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Covid-19 : mon expérience au cœur de l’équipe de «contact tracing» en Angleterre

«Travaillant sur mon ordinateur portable à Londres au plus fort de la pandémie, ma tâche impliquait beaucoup le travail d’un détective, une profonde humilité et du tact. Cela signifiait appeler à froid des personnes qui pourraient être irritées d'avoir de vos nouvelles», nous confie la Mauricienne Rhena Bunwaree, installée en Angleterre.

La Covid-19 continue de monopoliser l'attention dans plusieurs parties du monde. Et la bataille pour faire reculer les chiffres se poursuit. En Angleterre, la récente levée des restrictions sanitaires n'a pas engendré la flambée épidémique redoutée. Au contraire, le nombre de nouvelles contaminations a été divisé par deux depuis le 19 juillet. Depuis la fin des restrictions, une baisse significative du nombre de nouvelles contaminations de 54 183 cas détectés le 17 juillet (le pic du mois) à 24 173 le 1er août, d'après le site Our World in Data, a été notée. Avec les autres armes connues pour contrôler le virus, la Grande-Bretagne mise aussi beaucoup sur l'exercice de contact tracing. La Mauricienne Rhena Bunwaree, installée au pays de Sa Majesté, nous parle de son expérience au sein de l'équipe de traçage de contacts.

Au cœur de l’action : «Lorsque la Covid-19 a explosé en Angleterre, j’ai souhaité soutenir à ma manière le plus grand nombre de personnes touchées par la pandémie. J’ai voulu être un fournisseur de services, être un lien avec les ressources et être capable de fournir des conseils et de l’aide en ces temps difficiles. À ce titre, je suis devenue membre de la brigade de recherche des contacts. J’étais responsable d’informer les personnes qui pourraient être exposées au virus et de les encourager à rester à la maison pour mettre fin à tout risque de propagation.»

 

Gestion du virus : «La Grande-Bretagne a mis du temps à imposer des mesures de confinement. Ce retard a été coûteux. En l’absence de vaccin en vue, être dans l’équipe de traçage de contacts semblait être l’une des meilleures options pour surveiller et contrôler le virus à un niveau gérable. Le travail consistait à identifier des personnes qui auraient pu être exposées à la pandémie pour s’assurer qu’elles ne la transmettaient pas à d’autres.»

Une course contre la montre : «Vaincre ce virus est un marathon, pas un sprint. Pour constituer la main-d’œuvre nécessaire, le ministère de la Santé britannique a répondu par un effort massif d’embauche et de formation. Les autorités se sont appuyées sur des agences d’intérim à une époque où des millions de personnes ont perdu leur emploi. Le problème n’était pas seulement de trouver des personnes à embaucher, c’était beaucoup plus compliqué. En raison de l’intensité du travail, plusieurs traceurs de contacts se retrouvaient à travailler à temps partiel seulement ou alors partaient au bout de quelques mois.»

 

Une organisation : «Travaillant sur mon ordinateur portable à Londres au plus fort de la pandémie, ma tâche impliquait beaucoup le travail d’un détective, une profonde humilité et du tact. Cela signifiait appeler à froid des personnes qui pourraient être irritées d’avoir de vos nouvelles. L’étape suivante consistait à lire un script à des personnes qui avaient été exposées à quelqu’un qui avait été diagnostiqué positif au virus. Beaucoup de gens en sont déjà conscients car ils vivent avec la personne infectée. J’ai ensuite interrogé les contacts sur les symptômes possibles : toux, fièvre et troubles respiratoires... Tout en prenant des notes. La langue peut également être un défi car certaines personnes diagnostiquées ne parlent pas l’anglais.»

 

Un engagement : «Être un traceur de contacts ne signifie pas seulement connaître la maladie que vous suivez. Cela implique également de gagner la confiance des gens et de les inciter à absorber les mauvaises nouvelles. Les traceurs sont souvent ceux qui disent aux gens qu’ils ont le virus, leur demandant de se mettre en quarantaine. Je devais également rester en contact avec les cas et les contacts, surveiller leur santé, m’assurer qu’ils avaient un moyen d’obtenir de la nourriture. Je devais travailler vite ; les gens deviennent contagieux quelques jours seulement après avoir contracté le virus.»

 

Face à la flambée épidémique : «Intensifier le recrutement des traceurs de contacts était une tâche importante car il fallait repartir de zéro, avec quelque 20 000 nouvelles infections à la Covid-19 chaque jour au cours de cette période. Cela fait beaucoup de personnes à interviewer, beaucoup de contacts à traquer, avec un nombre limité de traceurs embauchés. Une fois que les cas avaient augmenté, il était difficile d’en suivre le nombre. C’était un peu comme essayer de construire un avion, tout en le pilotant. Le système n’était pas en place à l’avance, ce qui a rendu la tâche difficile.»

 

Des défis à relever : «Pour que le système de traceurs de contacts fonctionne, il faut tout d’abord que les gens répondent au téléphone. Les personnes infectées par le virus résistent parfois à coopérer avec les traceurs et à divulguer où elles ont été et avec qui elles ont été en contact. La confiance est un défi. Je ne voulais pas être perçue comme la police de la santé publique. Les traceurs sont également humains et peuvent parfois ne pas enregistrer correctement les informations. Cela peut également ennuyer la personne au téléphone.»

 

Le sentiment du devoir accompli : «J’ai beaucoup appris sur la Covid-19. Une grande partie de l’enseignement consiste à traiter des informations très sensibles, tout en travaillant à domicile. En fin de compte, l’espoir est que, avec des tests rapides et généralisés, et l’isolement des cas, les traceurs de contact puissent aider à maintenir l’épidémie et faire gagner du temps jusqu’à l’arrivée de meilleurs médicaments et vaccins.»