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Christiane Pasnin : «Que les enfants aient des droits ne diminue en rien l’autorité des parents»

Le mardi 20 novembre, dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’enfant, Caritas Lacaz Lespwar Solitude organise une réflexion autour des droits de l’enfant de 15 heures à 17 heures, au centre. Des ateliers pour les adultes et les enfants sont prévus pour l’occasion. Parole à la coordinatrice de l’organisme.

En tant que directrice de Caritas Lacaz Lespwar Solitude, que représente la Journée internationale des droits de l’enfant pour vous ?

 

Caritas, dans sa vision de lutter contre la pauvreté, a pour mission de travailler pour le développement intégral et intègre de la personne. Pour moi, l’enfant est une personne à part entière. La Convention internationale des droits de l’enfant est comme un guide dans ma mission d’accompagnement des familles et rappelle aux adultes que les enfants ont des besoins et des droits. Nous avons le devoir et la responsabilité de les écouter, les respecter, les protéger et les aimer.

 

Quel est votre avis sur la situation des enfants actuellement dans le pays ?

 

Je constate qu’il y a beaucoup de violence envers les enfants et entre les enfants eux-mêmes. Certains souffrent de violence verbale et physique à l’école, violence qui est subie par d’autres élèves, et à la maison. Ils ne sont ainsi plus protégés. Malheureusement, des adultes se servent de la vulnérabilité des enfants, de la situation de pauvreté dans laquelle ils se trouvent, pour les impliquer dans des délits de vol et des trafics de drogue, quand ils ne sont pas eux-mêmes des victimes, notamment lorsqu’ils se trouvent dans l’enfer des drogues de synthèse. Il y a aussi la violence sexuelle qui, bien souvent, passe sous silence.

 

La triste histoire de Ritesh Gobin, 11 ans, égorgé par Rakesh Tetree, un ami de son père, a ému beaucoup de Mauriciens. Quel est votre avis sur ce drame ?

 

J’ai été, comme tout le monde, très attristée. Un enfant est mort et une sœur a perdu son frère. Je pense que les autorités concernées doivent revoir leur système de protection et de sécurité de l’être humain, avec des mesures d’accompagnement des victimes de brutalités. Cela doit être une priorité d’avoir une cellule d’écoute et d’information. En cette période de vacances scolaires, les enfants sont à risques. Je pense aux parents qui travaillent, à ceux qui n’ont pas les moyens de payer quelqu’un pour garder leurs enfants qui sont parfois livrés à eux-mêmes. J’ai peur pour eux.

 

Présentez-nous le centre Caritas Lacaz Lespwar de Solitude…

 

Le centre Caritas Lacaz Lespwar de Solitude existe depuis huit ans. C’est un projet de développement communautaire. Nous avons plusieurs services pour accompagner les familles vulnérables. L’un d’eux est pour les enfants qui vivent dans des situations difficiles. Ce service vise à les encourager à être présents à l’école. Nous leur proposons ainsi un service de petit déjeuner et déjeuner. Nous avons aussi une boutique solidaire pour des familles à faible revenu, un jardin communautaire pour les femmes en situation de détresse, un espace de parole, Lacaz Zen, pour les ados, un service de counselling, et un centre d’éveil pour les enfants de 2 ans dans un espace sécurisant. Nous proposons, en outre, des activités extrascolaires, des cours de chant, de boxe, de l’accompagnement scolaire pour les enfants, ados, adultes et aussi une aide d’accompagnement pour des problèmes de logement. Nous fonctionnons avec le CSR, les donateurs individuels et les bénévoles qui viennent partager leurs connaissances et leur savoir-faire avec nous.

 

Comment le centre aide-t-il les enfants par rapport à leurs droits ?

 

Nous en parlons avec eux. Nous leur parlons de leurs droits et de leurs responsabilités. À Lacaz Zen, il y a un espace dédié à la parole. Les enfants ont eux-mêmes aménagé cet espace avec des palettes. Ils sont eux-mêmes responsables de la clé et du rangement. Nous organisons avec eux des activités durant les vacances. Et concernant le droit au respect, nous organisons régulièrement des rencontres de formation sur le respect de leur corps, entre autres. Nous accueillons tous les enfants.

 

Dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’enfant, vous organisez des ateliers pour les adultes et les enfants. Pourquoi une telle initiative ?

 

Que les enfants aient des droits ne diminue en rien l’autorité des parents. C’est plus une force pour que tous les membres de la famille vivent heureux. Nous voulons d’un moment pour partager sur les droits des enfants avec tous les membres de la famille.

 

Pour l’occasion, vous prévoyez des réflexions autour des droits des enfants. Pourquoi ?

 

Nous travaillons sur trois droits notamment : le droit aux logements, le droit d’expression et le droit à l’éducation. C’est à travers des rencontres avec les enfants et les ados que nous avons choisi ces droits. Par exemple, nous pensons nous attarder sur le droit aux logements parce que certains enfants qui viennent au centre vivent dans des situations de précarité et des logements sociaux NHDC avec une seule chambre. Ils n’ont ainsi pas de place pour apprendre. Cela peut avoir un impact sur leur développement. C’est la même chose concernant les deux autres droits que nous comptons aborder.

 


 

Bio express

 

Christiane Pasnin a grandi dans une famille modeste à Triolet. Elle a arrêté ses études après avoir échoué aux examens de Form V . «À 17 ans,  j’ai  commencé à travailler dans le textile. J’ai bossé comme machiniste, superviseur, ouvrière, bonne et baby-sitter.» En parallèle, elle s’engage au niveau de sa paroisse auprès des enfants et au niveau de son quartier auprès des jeunes. «J’ai été aussi engagée dans le service de Caritas petit déjeuner avec les volontaires de la communauté.»

 

Des années plus tard, à l’âge de 43 ans, elle a l’idée de lancer le projet Lacaz Lespwar. «J’ai alors quitté mon travail et j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont fait confiance et m’ont écoutée.» La Fondation CIEL Nouveau Regard, notamment, lui fait confiance. Christiane reprend alors ses études grâce à Rogers qui la sponsorise pendant trois ans au Charles Telfair Institute, dans la filière Community Services.

 

«Grâce aux terrain que Terra nous a donnés, nous avons mis en œuvre plusieurs services afin de répondre aux besoins de la communauté.» Aujourd’hui, Christiane est la responsable du centre, avec toute une équipe. «J’essaie de vivre et de mettre en pratique ce que j’ai appris.»