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Covid-19 : quand souffle un vent de liberté

«L'assouplissement des restrictions est très d'actualité. La date du 20 mars a été annoncée pour la mise en pratique des assouplissements dans les mesures qui avaient été mises en place pour contrôler la propagation du virus», nous confie notre compatriote Michèle Brien, installée en Allemagne.

«J’ai remarqué que les gens sont tendus. Si par malheur, tu fais une remarque à quelqu’un, à un jeune qui ne porte pas son masque, tu risques de prendre sa colère en pleine face. La société est à cran. J’espère que toute cette épreuve aura bientôt une fin...» Alors que la guerre en Ukraine monopolise l’attention, la Covid-19 occupe aussi toujours l’actualité. Au moment où plusieurs pays enlèvent les mesures de restriction visant à contrôler la Covid-19, Michèle Brien, une compatriote installée en Allemagne, nous parle de cette étape que son pays d’adoption s’apprête à franchir...

«Libéré, délivré...» Un air que plusieurs personnes dans différents pays n’ont pas hésité à fredonner depuis que les restrictions qui y étaient en vigueur pour contrer la propagation du coronavirus ont été levées. Parmi ceux qui poussent un ouf de soulagement – en espérant pouvoir très vite reprendre le cours de leur vie comme avant la pandémie ou presque, ou du moins reprendre certaines activités qui, jusqu’à il y a peu, étaient entre parenthèses –, nos voisins les Réunionnais.

 

Depuis ce lundi 28 février, il n’y a plus lieu de se presser pour rentrer avant le couvre-feu ou de porter coûte que coûte un masque pour sortir dans les rues. Parmi les restrictions levées également : plus de jauges dans les établissements accueillant du public, les stades, les commerces, les marchés, la fin de la limitation de six personnes à table dans les restaurants, la levée des restrictions concernant les rassemblements dans un espace public, la fin de l’obligation du télétravail et aussi le fait que les pique-niques et autres campings sont à nouveaux possibles sans une limitation dans le nombre de participants.

 

Bien que la Covid-19 soit toujours présente, le «vivre avec le virus» est plus que jamais d’actualité dans de nombreuses destinations. En Europe, par exemple, le Danemark et le Royaume-Uni ont levé l’essentiel de leurs restrictions : isolement imposé pour les malades, port obligatoire du masque ou encore pass sanitaire ne sont plus obligatoires. Le virus étant dans ces pays «bien moins létal» qu’il y a deux ans, en sus des moyens déployés comme les vaccins et de l’émergence récente du variant Omicron, moins dangereux que ses précédentes versions. Les experts commencent à parler de la potentielle fin de la pandémie ou du moins de sa «phase aiguë» pour reprendre les termes de l’OMS, qui juge cette issue possible pour le milieu de l’année. Des scientifiques parlent aussi du virus qui devrait passer dans une phase «endémique», avec «une situation où le virus continue à circuler mais où le nombre de cas reste à peu près stable».

 

Un vent de liberté souffle ainsi sur l’Angleterre depuis le 27 janvier, avec l’essentiel des restrictions anti-Covid qui n’est plus mis en pratique. Ainsi, le port du masque et le télétravail ne sont plus recommandés et un pass sanitaire n’est plus nécessaire pour accéder aux boîtes de nuit. D’autres pays comme l’Islande ou encore l’Espagne ont, ces derniers temps, revu les contraintes sanitaires qui étaient en vigueur chez eux, en espérant plus que jamais un retour graduel de la vie d’avant la Covid-19.

