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Arrêté pour tentative d’assassinat sur une fille de 7 ans : Bissoonduth Ramdass, le «pervers sexuel» qui provoque révolte et incompréhension

La reconstitution des faits a eu lieu sous fortes tensions.

Cet homme de 56 ans fait l’objet d’une accusation provisoire de tentative d’assassinat après avoir kidnappé et agressé une fille de 7 ans. Il avait l’intention de la violer mais cette dernière a résisté. Il s’est alors acharné sur elle à coups de poing et avec un morceau de bois, lui fracturant le crâne et le nez. La petite a été secourue par deux bons Samaritains qui l’ont vue sortir d’un buisson complètement étourdie, avec la robe maculée de sang. Le présumé agresseur a confié à la police qu’il ne sait pas «kinn pas dan (mo) latet». Les enquêteurs ne sont cependant pas de cet avis. Pour cause : le quinquagénaire n’en est pas à son premier délit. Il est en liberté conditionnelle depuis un an pour une affaire de «wounds & blows» après avoir agressé au harpon un pêcheur dont il avait épié la soeur. Son entourage avance aussi qu’il a agressé d’autres personnes sexuellement. Récit.

Une petite fille de 7 ans, enlevée, agressée sexuellement, violemment battue et laissée pour morte sur un terrain en friche à Curepipe. C’est l’horrible histoire qui a épouvanté les Mauriciens cette semaine, notamment les habitants de Bois-des-Amourettes d’où est originaire celui qui a commis cette atrocité : Bissoonduth Ramdass, aussi connu comme Ramesh, âgé de 56 ans. «Li fer nou landrwa gagn laont !» lâche avec colère une dame qui vend des gâteaux delwil non loin de la jetée de ce village du Sud-Est de l’île. Le nom de cet homme est sur toutes les lèvres là-bas depuis une semaine. «Eski enn zafer pou fer sa ? Ou kapav krwar enn zom so laz rod viol enn zanfan 7 an. Fami inn telefonn mwa pe dimande ki kalite dimounn ena dan landrwa, alor ki fer enn an li nepli res isi», s’insurge un voisin de la dame. Un autre avance que Bissoonduth Ramdass est connu sous plusieurs noms dans la localité, à savoir «Ramesh fou», «Ramesh deleryom» ou encore «Ramesh bay louke» et «Ramesh pitasye».

 

Car ce n’est pas la première fois que Bissoonduth Ramdass fait parler de lui en mal à Bois-des-Amourettes. «Pli bon dimounn ki li pena kan li pa bwar me kan li sou, zafer pa bon. Plizir fwa linn bat dimounn kout ros. Li kontan al louke ousi. Dernye fwa linn fer sa dan landrwa, lapolis ti aret li. Pa kone ki sannla inn fer larg li lor kosion selma», s’insurge un habitant de Bois-des-Amourettes qui le connaît bien. La dernière fois que cet homme a provoqué la colère des habitants de l’endroit, c’était il y a un an, durant le confinement.

 

Le 5 avril 2021, celui qui collectionnait les petits boulots pour gagner sa vie, travaillant la plupart du temps comme laboureur ou maçon, aurait agressé un pêcheur de 27 ans avec un harpon après une affaire de «bay louke». «Ramesh ti al louk ser sa misie-la. Kan misie-la inn al rod li pou koz ek li, Ramesh inn atak li ek enn la fwinn», se souvient un autre voisin. Le pêcheur s’était par la suite pointé à l’hôpital de Mahébourg avec l’arme coincée dans la bouche.

 

Bissoonduth Ramdass, de son côté, avait été arrêté pour «wounds & blows». Après sa libération sous caution, «linn sove dan landrwa», disent les habitants. Selon son entourage, il serait alors devenu sans domicile fixe et aurait erré dans le Nord pendant quelque temps, avant de venir habiter chez des proches à Curepipe, il y a environ quatre mois, non loin de là où réside la famille de la fillette qu’il a kidnappée et agressée cette semaine.

 

Lutchmee, qui se présente comme la deuxième épouse de Bissoonduth Ramdass – ils sont mariés religieusement, dit-elle –, soutient elle aussi qu’il est très violent quand il boit. C’est la raison pour laquelle cette dame de 66 ans «inn oblize kit li» il y a plusieurs années : «Sak fwa li bwar ek sou, li kontan lager ek bate.» Elle en aurait fait les frais elle-même plusieurs fois : «Linn deza bat mwa ek kas mo nene.» Lutchmee confie aussi qu’il est «bien malelve» : «Plizir fwa linn fer mwa gagn laont. Li kontan takinn bann mamzel ek madam dan sime.»

 

Une personne malade

 

À l’époque, poursuit-elle, Bissoonduth Ramdass, qui se présentait comme une personne malade, suivait un traitement psychiatrique à l’hôpital Brown-Sequard, à Beau-Bassin. Il se rendait aussi régulièrement à l’hôpital de Rose-Belle pour des problèmes de crises et à celui de Candos pour des ennuis cardiaques. «Kan li pa bwar, li enn extra bon dimounn. Me zafer pa bon ditou kan li sou. Li vinn bien violan ek danzere. Li ti pe droge ousi. Li kapav ena Rs 10 000 zordi me landime so pos vid», confie Lutchmee.

