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Comment j’ai profité de mon congé de paternité rallongé

De plus en plus de firmes locales procèdent à l'allongement du congé de paternité. Deux papas racontent cette période très spéciale pour eux...

C’est considéré comme un levier pour l’égalité hommes-femmes au sein de la famille et dans le monde du travail... Mais c’est surtout considéré comme une occasion de faire connaissance avec l’enfant qui vient de naître, d’en prendre soin et de créer un lien d’attachement avec lui.

 

Le congé de paternité, même s’il n’est pas très souvent mis en avant, tend à séduire davantage de papas, comparé à quelques années de cela. Ainsi, de plus en plus de firmes locales, mesurant l’importance de l’implication du père tout de suite après l’arrivée d’un enfant dans la famille, ont procédé au doublement du congé de paternité légal qui passe à dix jours contre les cinq prescrits par la loi. Parmi les dernières compagnies à avoir introduit cela il y a deux semaines : le Groupe Medine qui, en sus d’avoir étendu le congé de maternité rémunéré de ses employées de 14 à 20 semaines, a aussi pensé à ces messieurs en leur octroyant cinq jours de plus que ce que prévoit la loi. Cette nouvelle politique, explique la compagnie, «a pour but de soutenir les employés du groupe et de permettre aux parents de profiter de l’arrivée de leur enfant dans les meilleures conditions».

 

Avec son épouse, Oliver Vaulbert, Landscaping Manager, Agriculture, Medine, fait partie de ceux ayant bénéficié de la décision du groupe d’étendre le congé de maternité et paternité. «Ma femme Michèle et moi avons accueilli notre deuxième enfant, Maeva, pendant le mois de mars. Cette nouvelle mesure m’a permis de passer plus de temps avec ma famille et de prolonger ma présence à la maison post-accouchement. Les premières semaines après la naissance d’un bébé sont une période d’adaptation pour tout le monde ; nouveau rythme, nouvelles habitudes, entre autres. C’est une phase importante qui permet de construire un lien avec bébé et d’apprendre à le connaître», nous confie Oliver Vaulbert, pour qui ce congé se révèle aussi important que celui accordé à la maman. «J’ai décidé de prendre mon congé de paternité dès que mon épouse est sortie de la maternité afin de l’aider et la soutenir, ainsi que pour profiter à fond de ces moments précieux avec notre nouveau-né. Cela m’a aidé à m’investir davantage dans mon rôle de père. La parentalité, c’est avant tout un travail d’équipe, tant au niveau des soins à prodiguer au bébé que des tâches ménagères, de l’organisation des repas ou des courses à faire pour la maison. Mon épouse était très fatiguée et mon rôle était de la soutenir, par exemple en la laissant se reposer après l’allaitement pour lui permettre de récupérer plus facilement. Je prenais donc le relais en aidant bébé à faire son rot, en m’occupant du change, etc.»

 

 

«Mon épouse était très fatiguée et mon rôle était de la soutenir, par exemple, en la laissant se reposer après l’allaitement pour lui permettre de récupérer plus facilement», nous confie Oliver Vaulbert, qui est ici avec ses deux enfants, dont sa petite dernière, Maeva.

 

C’est donc en s’épaulant mutuellement que le papa et la maman ont fait que les premiers jours de bébé se passent bien à la maison. «Cette période était également importante pour pouvoir prendre soin de mon fils aîné afin qu’il ne se sente pas négligé. Toute l’attention est dirigée vers le nouveau-né mais il ne faut pas que le grand se sente délaissé. Nos animaux de compagnie, qui font également partie de la famille, avaient également besoin d’un peu d’attention. Le fait que Medine ait étendu le congé de paternité et maternité reflète l’ambition du groupe de soutenir ses employés, notamment les jeunes parents dans ce cas-ci», ajoute Oliver Vaulbert, en revenant sur ce moment qui lui a été précieux à bien des niveaux et qui a permis à sa famille d’accueillir comme il le faut la petite Maeva, qui est venue compléter leur bonheur.

 

«L’égalité des genres»

 

Le congé de paternité n’est toutefois pas un réflexe pour tous, à Maurice comme ailleurs. Selon une récente étude du Céreq, publiée il y a quelques semaines en France, tous les papas n’y ont pas recours et cela, même si la loi leur permet de profiter de ce congé spécifique pour s’occuper de leur nouveau-né.

 

Le Groupe MCB, sur le plan local, incite les pères à y recourir. Dans le cadre de son programme de développement durable, Success Beyond Numbers, l’établissement souhaite ainsi renforcer sa position sur l’égalité des genres, qu’il considère être un vecteur essentiel d’émancipation sociale et, par extension, du développement économique du pays. Ainsi, le groupe a procédé, l’année dernière, au doublement du congé de paternité légal qui est passé à 10 jours – y compris pour les pères non-mariés.

 

Employé là-bas, dans la branche Corporate and Social responsibility, Jérôme Labelle trouve que ce temps accordé aux papas a toute sa raison d’être. «J’ai deux enfants, deux fils âgés respectivement de deux ans et demi et d’un an et demi, et dans les deux cas, j’ai profité à fond de mes congés de paternité. Il faut savoir qu’à l’époque, je n’avais eu droit qu’à cinq jours de congé pour les deux fois mais j’avais jugé important d’accoler des local leaves à ces cinq jours car pour moi, ce temps est important pour le couple afin de trouver son équilibre après une naissance mais aussi de favoriser ce bonding avec l’enfant», souligne Jérôme Labelle.

 

«On se partageait les tâches. Kann enn pe donn bibron, lot pe tir gaz. C’est définitivement un travail d’équipe», raconte Jérôme Labelle, qui pose ici avec ses deux fils.

 

«Pendant la période de convalescence de la maman après l’accouchement, je trouve que la présence du papa est primordial. J’estime que c’est un moment privilégié qu’on se doit de vivre à fond, déjà pour créer un lien avec l’enfant mais aussi pour s’adapter aux changements qui viennent après une naissance. Pour le papa aussi, il faut un temps d’adaptation, qu’il soit physique, émotionnel ou mental. Dans une des deux situations que nous avons vécues avec mon épouse, il y a eu une naissance par césarienne et dans ce cas, je me suis investi pour prendre le relais quand elle se reposait, notamment le soir. En plus, dans notre cas, il y avait notre aîné qui était encore bébé aussi. On se partageait les tâches. Kann enn pe donn bibron, lot pe tir gaz. C’est définitivement un travail d’équipe. Le congé de paternité est assurément bénéfique pour le couple et pour faciliter ce lien créé entre le père et l’enfant qui vient de naître...»

 

Jérôme Labelle encourage ainsi tous les pères à vivre au maximum leur congé de paternité et les entreprises à suivre le pas en accordant un peu plus de temps aux papas pour qu’ils puissent aider et cheminer avec la maman dans les premiers jours de bébé à la maison...