• Diabétiques : quelques conseils pour un hiver sans souci
  • Association féminine pour saisir l’avenir : un engagement citoyen et solidaire
  • Jocelyn Chan Low : «La jeune génération, sans doute en raison d'un avenir plus qu'incertain, est plus encline à contester le statu quo»
  • Accusé d’avoir comploté pour faire braquer la bijouterie de son époux - Reeta Moosahur : «Enn polisie inn zwe enn move rol ek mwa»
  • À ne pas rater : et de deux pour des grosses séries à venir !
  • Atypik Cafe : les «nanas» pas comme les autres d’Axel Surette
  • Accidents fatals à Belle-Vue Maurel, Sainte-Croix et Mahébourg : douleur et stupeur après la mort tragique de quatre personnes âgées
  • Héroïne, haschisch, cannabis… : une semaine riche en saisies
  • REVOLT : trois line ups pour un album métal
  • Priyadharshini Radha : d’amour et de pâtisserie

Cherté de la vie : quand le budget des associations explose

De nombreux Mauriciens comptent sur les distributions de repas.

Le coût de la vie a des répercussions sur tout le monde. Parmi, les ONG qui préparent et distribuent des repas chauds aux personnes dans le besoin. Entre l’augmentation du nombre de bénéficiaires et la flambée des prix, elles sont en mode «kase ranze». 

Difficile. Compliqué. Décourageant. Ce sont les mots qui reviennent dans la bouche des Mauriciens lorsqu’on évoque le coût de la vie. La perte du pouvoir d’achat affecte tout le monde, particulièrement ceux de la classe moyenne et ceux se trouvant au bas de l’échelle. La crise économique qui a entraîné la flambée des prix au niveau des produits de consommation plonge de nombreuses familles dans la détresse. Si pour beaucoup, vivre confortablement est devenu difficile, pour d’autres, c’est manger à sa faim qui n’est plus possible. D’ailleurs, selon les derniers chiffres disponibles, 2 511 nouvelles familles, dont les revenus ne dépassent pas Rs 10 500, ont intégré le registre social de Maurice. Actuellement, 4 572 familles y sont enregistrées, ce qui fait un total de 17 284 bénéficiaires. Beaucoup d’entre elles comptent sur les donations de denrées alimentaires et les distributions de repas chauds pour pouvoir s’en sortir.

 

Aujourd’hui, de nombreuses associations, mais aussi des groupes de volontaires, s’unissent pour offrir de quoi manger aux nécessiteux. Cependant, avec le coût de la vie qui a grimpé en flèche, assurer ce service n’est pas une mince affaire. Il faut jongler entre le nombre de bénéficiaires qui augmente, celui des sponsors qui baisse et la montée des prix. Ce n’est pas Richemond Bigaignon qui dira le contraire. Président de l’association Lumière d’Espérance, qui offre des repas chauds deux fois la semaine dans la région de Beau-Bassin, il concède que la situation est loin d’être idéale. «C’est un gros problème. Nous assistons à une augmentation du nombre de bénéficiaires. Certains nous demandent même de les aider avec des provisions, tant c’est difficile. Nous offrons 225 repas par jour, deux fois la semaine. Une boîte de Glenrick se vend à Rs 95, vous imaginez ? C’est compliqué, surtout avec les donateurs qui sont rares.» Heureusement, poursuit-il, l’association arrive encore, tant bien que mal, à s’en sortir.

 

Avec son équipe, Krishna Appadoo, qui a créé la Krishna Benevolent Society, offre aussi régulièrement des repas chauds aux personnes dans le besoin. «La classe moyenne est en train de disparaître. Ceux qui sont riches deviennent plus riches et ceux qui sont pauvres encore plus pauvres.» Pour aider du mieux qu’ils peuvent, les bénévoles contribuent tous à leur façon. «Si chacun d’entre nous contribue Rs 200, nous pouvons préparer de la nourriture pour 200 personnes.» Cependant, avec la hausse des prix des produits de consommation, le budget est vite explosé. «Nous scrutons les promotions pour pouvoir avoir le maximum d’ingrédients à moins cher. Si les supermarchés pouvaient trouver un moyen d’aider les associations, ça nous soulagerait, je pense.»

 

Baisse des donateurs

 

Pour préparer les repas, il faut des provisions et de la main-d’œuvre mais aussi du gaz ménager et de l’essence. Les deux dernières augmentations n’arrangent en rien les choses et ont un impact sur le déroulement des opérations, explique Diana Flore, responsable de La Tonnelle, qui offre des repas aux Mam San Baz dans Port-Louis. Si le groupe accueillait auparavant entre 250 à 300 bénéficiaires, aujourd’hui, le nombre est divisé par deux. Au lieu de ça, le déjeuner et le dîner sont offerts le dimanche. «On arrive à maintenir les repas chauds mais avec des changements. Nous préparons les repas et allons les distribuer là où les SDF se trouvent. Nous avons besoin d’un peu plus de main-d’œuvre. Nous devons prendre le transport et rouler dans la capitale pour les trouver et leur donner leur repas. Avec la dernière augmentation du prix de l’essence, ce n’est pas évident.»

 

En effet, la montée des prix, principalement au niveau de l’alimentation, engendre quelques difficultés qu’il leur faut surmonter. «Les volontaires contribuent. On reçoit aussi de temps en temps des donateurs. Certains viennent avec des repas déjà préparés, d’autres nous donnent un budget. Quand on va au supermarché acheter les provisions, c’est sûr que ce n’est pas suffisant. Nous faisons un peu comme la cigale et la fourmi. Nous avons reçu des dons, principalement des grains secs et des boîtes de conserves, que nous utilisons avec soin. Nous comptons aussi sur les dons de certaines familles. Deux paquets de lentilles par-ci, deux boîtes de conserves par-là et nous arrivons à nous débrouiller.»

 

Au sein de l’association M-Kids, la hausse des prix se fait aussi ressentir. L’ONG offre quotidiennement, tous les jours de l’année, des repas chauds pour le dîner à 70-80 enfants. Tous les mois, des bons d’achats sont aussi distribués aux familles pour qu’elles puissent s’acheter des provisions. «Nous avons pas mal de difficultés depuis que la Covid-19 est arrivée. Cependant, nous continuons à tout faire en allant frapper à toutes les portes pour pouvoir maintenir nos actions», lance l’imam Arshad Joomun, directeur de l’ONG. «Les donations se font rares parce que tout le monde souffre de la hausse des prix. Il y a beaucoup de familles qui se retrouvent en difficulté. Il y a beaucoup de stress parce qu’on n’arrive plus à faire rouler la cuisine. Il y a des enfants qui vont à l’école avec dipin-diber. Ils ne mangent plus de fruits ni de yaourts parce que c’est cher.»

 

C’est donc dans ce contexte difficile qu’il est d’autant plus important, poursuit l’imam, de continuer à apporter aide et soutien aux familles dans le besoin.