 

Cette dernière, qui est maman de deux filles et d’un fils d’une précédente relation, confie qu’elle a définitivement mis un terme à sa relation avec Bissoonduth Ramdass – après avoir vécu avec lui pendant plus de cinq ans – quand une personne âgée proche de celui-ci lui aurait fait de troublantes révélations. «Sa madam-la ek so labous inn dir mwa Rajesh inn fer seki pa bizin ek li. Pa ti fer case selma pou fami pa gagn laont. Mo ti al donn li so bin sa zour-la. Mo ti remark plizir mark ek disan kaye lor li. Li ti pe res tousel dan Bois-des-Amourettes mem sa lepok-la. Nou ti pe res Anse-Jonchée nou. Madam-la inn desede depi plizir lane. Kan monn dir Ramesh kit mo lakaz, linn retourn res Bois-des-Amourettes. Bann dimounn laba ti pe dir mwa li lager sak fwa li sou», raconte la sexagénaire.

 

Ce n’est pas tout. Lutchmee dit également avoir reçu la visite de l’entourage de la première épouse de Bissoonduth Ramdass un jour. Les deux ont été mariés civilement et ont deux fils et une fille ensemble. Selon Lutchmee, ils sont séparés depuis très longtemps. «Monn aprann ki madam-la ousi inn kit Ramesh akoz sa problem bwar ek violans lamem. Monn ousi aprann ki Ramesh ti agres enn lot vye dimounn dan lantouraz so premye madam. Pa ti fer case. Zot ti touf zafer-la. Sa inn konfirm mwa ki Ramesh se pa enn dimounn ki ou kapav fer konfians, ki li bien danzere», souligne Lutchmee.

 

La police est également d’avis que Bissoonduth Ramdass est un homme très dangereux. Une source proche de l’enquête affirme d’ailleurs que l’homme aurait agi de sang-froid et «ki li pa paret ena okenn remor» après l’agression sexuelle et la tentative d’assassinat de la fillette de 7 ans. «Monn bat li kan linn kriye», aurait-il déclaré à la police. Le pervers sexuel présumé a également dit à la police qu’il a trois épouses et 10 enfants. Il a précisé que son père avait, lui, 19 enfants. Les autres proches de Bissoonduth Ramdass sont restés injoignables pour commenter l’affaire. «Enn bon fami sa. Ramesh tousel fer zot gagn laont», lâche un voisin très remonté contre celui que la police appelle «Bolom Sounga» après ce qu’il a fait subir à la fillette de 7 ans il y a quelques jours.

 


 

Un proche de la fillette : «Li bien for pou so laz me pa kone ki ena andan li»

 

Elle est complètement traumatisée et a besoin de beaucoup de temps et de soins pour se remettre de ses blessures physiques et psychiques. La fillette de 7 ans, agressée sexuellement et violemment battue par Bissoonduth Ramdass le vendredi 29 avril, avait été admise à l’hôpital de Rose-Belle pour recevoir les traitements nécessaires. Le personnel l’a autorisée à rentrer chez elle le mardi 3 mai. Toutefois, ses parents ont pris la décision de déménager dans un autre endroit pour lui permettre de changer d’air et de se changer un peu les idées. «Li bien for pou so laz me pa kone ki ena andan li», confie un proche rencontré au domicile familial.

 

Notre interlocuteur souligne que la petite souffre de deux fractures au crâne après avoir été tabassée à coups de poing et avec un bout de bois. Son nez est également fracturé. «Li pa pe kapav tro manze akoz douler», souligne-t-il, ajoutant que «se zour ki linn sorti lopital ki (nou) finn kapav dormi».

 

La petite est le deuxième enfant de sa famille. «Li mem pli tipti. Enn zanfan bien gate sa. Zame linn gagn kriye dan so lavi. Zour inn gagn sa problem-la, li ti lav seve. Apre li ti al zwe lao lor teras ki donn lor sime. So papa ti lamem. Pa kone ki moman linn swiv sa boug-la. Mo panse linn bizin rant dan lakour pou pran li», explique notre interlocuteur. La fillette aurait été kidnappée en une fraction de seconde ce jour-là. Après son agression, elle a été secourue par deux bons Samaritains. Ces deux peintres rentraient chez eux vers 17h15 lorsqu’ils l’ont vue sortir précipitamment d’un buisson à la rue Brown Sequard, en direction de St Clément, à Curepipe, complètement étourdie. Ils ont dû se précipiter vers elle pour l’empêcher de se faire renverser par des véhicules car elle marchait sans prêter attention à la circulation.

 

Les deux hommes de 42 et 24 ans ont alors remarqué qu’elle avait des blessures à la tête et que son visage et sa robe étaient maculés de sang. Les premiers mots qu’elle leur a dits les a terriblement choqués : «Un monsieur barbu m’a enlevée et frappée.» Ils ont alors arrêté une voiture pour pouvoir l’emmener au poste de police de Curepipe. De là, après avoir donné quelques informations importantes à la police, elle a été transférée à l’hôpital de Rose-Belle. La petite, qui est en Grade 2, a déjà reçu la visite d’un psychologue de la Child Development Unit.

 

Son agresseur a, lui, été arrêté le lendemain alors qu’il revenait d’une boutique où il était allé boire un coup. Il s’était rasé pour qu’on ne le reconnaisse pas mais portait les mêmes vêtements que la veille. Les enquêteurs l’ont retrouvé en visionnant les images des caméras CCTV.