 

L’après Covid est aussi de plus en plus au cœur des discussions en Allemagne. Le mercredi 16 février, les autorités se sont mises d’accord pour une levée progressive des mesures sanitaires. La Mauricienne Michèle Brien, qui a fait de l’Allemagne son pays d’adoption depuis de nombreuses années, suit ces changements dans les règlements de très près. «L’assouplissement des restrictions est très d’actualité. La date du 20 mars a été annoncée pour la mise en pratique des assouplissements dans les mesures qui avaient été mises en place pour contrôler la propagation du virus», confie notre compatriote qui, comme les habitants de la plupart des pays, a vécu au rythme du virus ces deux dernières années : «Pour le moment, le port du masque est encore d’actualité, que ce soit pour faire les courses, voyager dans le train ou encore dans le bus. Pour avoir accès à un magasin par exemple, il nous faut encore, pour le moment, présenter notre pass vaccinal digital pour attester qu’on a bien été vacciné. Il nous faut aussi présenter notre carte d’identité pour vérifier si les infos correspondent.»

 

Au moment où la vie semble reprendre son cours comme avant la pandémie dans plusieurs pays, Michèle Brien ne peut pas ne pas repenser à ces deux dernières années complètement chamboulées par le virus. «J’avoue qu’au début de la pandémie, il y avait une certaine peur. Je me souviens, par exemple, m’être retrouvée à l’aéroport de Stuttgart qui était désert, alors que ça grouille toujours de monde. C’était définitivement un signe que quelque chose de pas normal bouleversait les choses. En faisant un flashback, je me souviens aussi de la période où tout était fermé dans le pays lorsqu’un lockdown avait été instauré. Mes filles se trouvaient à Berlin à cette époque et elles ont choisi de louer une voiture pour venir nous rejoindre à Stuttgart. Le télétravail était en vigueur... Et au lieu de rester à Berlin dans ces moments d’incertitude, elles ont voulu qu’on soit ensemble, en famille, pour affronter ce que le coronavirus avait amené dans son sillage. Généralement, on fait cette traversée en 8 heures en voiture, cette route étant d’habitude très fréquentée, et là, elles ont pris un peu plus de 5 heures pour la faire. C’est dire à quel point le virus avait paralysé bien des secteurs. Comme partout, il y avait le panic buying avec les papiers hygiéniques qui étaient en rupture de stock. C’était vraiment la frayeur. À ce moment-là, les gens pensaient qu’en contractant le coronavirus, ils allaient mourir. C’est pour cela qu’on avait décidé d’affronter cela en famille», raconte la mère de famille.

 

Depuis, dit-elle, plusieurs mesures ont permis de reprendre un peu de contrôle sur la Covid-19. «Depuis deux ans, les choses ont bien changé. Aujourd’hui, on ne quitte plus sa maison sans s’assurer qu’on a bien son portable pour le pass digital et le masque. Si on oublie le téléphone, on ne peut rien faire. Une fois, on avait été au restaurant pour se procurer de la nourriture et on avait dû rebrousser chemin pour aller chercher nos téléphones car sans le pass, on n’a pas accès à des lieux très importants. Ce sont les automatismes que la pandémie a générés», ajoute Michèle Brien qui a hâte de retrouver certaines choses auxquelles elle a été privée ces derniers temps.

 

«La vie sociale a pris un sacré coup. Par exemple, moi, j’avais l’habitude de beaucoup voyager et le virus nous a privés de cela. Cela fait trois ans que je veux venir à Maurice mais je préfère attendre pour le moment. Ce sont surtout les jeunes qui souffrent énormément des restrictions. Par exemple, les lieux comme les bars sont toujours fermés, tout comme les grandes fêtes foraines. Ma vie sociale a changé. Voyager, rencontrer des amis, se faire un resto... Ce sont autant de choses qu’on a dû mettre entre parenthèses. Maintenant, avant de faire beaucoup de choses, on pense d’abord à la situation. Même l’économie est grandement affectée. Le coût de la vie a été chamboulé. J’ai remarqué aussi que les gens sont tendus. Si par malheur, tu fais une remarque à quelqu’un, à un jeune qui ne porte pas son masque, tu risques de prendre sa colère en pleine face. Une simple petite remarque peut dégénérer. La société est à cran. La psychologie de beaucoup de personnes est aussi à l’épreuve. J’espère que toute cette épreuve aura bientôt une fin», conclut-elle, pleine d’espoir au moment où commence à souffler, dans plusieurs pays, un vent de liberté...