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Ces Mauriciens au Qatar : le privilège d’assister à un événement mondial

Ils sont aux premières loges. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir la chance d’assister à une Coupe du monde, sauf bien sûr si on a les moyens de se payer le déplacement, les frais d’hébergement et le billet pour assister à un match. Une opportunité que ne peut s’offrir qu’une petite minorité. 

Pour le reste, on suit la compétition dans les médias et sur les réseaux sociaux. Et puis, il y a ceux qui ont l’opportunité de résider dans le pays organisateur. Une aubaine inespérée et qui représente la chance de toute une vie. Encore faut-il avoir les moyens, sans compter que cette grand-messe du football a lieu uniquement tous les quatre ans.

 

Ceux qui sont sur place peuvent se réjouir de pouvoir vivre en «live and direct» l’un des plus grands rassemblements sportifs de la planète. L’ex-haltérophile et multiple championne mauricienne, Roilya Ranaivosoa, et Vanessa Bignoux, une mère de famille mauricienne qui vit au Qatar, ont la chance de faire partie de ces privilégiées. Sollicitées par 5-Plus dimanche, elles nous parlent de leur expérience.

 

Roilya Ranaivosoa : «C’est top comme ambiance»

 

Cela fait un an que la Mauricienne Roilya Ranaivosoa a posé ses valises au Qatar. La multiple championne d’Afrique d’haltérophilie, qui a récemment mis un terme à sa carrière sportive, s’y est installée en quête d’une nouvelle opportunité. Résidant à Lusail, la ville où se jouera la finale de la compétition, celle qui travaille comme coach personnel au Dynamik Gym constate que le pays s’est métamorphosé ces dernières semaines, et a déjà la tête au Mondial.

 

«Il y a quelques semaines, on ne sentait pas encore cette ferveur. Les gens vaquaient à leurs occupations normalement, sauf en centre-ville, où on avait commencé à habiller certains bâtiments aux couleurs de l’événement. Mais à mesure que nous nous approchions du jour J, les choses évoluaient. Ils ont commencé à mettre en place leurs systèmes de sécurité avec les déviations des routes et autres dispositifs visant à s’assurer que l’événement se déroule sans anicroche. Le chemin que j’avais l'habitude d’emprunter n’est accessible qu’à ceux qui se rendront au stade. Pour ma part, je dois faire un détour pour aller travailler ou rentrer chez moi», relate Roilya Ranaivosoa.

 

Elle a aussi remarqué que les centres commerciaux ont commencé à rester ouverts jusqu’à 2 heures du matin, tout comme les gyms, depuis un certain temps. 

 

«C’est très animé, c’est très décoré, il y a des festivités et d’autres événements un peu partout, c’est super top comme ambiance. On sent qu’il y a un grand événement. Les pays participants sont là, il y a pas mal de touristes, c’est très vivant jusqu’à 3-4 heures du matin et ça va durer jusqu’à la fin. En quelques jours, tout a changé, les rues sont très fréquentées, c’est super de voir les gens sortir. Même les petits magasins et les maisons sont décorés aux couleurs du Mondial. C’est joli à voir», commente l’ex-sportive.

 

Après un an passé dans la péninsule arabique, la Curepipienne s’est imprégnée de la vie qatarie. Celle qui travaille exclusivement avec les femmes qataries conseille à tous ceux qui se déplacent dans ce pays du golfe, petit État du Moyen-Orient, de bien respecter ses lois.

 

«Le Qatar est un pays conservateur mais il y a une certaine tolérance. Les Qataris m’ont très bien accueillie et je me sens très bien ici. Bien sûr, comme dans toute société, il y a des lois à respecter, tout comme les coutumes du pays. L’alcool n’est disponible que dans des lieux spécifiques et on ne badine pas avec la sécurité», conclut Roilya Ranaivosoa.

 


 

Vanessa Bignoux : «C’est la fête»

 

Il y a quatre ans, Vanessa Bignoux est partie rejoindre son époux Hensley, qui travaille comme Flight Engineer chez Qatar Executive. La Mauricienne, mère de quatre garçons, est survoltée à l’idée de pouvoir assister à la Coupe du monde de football.

 

Cette habitante d’Al Wakrah, ville non loin de Doha, s’estime chanceuse de pouvoir vivre ce grand événement une fois dans sa vie. «Nous sommes excités à l’idée de pouvoir vivre un moment pareil. L’ambiance est à la fête. Les gens sont très enthousiastes et attendent le début de la compétition. Il y a de l’animation un peu partout, et les gens dansent pour célébrer ce moment. Il y a plusieurs endroits qui ont été décorés pour nous rappeler que nous assistons à une Coupe du monde. Sans compter la vente des T-shirts, fanions et autre accessoires des pays participants. Ils ont même avancé les vacances scolaires pour que l’événement et toutes les manifestations qu’il y a autour ne perturbent pas les classes», déclare Vanessa Bignoux.

 

Profitant de la venue de cette échéance, Vanessa Bignoux a réussi à s’offrir un ticket pour les rencontres de phase de groupe. Même si elle n’est pas parvenue à mettre la main sur un match du Brésil, son équipe fétiche, elle se réjouit d’avoir pu obtenir une place pour celui de l’Australie, pays où plusieurs membres de sa famille résident. Elle sera dans les gradins du stade Al Janoub le 22 novembre pour le duel France-Australie. Elle est également sur la liste d’attente des volontaires pour le Mondial et peut être, à tout moment, appelée par l’organisation pour prêter main-forte lors de l’événement.

 

«J’ai postulé et suivi une formation de volontaire. Il y en avait pour tous les besoins, à savoir l’hospitalité, la billetterie, le transport, la sécurité, c’était très professionnel et incroyable comme expérience. Il y a même eu des exercices de simulation pour parer à toutes éventualités», explique Vanessa Bignoux.

 

Elle se dit impressionnée par le changement qu’a connu son pays d’adoption depuis son arrivée au Qatar, dans le cadre de ce Mondial. «Beaucoup a été fait pour moderniser le pays et en même temps, promouvoir le tourisme dans toute cette partie du globe. Là où il n’y avait que du sable, des bâtiments, des routes et des espaces verts ont surgi. Ils ont même le métro et ont mis en place un système de transport électrique pour véhiculer les gens», commente cette femme au foyer.

 

Elle poursuit en affirmant que ces changements ne concernent pas seulement les édifices mais interviennent aussi dans les mœurs du pays. 15% de la population est qatari, le reste est composé d’expatriés.

 

«La mentalité a évolué, on n’est pas obligé de se couvrir de la tête aux pieds, on est libre de vivre sa vie tout en respectant les coutumes du pays. Pour ce qui est des boisons alcoolisées, c’est disponible dans certains lieux. On n’en trouvera pas dans des supermarchés mais dans des boutiques spécialement dédiées, des restaurants et des points spéciaux mis en place pour le Mondial. Il y a aussi des boîtes de nuits, des happy hours comme partout dans le monde. Evidemment, si vous agissez contre la loi vous aurez des ennuis avec la justice. Les gens ici ne sont pas aussi renfermés que certains veulent le faire croire», conclut notre interlocutrice.