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Coronavirus et reconfinement : le blues des businessmen

Face aux restrictions, les commerçants craignent pour leur avenir.

«Ce confinement, c'est le confinement des commerçants, tout le monde peut travailler, sauf nous !» ; «Toutes les mesures sanitaires ont été prises, il n’y a pas de flux énormes dans nos boutiques et les clients respectent les gestes barrières. Nous avons tous ce sentiment d’inégalité : pourquoi on laisse ouverts les grandes enseignes et les géants d’Internet, et pas nous ?» Ce sont là les quelques griefs que des commerçants, notamment en France, mettent en avant pour contester le fait qu’ils doivent fermer boutique en raison du reconfinement instauré pour contenir la propagation alarmante du virus. Une situation qui stresse et inquiète...

Ils lancent des appels à l'aide, des SOS de détresse et des cris de colère. Face à l'explosion des cas de Covid-19, le reconfinement gagne petit à petit l'Europe. Le 22 octobre, l'Irlande a été le premier pays à reconfiner toute sa population et le lendemain, les plus de trois millions d'habitants du Pays de Galles ont été les premiers Britanniques à être à nouveau confinés. Avec la progression galopante du virus, les autorités des pays concernés essaient de trouver des solutions pour contenir l'épidémie qui sème son lot de détresse, de décès et de bouleversements sur son passage, notamment avec la dépression économique provoquée par la pandémie.

 

Devant cette décision et les mesures de reconfinement, les commerçants sont en première ligne de ceux qui se retrouvent en difficulté. Déjà dans le rouge après le premier confinement, ils sont nombreux, ces commerçants dit non-essentiels, qui ne cachent pas leur incompréhension face à cette situation et qui n'acceptent pas l'idée de devoir fermer boutique avec tout ce que cela comporte.

 

Dans la plupart des pays voisins de la France, les petits commerces sont jusqu'ici restés ouverts, les dirigeants redoutant l'impact économique d'un confinement généralisé. Mais les craintes de perte importante dans les chiffres d'affaires sont réelles et omniprésentes. En France, la décision de reconfiner tout le pays, le samedi 31 octobre, inquiète ainsi énormément ceux qui gèrent des commerces. Prêts à tout pour sauver leur affaire, environ 80 commerçants et autres artisans du Lot ont manifesté, ce mardi 3 novembre, devant la préfecture à Cahors. Ils contestent la fermeture imposée et craignent pour leur avenir car ce deuxième confinement pourrait, selon eux, leur porter un coup de grâce, particulièrement en cette période où on approche des fêtes de fin d’années ; un moment propice d'habitude pour gonfler leurs chiffres d’affaires.

 

«Règles sanitaires plus strictes»

 

Ceux qui montent au créneau revendiquent ainsi «une réouverture avec des règles sanitaires plus strictes». Parmi les propositions : un élargissement des horaires afin de limiter au maximum le nombre de personnes présentes au même moment dans leur commerce. Les entrepreneurs demandent aussi à ce que les librairies ainsi que les salons de coiffure et d’esthétique soient classés comme commerces de première nécessité, entre autres revendications. 

 

Bien évidemment, c'est avec le cœur gros que beaucoup doivent gérer la situation et faire avec les normes et paramètres imposés. Le restaurant Le Dodo, un petit bout de l'île Maurice en France, au 14, rue de la Fidélité, à Paris précisément, n'échappe pas aux restrictions. «En mars, j’ai été moi-même malade. Je suis bien placé pour dire que cette maladie n'est pas anodine. C'est comme un rouleau compresseur qui passe sur vous. Je suis resté confiné deux semaines dans mon salon et la troisième semaine, je suis passé par une phase de rééducation, et puis, j'ai été heureusement mieux. Tout cela pour vous dire que le virus est vraiment un danger», nous confie le Mauricien Rauf Jugoo qui gère ce restaurant familial qui existe depuis 1989.

 

Il confirme que tout ne se passe pas très bien en ce moment pour les commerçants : «Au niveau des commerces, c'est vraiment une catastrophe. Il ne se passe rien. Même si on a le droit d'ouvrir le restaurant, les gens sont en télétravail et, de ce fait, ils ne viennent pas se restaurer. Les compatriotes qui ont l'habitude de venir au restaurant ne peuvent le faire car ils ne peuvent se déplacer qu’à un nombre de kilomètres restreint à partir de leur domicile. Ils ne peuvent donc pas venir chez nous car la plupart d'entre eux habitent surtout autour de Paris et pas dans la capitale elle-même. Tout ce qui se passe n'est pas simple.»

 

Pour pouvoir continuer à opérer, Rauf Jugoo et son équipe avaient exploré, comme beaucoup de commerces, la vente par livraison lors du premier confinement. «Pour les semaines à venir, je pense qu'il faudra prendre notre mal en patience. De nombreuses entreprises seront fragilisées et beaucoup mettront la clé sous la porte. Ce ne sera pas possible autrement. Pour notre part, jusqu’ici, on a tenu bon car grâce au chômage partiel, on a pu payer les employés. Mais ça ne peut pas continuer comme ça, à un moment, il faudra prendre des décisions. Nous, on se donne jusqu’au début de l'année prochaine. On a pu s'arranger avec le propriétaire pour payer le loyer de manière décalée, un peu peu plus tard. Il est assez correct mais il nous fait quand même pas grâce de son loyer. Je comprends les doléances des commerçants mais si la maladie continue à gagner du terrain et à faire des morts, il faudra faire un choix : le côté économique ou la vie des gens. Y’a pas photo, je crois que c'est le choix de la vie. Vaut mieux un reconfinement, même si économiquement, c'est vraiment mortel. C'est la seule chose à faire car si les autorités ouvrent tout, à tout-va, il n'y aura que des morts partout...»

 

En ce moment, le restaurant Le Dodo, qui a été fondé par les parents et beaux-parents de Rauf, opère donc au ralenti : «On a été ouverts cette semaine, juste pour faire des plats à emporter... Je ferai bientôt un bilan pour voir si c'est vraiment rentable, sinon, je pense que je fermerai.» Comme notre compatriote, les commerçants sont nombreux à passer par une phase de blues actuellement, face à un avenir incertain dicté par le coronavirus...