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Boulangers : après les menaces, l’espoir

Le ministre Soodesh Callichurn a enfin accepté de les rencontrer. Les membres de l’Association des propriétaires de boulangeries, eux, ne capituleront pas, disent-ils, avant d’obtenir une augmentation du prix du pain maison. Au cas contraire, ils menacent de ne plus en produire. 

Cela fait des mois qu’ils crient leur désespoir et leurs craintes face à l’avenir. S’ils avaient de grandes attentes par rapport au Budget qui a été présenté la semaine dernière, ils sont tombés des nues en voyant que leur requête pour une augmentation du prix du pain maison, actuellement à Rs 2,60, ou toute autre mesure pour les soulager n’y figuraient pas. Déçus et en colère, ils se demandent aujourd’hui jusqu’à quand ils pourront tenir. 

 

En effet, les boulangers, regroupés au sein de l’Association des propriétaires de boulangeries, qui compte 150 membres, ne cessent de réclamer une augmentation du prix du pain maison, seule solution, selon eux, pour amortir la chute et assurer leur survie. Avec les récentes hausses du prix des carburants, mais aussi celles des matières premières utilisées dans la fabrication du pain, comme les améliorants, le levain, le sel, entre autres, ils disent ne plus pouvoir soutenir le poids du coût faramineux des opérations, qui engloutit les profits et les font rouler à perte.

 

La situation est tellement critique, avancent-ils, que la menace de fermeture est bien réelle. D’ailleurs, jusqu’ici, une dizaine de boulangeries ont, selon le président de l’association, Nasser Moraby, déjà mis temporairement la clé sous le paillasson et d’autres risquent de suivre. Au pied du mur, les boulangers ont plusieurs fois interpellé le ministre du Travail et du commerce, Soodesh Callichurn, réclamant une hausse immédiate du prix du pain maison, requête qui a constamment été balayée d’un revers de la main par celui-ci.

 

Au lieu de cela, le gouvernement a accordé une subvention supplémentaire sur la farine dont le sac de 25 kg est passé de Rs 155,50 à Rs 108,85. Une mesure qui viserait à maintenir le prix du pain, tout en allégeant le fardeau des boulangers. Sauf que, à en croire les principaux concernés, cela ne leur apporte aucun soulagement. Cette subvention leur permet de toucher environ 30 sous sur un pain, somme vite absorbée par les autres dépenses, comme le prix du diesel qui fait tourner leurs fours.

 

Rencontre avec le ministre

 

En l’absence d’une ligne de communication avec le ministre, l’Association des propriétaires de boulangeries avait lancé un ultimatum au gouvernement, annonçant la fermeture des boulangeries pour le 30 juin, si aucune solution n’est trouvée d’ici là. Ils ont d’ailleurs fait part de leur position et de leur requête au Premier ministre qui a reçu une correspondance à ce sujet. Entre-temps, l’ultimatum qu’ils ont lancé a pris une autre forme. S’il n’est plus question de fermeture, les boulangers menacent cette fois de stopper la production des scheduled breads. «Nous allons arrêter de faire du pain maison et les pains contrôlés à partir du 30 juin s’il n’y a aucune solution à nos problèmes. Nous ferons comme les supermarchés et ferons uniquement des pains spéciaux», lance Nasser Moraby.

 

En attendant, il espère vraiment que ses pairs et lui n’auront pas à aller jusque-là. Après avoir, à maintes reprises, sollicité une rencontre avec le ministre, les membres de l'Association des propriétaires de boulangeries ont finalement appris que Soodesh Callichurn acceptait de les rencontrer la semaine prochaine. «Nous avons reçu un mail nous informant qu’une rencontre va avoir lieu dans quelques jours. Nous y allons avec la ferme intention de réclamer la hausse du prix du pain maison. Cela fait 10 ans que le prix du pain est le même. La dernière augmentation remonte à juin 2012. Il faut que le gouvernement comprenne que le pain ne se fait pas uniquement avec de la farine mais avec plusieurs autres ingrédients. Tout a augmenté, sauf le prix du pain et ce n’est pas normal.»

 

Selon la dernière estimation tenant compte des coûts des opérations et de production, explique Nasser Moraby, le pain maison devrait aujourd’hui coûter Rs 4,09. Mais voilà, aujourd’hui, la majorité des Mauriciens, dont beaucoup déplorent la qualité de ces pains, trouvent cette requête déraisonnable et ne sont pas prêts à accepter de payer le pain maison à ce prix-là. Il en est de même pour le ministre Soodesh Callichurn qui, lors des débats budgétaires, a tenu à faire ressortir sa position sur la question.

 

Selon lui, une telle augmentation sur un produit essentiel du panier de la ménagère aurait des conséquences désastreuses sur l’inflation qui grimperait encore. «Le gouvernement débourse Rs 1,4 milliard pour des subsides de Rs 591,25 sur un sachet de farine de 25 kg afin d’alléger le fardeau des boulangers. Ils continueront donc de payer un sac de 25 kg à Rs 108,85 au lieu de Rs 700.» Une déclaration qui démontre que le ministre campe sur sa position et qui semble laisser peu de doute sur l’issue de la rencontre qui est prévue dans les jours qui viennent. Malgré tout, les boulangers, qui attendent beaucoup de cette réunion, ne perdent pas espoir que leur requête sera enfin acceptée, n’en déplaise aux consommateurs.