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Bloqués à Maurice : ces touristes qui vivent le confinement dans notre île

Marie Rapinat, Lize Guimbertaud et Christine Ronze, des Françaises, racontent comment elles vivent le confinement chez nous.

Comme ces Mauriciens qui sont coincés dans plusieurs pays et attendent avec impatience de regagner l’île, il y a aussi des étrangers qui ont dû rester chez nous en raison du lockdown et qui ne souhaitent qu’une chose : rentrer chez eux et retrouver leurs proches. En attendant, ils font avec.

Il y a le ciel, le soleil… mais pas la mer ! Car pour les touristes qui sont bloqués dans notre île à cause de la fermeture des frontières, impossible d’aller se prélasser sur les plages et de profiter de nos eaux turquoises, encore moins de regagner leur pays, tout comme ces Mauriciens qui sont coincés dans plusieurs parties du monde et qui ne peuvent rentrer au pays. Impossible également de sortir faire du shopping ou encore de savourer un cocktail coloré dans un bon restaurant, la plupart des commerces étant encore fermés. Voilà deux mois que ces étrangers venus chez nous pour des vacances sont confinés et doivent, comme tous les Mauriciens, respecter les consignes imposées par les autorités.

 

Parmi, Marie Rapinat, une Française. Entre elle et notre île, c’est une longue histoire d’amour qui dure depuis des années. Les magnifiques couchers du soleil, les longues journées bronzette, les parties de baignade et de plongée, les soirées à la mauricienne au rythme du séga et les plats typiques qui fleurent bon le cari ou le poisson grillé, sans oublier les saveurs de nos fruits exotiques, Marie connaît très bien. Elle vient tellement souvent que l’île n’a plus aucun secret pour elle. Mais celle qui s'est créée tellement de beaux souvenirs à Maurice n’avait jamais imaginé que le coronavirus allait venir mettre son grain de sel et lui faire vivre le confinement dans notre île.

 

«Alors ça, je ne l’ai pas vu venir !» confie Marie, en location à Grand-Baie. Voilà plusieurs longues semaines qu’elle n’a pu aller faire trempette dans le lagon. «Et dire qu’on fait des kilomètres pour venir profiter de vos beaux paysages et nous voilà confinés», ajoute celle qui, malgré les circonstances, garde le sourire. «On va bien, on n’est pas malheureux. Par contre, on ne sait toujours pas quand on pourra rentrer chez nous.» En tout cas, Marie trouve «très bien» les décisions prises par les autorités pour contrer la propagation du virus : le confinement, la fermeture des frontières, les jours de sortie imposés selon un ordre alphabétique, entre autres. «Je considère que le gouvernement a fait ce qu’il fallait. On constate qu’il y a beaucoup plus de discipline qu’en France, par exemple», ajoute celle qui a aussi une pensée pour les nombreux Mauriciens bloqués un peu partout dans le monde. «On ne sait pas dans quelles conditions ils se retrouvent et je les comprends parce qu’à un moment, on a envie de rentrer et de retrouver nos proches.»

 

«C'est triste»

 

Si elle ne manque de rien ici et s’adapte aux circonstances, Marie ne cache pas que ses enfants et son entourage en France lui manquent énormément... Et en ce lundi 18 mai (jour de l’interview), elle a le coeur particulièrement lourd. Ce jour-là ont lieu les funérailles de sa soeur en France et elle ne peut y assister et lui dire un dernier adieu : «C’est pénible, c’est triste.» D’autant qu’elle aurait pu y être si son départ n’avait pas été repoussé à plusieurs reprises, fermeture des frontières oblige ! «Je devais partir le 10 mai mais après plusieurs autres dates qu’on nous a données, voilà que c’est maintenant fixé pour début juillet.» Elle est régulièrement en contact avec son agence de voyage dans l’espoir de trouver bientôt une solution et de pouvoir rentrer chez elle. Des négociations et des démarches qui sont des sources de stress. Toutefois, Marie ne se laisse pas submerger ni dépasser par la situation : «On s’organise, on s’occupe... On fait de bons petits plats et on s’adonne à des parties de jeux de société.»

 

Lize Guimbertaud, venue en vacances avec Michel dans cette île pour laquelle elle a eu un véritable coup de foudre il y a plusieurs années, a elle aussi hâte de rentrer en France : «Forcément, à un moment, on a envie de rentrer. Dans ces moments difficiles où le coranavirus a fait naître de la frayeur chez nous tous, nous avons surtout envie de passer du temps avec nos enfants et nos proches. Or, là, c’est impossible pour nous.» Si au fil des jours, elle a trouvé son rythme à l’intérieur de ce confinement – «Je retombe en enfance avec les jeux de société» –, elle passe aussi  pas mal de temps à consulter ses mails dans l’attente d’une réponse pour un éventuel départ très vite : «Je compte les jours...» Quand elle rentrera chez elle, elle ne manquera pas de raconter à son entourage cette expérience pas comme les autres qu’elle a vécue à Maurice : «Je trouve que les Mauriciens sont exemplaires face à cette épreuve et je sais que ce n’est pas comme ça en France. Les consignes sont bien respectées ici et je trouve cela admirable.»

