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Cette réforme électorale qui passionne

«Je félicite cette importante mesure législative. Nous assistons à un moment historique. C’est la première fois en 50 ans, depuis l’Indépendance, qu’un gouvernement propose une réforme électorale.» C’est en ces termes que Fazila Jeewa-Daureeawoo, Vice-Première ministre et ministre de l’Egalité des genres a commencé son intervention, le samedi 8 décembre. Cela, dans le cadre des débats sur la réforme électorale qui se sont poursuivis au Parlement. «Il n’existe pas de système électoral parfait, où que ce soit dans le monde, comme l’a dit, à juste titre, notre très honorable Premier ministre», a-t-elle rajouté.

 

La veille, Pravind Jugnauth, le Premier ministre et ministre des Finances a donné le coup d’envoi des débats sur le Constitution Amendment Bill. «Il est grand temps pour Maurice de proposer une réforme électorale», a-t-il déclaré. Pravind Jugnauth a aussi ajouté que la réforme électorale proposée par son gouvernement était la plus appropriée au contexte mauricien et qu’elle continuerait à garantir la stabilité politique et sociale. Il a conclu en invitant l’opposition à se ranger du bon côté de l’Histoire.

 

Lors de son intervention, Pravind Jugnauth a souligné qu’après 50 ans d’Indépendance, le temps était venu d’en finir avec le communalisme institutionnalisé dans la Constitution. Selon lui, cela passerait par l’élimination du Best Loser System (BLS) et l’obligation à tout candidat aux élections législatives de déclarer son appartenance ethnique. Depuis, les réactions fusent de tous les côtés, au Parlement comme ailleurs. C’est particulièrement, les Additionnals Seats, entre 6 et 10 élus, décidés par les leaders politiques qui poseraient problème.

 

Le leader du MMM, Paul Bérenger, qui intervenait samedi, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, s’est bien évidemment attardé sur cette brûlante actualité : «Le gouvernement n’aura pas une majorité de trois-quarts. Je me rends compte que c’était le but du gouvernement de donner un semblant de réforme». Selon lui, le Premier ministre et le ministre mentor avant lui, n’avaient aucune intention de venir de l’avant avec une proposition qui avait la chance de passer avec une majorité de trois-quarts. «Je déplore aussi le refus de rendre public le rapport de la commission électorale. L’arrogance et le ton adoptés par Pravind Jugnauth sont inacceptables. Le gouvernement le paiera très cher», a déclaré Paul Bérenger. Quelques heures plus tôt, lors de son intervention au Parlement, il a ainsi précisé que le MMM est contre les propositions du gouvernement et que son parti n’allait pas voter en faveur de la réforme proposée. Sur le volet concernant le Best Loser System, il a affirmé que le rôle d’un leader, c’est de rassurer ceux qui ont peur : «Les propositions de l’alliance MMM/PTr étaient mieux ; je ne dis pas qu’elles étaient parfaites, mais mieux.» 

 

Adrien Duval, député du PMSD, s’est aussi exprimé sur l’augmentation du nombre de députés à l’Assemblée. «Relever le nombre de députés de 70 à 85, soit un pourcentage de 21 %, est sans doute une proposition nonsensical. Nous avons déjà 70 députés pour une population de 1,3 million d’habitants, soit un député pour 18 000 habitants. En Inde, il y a 545 députés pour 1,3 milliard d’habitants, alors qu’en Australie, il y a 150 députés pour 24,6 millions d’habitants, soit un député pour 160 000 habitants. Les chiffres parlent d’eux-mêmes», a-t-il souligné, entre autres réactions. Lors d’un rassemblement à La Louise, le vendredi 7 décembre, Navin Ramgoolam, le leader du PTr, s’est lui aussi exprimé sur le sujet  : «Li inakseptab sa reform elektoral la.»