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Compensation, pensions et salaire minimum : Les syndicats satisfaits mais…

Atma Shanto, Jane Raggoo et Rashid Imrith ont participé aux comités tripartites.

Une quinzaine s’est à peine écoulée depuis la formation du nouveau cabinet ministériel que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, affirme que «plusieurs engagements présentés dans le manifeste électoral» ont été respectés. Le vendredi 29 octobre, entouré de ses ministres, il a, en personne, annoncé le quantum de la compensation salariale ainsi que le nouveau barème du salaire minimum.

 

À partir de janvier, les travailleurs touchant moins de Rs 50 000 recevront ainsi Rs 300 de plus sur leur salaire comme compensation. «Nous avons décidé d’accorder cette somme malgré un taux d’inflation de 0,5 % cette année.» Par ailleurs, le salaire de base grimpe à Rs 10 200, alors que la pension pour les personnes de plus de 60 ans passe, elle, de Rs 6 210 à Rs 9 000, comme annoncé pendant la campagne électorale.

 

Du côté des syndicalistes, l’annonce a eu un petit effet de surprise. À la fin de la réunion tripartite qui avait pris fin quelques heures plus tôt, ils étaient tous remontés contre le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, qui avait proposé une compensation de Rs 200. Les représentants syndicaux avaient alors réclamé une réunion urgente avec le Premier ministre. La surprise est survenue lorsque celui-ci a fini par annoncer la somme de Rs 300 lors de la conférence de presse.

 

Jane Raggoo de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) se réjouit du montant accordé. «Je suis contente de voir que le PM a été à l’écoute. La CTSP ne regarde pas uniquement la compensation de manière isolée mais dans sa globalité.» D’ailleurs, la syndicaliste ne cache pas son enthousiasme en ce qu’il s’agit du salaire minimum. «Nous avons lutté avec la grève de la faim pour l’introduction du minimum wage. Aujourd’hui, nous sommes satisfaits. Ceux qui se trouvent au bas de l’échelle ont plus de chances de sortir de la pauvreté. Je trouve que c’est extraordinaire. Le pays progresse petit à petit.»

 

Par contre, c’est un engouement qu’Atma Shanto, de la Fédération des Travailleurs Unis (FPU), est loin de partager. Selon lui, le gouvernement aurait pu mieux faire. «Nous devons comprendre les conditions dans lesquelles les discussions ont eu lieu. Je ne suis pas d’accord avec ce taux d’inflation à 0,5 % car il ne reflète pas la réalité.» Alors que la FPU avait proposé une somme de Rs 850 comme compensation, les Rs 300 accordées ont un goût quelque peu amer. «Notre proposition était basée sur l’érosion du pouvoir d’achat et les augmentations sur le marché. Les travailleurs attendaient mieux que ces Rs 300. Pour moi, il ne fait pas de justice sociale. Le gouvernement aurait pu faire mieux.»

 

Pour Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public, ce n’est ni la déception ni la joie. «Je ne suis pas totalement satisfait mais c’est toujours mieux que la proposition initiale du gouvernement.» Celle-ci avait suscité la déception des syndicalistes présents à la réunion. Heureusement, poursuit-il, c’est un autre montant qui a été finalement annoncé. Si c’est la fin du comité tripartite, ce n’est pas pour autant, lance le syndicaliste, la fin des discussions. «Il y a une distorsion dans la relativité du salaire qui a été causée avec l’implémentation du salaire minimum. Nous attendons le rapport intérimaire du PRB avant d’aller de l’avant.» Pour le moment, Rashid Imrith se réjouit de l’augmentation du salaire minimum qui résulte, dit-il, d’une lutte acharnée des syndicalistes.

 


 

Les craintes de Business Mauritius

 

Le patronat avait proposé une compensation salariale de Rs 180. Face aux Rs 300 accordés par le gouvernement, Business Mauritius, qui regroupe 1 200 entreprises mauriciennes, craint que cela va créer un écart encore plus grand entre la compétitivité des entreprises et la progression des salaires. S’ils sont pour un développement inclusif, ils estiment cependant faire face à trop de difficultés engendrées par les mesures du Workers’ Rights Act, la révision des Remuneration Orders, et le salaire minimum. Aujourd’hui, Business Mauritius réclame que «des mesures concrètes soient mises en place afin d’atténuer l’impact de cette nouvelle surcharge sur les entreprises – surtout pour celles qui sont dans des secteurs en difficulté – pour le maintien et la création d’emploi.»

 


 

Les autres augmentations

 

Ceux âgés entre 90 et 99 ans recevront désormais Rs 16 710 alors que les centenaires percevront une pension de Rs 21 710. L’allocation pour les veuves et les invalides passe à Rs 9 000. Les orphelins de moins de 15 ans, et qui ne vont pas à l’école, toucheront Rs 5 000. Ceux qui sont scolarisés, par contre, recevront Rs 7 000. Par ailleurs, le paiement de la hausse salariale de Rs 1 000 accordée aux fonctionnaires en attendant la publication du rapport du Pay Research Bureau a été entériné. Tout comme le paiement du Work Performance Bonus pour les officiers de police, de prison, les pompiers et les officiers des Rehabilitation Youth Centers.