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Circle of wisdom : Cycle menstruel : pour se reconnecter à soi

Megha Venkatasamy parle d’un phénomène lié à la nature et aux saisons.

Le maladi madam renferme de sacrés pouvoirs ! Pour les connaître, il faut s’arrêter, oublier les idées reçues…

De la magie. Une question de corps, d’émotions, de cycle. De belles choses à découvrir et à réaliser. C’est la magnifique découverte du moment, celle qui donne envie de s’arrêter et de se poser les questions, qu’on soit femme ou pas (ça devrait aussi intéresser les hommes !).  Dans quelques jours, l’atelier sur le cycle menstruel revient (oui, on y parle de règles, mais pas que) et c’est le moment d’apprendre à mieux connaître le fonctionnement de son corps ou celui de sa conjointe, sœur, amie, fille… Une bonne résolution à prendre en marge de la Journée internationale de la femme, observée le vendredi 8 mars, non ? Car la beauté du maladi madam permet de redécouvrir la puissance du genre féminin et, plus intimement, de se comprendre et de saisir ce qui se passe à l’intérieur pendant, après et avant la vague rouge… et d’en tirer le maximum (oui, c’est possible !).

 

Après un temps infini de dénigrement, des «ayo malprop sa», le cycle menstruel s’offre un retour, grâce au pouvoir des femmes qui ont décidé de briser le tabou. Nous en sommes aux balbutiements : dans de nombreuses régions du monde –mais pas partout, il faut le préciser –, les règles sont toujours très mal considérées. Celles qui saignent sont bannies : comme au Népal où, récemment, une jeune fille est morte durant le chaupadi (l’exil menstruel). D’ailleurs, il y a quelques jours, Period. End Of Sentence a obtenu un Oscar dans la catégorie Best Short Documentary. Depuis quelque temps déjà, Megha Venkatasamy organise des sessions sur les menstruations cycle dans le cadre de ses Circle of Wisdom. Et lors de ces rencontres, on en apprend des choses ! Et il n’est pas question d’hygiène. «Pour les notions de base, il me semble que la majorité des femmes les connaissent», explique-t-elle.

 

Alors, de quoi parle-t-on dans ces rencontres assez spéciales ? D’abord, du rapport au corps, compliqué pour les femmes : «Il y a toujours quelque chose qui ne va pas dans son apparence.» Et de ce besoin de se réconcilier avec ce qu’elles sont et avec leur cycle menstruel. Pour y arriver, explique Megha Venkatasamy, il sera question de «remembering, reclaiming et rewriting» pour dénouer le fil tenu des pensées qui font croire que les règles sont sales et pour reconstruire une connaissance qui viendra tout illuminer. Pour briller au-delà d’une société patriarcale qui a freiné «the woman’s body celebration» : «On utilise le corps des femmes contre les femmes.» Et qui a édicté des règles insensées qui font des periods un moment anormal : «C’est comme la notion de virginité ? Dans l’antiquité, la vierge est simplement la fille qui a ses règles. C’est tout. Donc, toutes les femmes sont des vierges.»

 

Comprendre son corps

 

À une époque où le saignement féminin était vu comme quelque chose de magique, il s’est emparé des langues et en a coloré les notions : «En Polynésie, le terme tapua renvoie aux règles et signifie : sacré, petite sœur. En français, on dit bien règle, ce qui sous-entend, les règles de la nature. En latin menses, veut dire mois. En sanskrit, le ritoo parle de rituel, dans ce que cela implique de changement, d’un état à un autre.» Pour revenir à l’essentiel, à la base de tout, au cœur des choses, il faut s’ouvrir, apprendre, comprendre : «Avant, il n’y avait pas de lumière artificielle, c’est autour de la lune que se vivait le cycle.» Dans les sociétés indigènes, chez les Amérindiens, par exemple, le temps des lunes était un super moment pour les femmes. Elles se retrouvaient dans leur Moon Lodge pendant leurs règles. Des périodes, extrêmement respectées par toute la communauté, où les femmes voyaient le futur. Et ce savoir ancestral, celui qui parle des cycles, de la nature, du recommencement, est toujours d’actualité aujourd’hui. Ces informations ne sont pas une nouvelle science : «C’est une sagesse qui vient de très loin.» De l’hiver à l’été, de la chaleur à l’envie de se renfermer, c’est au gré de la notion des saisons que la femme vit son cycle menstruel, explique Megha Venkatasamy. Et les énergies qui accompagnent ces moments de vie ne sont pas toujours les mêmes… tout comme dans l’univers.

 

Comprendre ces énergies, c’est comprendre son corps et ses états d’âme et donner la possibilité d’être en phase avec son être. Et de réaliser des choses au moment le plus propice ! Alors Megha Venkatasamy nous a décrit ces quatre moments pour les découvrir et les vivre pleinement. C’est magique !

 

Le printemps. Après les règles et avant l’ovulation. C’est un moment de douce lumière, explique Megha Venkatasamy : «Il y a un regain d’énergie, une envie de sortir, de s’embellir. Mais aussi de couleurs. D’apprendre et d’explorer le monde.» Tournée vers l’extérieur, la femme s’intéresse aux autres et s’organise, fait le plein d’idées, d’envies et de projets.

 

L’été. Phase ovulatoire. «C’est le temps de la récolte. C’est estival, c’est le festival», précise Megha Venkatasamy. Il faut en profiter pour mettre des choses en place, pour communiquer avec les autres : «On a besoin d’eau, d’écouter son cœur…»

 

L’automne. La phase prémenstruelle. Le corps produit la progestérone et des œstrogènes. Et le corps se prépare à l’hiver : «Ça se fait progressivement. C’est une période de réflexion, on se pose de nombreuses questions.» Peut-être un peu trop. La remise en question fait partie de ce moment particulier, mais il faut s’y faire et en être consciente. Il est aussi question d’envie d’enseigner, de partager : «Ce qu’on a appris, on a besoin de le transmettre.»

 

L’hiver. Le temps du saignement. «C’est un repli, c’est le slow down. On saigne, la façon de se nourrir change. C’est le moment de prendre son temps.» Un rythme différent que le corps demande et qu’il faut essayer de lui offrir : «Même si les vies que nous menons ne nous donnent pas forcément cette possibilité-là. Mais il faut être à l’écoute de son corps et l’entendre.» C’est aussi le temps d’une libération d’énergie, d’une décharge de chaleur, d’une purification. Mais aussi le temps de la «no-nonsense woman» : bizin vinn kare-kare.