pour les besoins de l’enquête.

 

Marie-Ange et ses deux filles, elles, ne sont plus retournées à Bel-Air depuis ce terrible malheur, soutient Marc. Elles ont aussi dû quitter la maison de David car elles n’y sont pas les bienvenues après cette tragédie. Elles ont trouvé refuge ailleurs pour quelque temps. «Elles ont déserté la maison familiale à nouveau. C’est mon fils qui est le plus grand perdant dans ce triangle amoureux. Sa mem ki appel perdi dan bwa dan lakour», lâche Marc, dépité par cette sordide histoire qui s’est invitée dans sa vie. Il le savait lui, d’autres le savaient aussi, que ce triangle amoureux allait mal finir. Et ils ont eu, hélas, raison.