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Autosuffisance alimentaire : ils préparent le terrain

Ashil Ramkissoon présente son potager.

Vous aimez mettre la main... dans la terre ? Vous avez raison car la tendance est de consommer ce qu'on produit. C'est utile, bon pour la santé et ça ne coûte pas cher. Alors que le monde a observé, le jeudi 22 avril, le Earth Day, ceux qui ont tenté l'expérience se confient... 

Être autosuffisants et consommer ce qu'ils produisent. Voir leurs semences sortir de terre, les petites feuilles pointer et la verdure prendre place... Depuis quelque temps et encore plus depuis le premier confinement, l'autosuffisance alimentaire est un sujet qui revient souvent dans l'actualité. Ainsi, de par les contraintes qu'imposent le lockdown et ses limites, de nombreux Mauriciens ont, disent-ils, entendu l'appel de la terre. Ils se sont fixé l'objectif de devenir autosuffisants pour ne pas dépendre uniquement de sources extérieures afin de se nourrir et pouvoir se servir de leur potager.

 

Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, avait d'ailleurs, dans son discours du Budget 2020-2021, pris note que «le pays a tiré les enseignements nécessaires pendant le confinement et que nous devons devenir le plus vite possible une nation autosuffisante au niveau de l’alimentation». Et ce constat n'est pas tombé dans des oreilles de sourds car ils sont nombreux, depuis, à s'être mis à la création de leur potager et à préparer le terrain pour l'avenir. Ashil Ramkissoon, un habitant de Grand-Gaube, dans le nord du pays, croit à ce défi. Et c'est pour cela qu'il n'a pas hésité une seconde avant de mettre les mains... dans la terre.

 

«J'ai lancé un projet : Back Yard Garden Sustainability Initiatives Project. Il vise à sensibiliser les gens à la culture de légumes de manière durable, à les encourager à jardiner dans l'arrière-cour, à être indépendants sur la sécurité alimentaire, en n'utilisant pas d'engrais, et en se servant de l'eau de pluie pour l'irrigation, à faire usage du compostage domestique et à utiliser des conteneurs et des gallons pour la plantation, entre autres. Tout cela, en étant en phase avec la campagne des Nations unies : réutiliser, recycler, réduire pour promouvoir la responsabilité environnementale, la sécurité alimentaire et la petite agriculture», explique le jeune homme, fier de son petit potager. «Le projet vise à motiver l'action politique et les objectifs de développement durable des Nations unies : zero hunger, good health and wellbeing & no poverty. Une plateforme numérique, Backyard Garden Initiatives Mauritius, a aussi été lancée», souligne Ashil Ramkissoon, ému quand il regarde les pommes d'amour, poivrons, laitues, thyms, persils, concombres, choux-fleurs, choux et autres bred qui embellissent son potager. À l'initiative également du Light Up The Darkness, Solar Village Project, il raconte qu'il n'avait, avant, aucune connaissance en jardinage : «J'ai fait des recherches et je me suis lancé.»

 

Si le facteur de consommer ce qui vient de son jardin motive beaucoup de Mauriciens, d'autres le font aussi pour le plaisir. L'ancien athlète Judex Lefou en fait partie : «ll faut toujours avoir cet esprit de positivité, même si on sait qu’un confinement chamboule et bouleverse tout un chacun dans son train-train quotidien. Je fais partie du secteur hôtelier et ce dernier a pris un sale coup. Je me retrouve donc plus souvent à la maison. Le confinement et le fait d’être dans la zone rouge me restreignaient encore plus dans mes déplacements mais cela me donne la possibilité d’avoir du temps à consacrer à des activités que j’aurais difficilement pu mener en temps normal. Le jardinage, le bricolage, le nettoyage, du temps pour la famille, renforçant ainsi nos liens. Tout cela comble mes heures de confinement à la maison.»

 

«Pas besoin d'aller acheter...»

 

Il ne cache pas avoir trouvé du bonheur dans le jardinage. «J’ai la chance d’avoir une grande cour et je suis heureux de pouvoir l’entretenir avec mes frères, à débroussailler, à cultiver ; les légumes, fleurs et autres arbres fruitiers. Pour moi, c’est une joie de pouvoir partager les petites récoltes avec ma famille, mes voisins et mes amis. Ce sont des produits frais et du terroir. Je n’ai pas besoin d'aller acheter à l'extérieur, cela me permet de faire des économies, surtout en cette période difficile», confie Judex Lefou qui est à chaque fois très heureux de ses récoltes qui regorgent de couleurs.

 

Pour récompenser les jardiniers amateurs, l’Institut français de Maurice organise le concours Les plus beaux potagers de Maurice : une initiative d’Aurore Rouzzi, spécialiste de l’agriculture biologique, avec le soutien d’Espace Maison. Ce concours a pour objectif de récompenser les plus beaux potagers de l'île. La participation est gratuite. Le concours est ouvert aux habitants et à tous les jardiniers amateurs, à l’exception des membres du jury.

 

Pour toute information ou demande supplémentaire, les personnes intéressées peuvent écrire à concours@ifmaurice.org pour se renseigner. Les inscriptions seront ouvertes jusqu'au mercredi 5 mai 2021. Plus d'infos sur le site de l'Institut français de Maurice. Vous voulez vous lancer ? Pourquoi ne pas essayer de vous lancer dans une belle aventure verte ? À vos bêches, pioches, pelles et autres outils... Et à vous de jouer ! Si vous avez la main verte, pourquoi ne pas le démontrer en dévoilant votre beau potager ?