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Augmentation du prix du carburant : blues dan… tank

Rs 2 + 30 sous pa kone kot sorti, voici la nouvelle peu réjouissante de la semaine. Ça a de quoi plomber le moral quand on utilise du sans plomb. 

À la pompe, bel defet. Les automobilistes ont eu un réveil difficile ce jeudi 1er juillet. Même s’il s’agissait d’une mesure budgétaire déjà annoncée,  l’entrée en vigueur de la majoration de Rs 2 annoncée + les 30 sous surprises (le ministre des Finances avait, semble-t-il, oublié de parler de la TVA) a été – et l’est ! – difficile à avaler. L’essence se vend désormais à Rs 50.70 le litre et le diesel, à Rs 37.30. La nouvelle taxe pour financer les vaccins vient s’ajouter à d’autres qui font que le prix du carburant est devenu un poids lourd que les consommateurs devront tire-pouse. Une goutte de fioul de trop qui plombe le moral. Surtout avec les prix de nombreuses commodités qui ne cessent d’augmenter. Le prix de l’huile comestible prendra feu à partir de demain, lundi 5 juillet, avec une majoration de 18%.

 

Pwalon-la so ! Carole, mère de trois enfants, se demande quand cette spirale infernale va s’arrêter : «Notre salaire a baissé mais tout augmente. Comment on va s’en sortir ? C’est un stress permanent. Mon mari et moi avions investi dans une petite voiture, maintenant on se demande si on va pouvoir la rouler.» La surtaxe de l’essence arrive, selon elle, dans un contexte où les foyers sont déjà à bout de souffle après les deux confinements et la pandémie de la Covid-19 : «On est à bout.» Le stress financier pèse lourd et a des conséquences sur la santé mentale et physique. Une situation extrêmement difficile pour le consommateur que condamne l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) par la voix de Jayen Chellum. : «Le gouvernement prend les consommateurs pour de l’argent comptant. Il faudrait que tous se mobilisent.»

 

Quelles seront les répercussions de cette hausse ailleurs qu’à la pompe ? Cette majoration aura-t-elle un effet boule de… suif ? C’est bien ce que craint l’ACIM, surtout quand on y ajoute la hausse du prix de l’huile comestible. Elle a fait parvenir une correspondance au ministère du Commerce cette semaine pour lui faire part de ses craintes et a demandé que le gouvernement prenne des mesures pour protéger le pouvoir d’achat des consommateurs. Raffick Bahadoor, de la Taxi Proprietors’ Union, est pessimiste : «Rien ne sera fait.» Chauffeur de taxi depuis de nombreuses années, il ne cache pas sa déception et sa colère envers les politiques, que ce soit ceux de l’opposition ou du gouvernement.

 

Selon lui, les autorités «pe met lakord dan likou dimounn» : «Sak fwa zot bizin larzan, zot mont lesans. C’est une ruse ! Nous sommes des vaches à lait.» Et il dénonce cette majoration du prix de l’essence qui est un nouveau coup dur pour lui et ses collègues. La Covid-19, le Métro (sans planification du secteur du transport, car il n’est pas contre la modernisation), la présence des contract vans pour faire la navette dans certaines régions de l’île et le projet du gouvernement de donner d’autres licences de taxi sont venus plomber un secteur déjà en crise : «Les politiciens utilisent les patent comme pour faire leur propre business, pou donn zot bann dimounn. Alors que pour nous, la situation est déjà alarmante. Nous allons vers une mort lente. Je disais déjà ça il y a deux ans. Il n’y a aucune lumière au bout du tunnel.» Le travail a connu une chute de 60%, dit-il, mais les frais restent les mêmes : «Je connais des chauffeurs qui ne peuvent même plus sortir leur taxi parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer leur déclaration et leur assurance.»

 

La situation étant ce qu’elle est, il explique qu’il est impossible de passer cette hausse du prix du carburant à ses clients : «Nou pa pou kapav fer sa bann de-trwa pasaze ki reste-la pey sa. Zot ousi zot pou kit nou.» Alors pour lui, il n’y a pas de doute, quand il va faire le plein c’est enn bel defet.