 

Christine Ronze, de France également, partage le même avis : «C’est une expérience que je ne vais jamais oublier !» Entre les démarches pour pouvoir regagner son pays, Christine essaie de profiter de chaque moment du confinement pour consolider les liens avec ses amis qui sont dans la même situation : «On fait des parties de cartes pendant que les hommes jouent à la pétanque, tout en respectant la distanciation sociale, bien évidemment.» Car même s’il n’y a pas la mer pour passer du bon temps, il y a toujours le ciel et le soleil qui aident à rendre plus agréables ces journées de confinement... En attendant de pouvoir rentrer pour retrouver ses proches et son pays.

 

Un secteur en pleine crise

Christian Lefevre : «Un retour aux affaires comme à l’accoutumée semble improbable»

 

Les temps sont durs pour le secteur du tourisme. Et les craintes sont nombreuses concernant ce pilier de notre économie. «La réalité demeure que le tourisme, l’une des industries les plus importantes au monde, est en pause. Les frontières sont fermées. Un retour aux affaires, comme à l’accoutumée, semble absolument improbable et incertain. Le sentiment d’optimisme devient de plus en plus difficile à soutenir. Pour que le tourisme reprenne, le confinement devra être levé  à Maurice et à l’étranger sur nos principaux marchés sources. Les touristes exigeraient d’être rassurés sur le fait que la destination est sûre», souligne Christian Lefevre, Managing Director de Coquille Bonheur, réceptif de voyage, dans un communiqué.

 

Amoureux de notre île, ils attendent d’y revenir

 

Ils se décrivent comme de véritables amoureux de Maurice. À tel point qu’ils espèrent que la situation s’améliorera très vite pour qu’ils puissent y venir comme ils le font chaque année. Anna a déjà réservé une location pour janvier prochain. «Je reviens chaque année et je ne vois pas pourquoi je ne reviendrai pas, surtout que Maurice a très bien géré la crise. J’y étais d’ailleurs avant l’annonce du confinement. Je ne pense pas que je vais prendre des risques si je reviens l’année prochaine. J’espère juste que les choses se décanteront vite et qu’on arrivera à maîtriser ce virus», nous confie Anna. Thomas Deschamps, un autre habitué de notre île, a aussi vécu l’annonce du confinement chez nous, le 19 mars, avant de regagner La France le lendemain. «J’étais surpris que le virus arrive jusqu’à Maurice. J’étais plutôt rassuré qu’on prenne ma température à mon arrivée à Maurice le 6 mars, contrairement à quand je suis arrivé à Paris. Mais durant mes vacances, je n’étais pas sortie de la maison. Et comme à l’accoutumée, j’envisage de revenir à Maurice en mars pour la beauté incommensurable de l’île et l’accueil des Mauriciens», confie celui qui suit la situation de très près.

 

Des Mauriciens toujours dans l’attente à l’étranger

 

Certains sont rentrés mais beaucoup attendent toujours de pouvoir retourner dans leur petite île. Entre ceux qui sont bloqués dans plusieurs pays et ceux qui sont sur les bateaux de croisière, de nombreux Mauriciens attendent impatiemment leur rapatriement. Le processus est enclenché et se fera par phases, a indiqué le Dr Joomaye lors d’un récent point de presse du National Communication Committee sur la Covid-19. Des Mauriciens coincés aux Maldives crient leur désarroi. «Nous avons organisé un charter privé, payé de notre poche, mais l’atterrissage du vol a été refusé. Vivre sur une île pendant tant de jours après avoir perdu notre emploi n’est pas facile. On est moralement déprimés. Toutes les autres nationalités ont été rapatriées par leur gouvernement et les Mauriciens non ! Nous nous demandons pourquoi ! Nous ne pouvons pas rester plus longtemps ici. Presque tout le monde est parti. Nous voulons retourner dans notre pays dès que possible. Nous attendons depuis très longtemps d’être rapatriés. Après le refus du débarquement de notre charter, ce qui est anticonstitutionnel, nous avons décidé de porter plainte contre le gouvernement mauricien», nous confie Zaheed Syed qui attend une réponse des autorités mauriciennes par rapport à cette situation qui affecte des Mauriciens qui sont loin de leur pays.