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Arrestation de Jonathan Ramsamy et Vinay Appana | STC : des contrats, des millions, des connexions…

Les beaux-frères ont été libérés sous caution.

Simples coïncidences ? Ou scénario bien huilée avec prête-noms et entreprises «pour la forme» ? Si la question est sur les lèvres de ceux et celles qui suivent l’affaire STC, il appartiendra à l’ICAC de faire la lumière sur les achats controversés de matériel médical sous l’Emergency Procurement. Une nouvelle étape vient d’être franchie avec l’arrestation du directeur de l’organisme – qui a depuis été limogé – et son beau-frère. Le prochain rendez-vous pour les deux hommes ? Il se passera en cour le 10 mars. Dans le sillage de cette affaire, d’autres cadres de la STC ont été interrogés. Pour vous aider à suivre les nombreuses ramifications de cette affaire, faisons le point… 

C’est quoi ?

 

La STC est un organisme important. Sur son site Internet, on peut lire qu’elle a été initiée «by an Act of Parliament of October 1982 (amended in 1988)» et elle se doit d’être le «trading arm» du gouvernement. Elle opère sous l’égide du ministère du Commerce, le portefeuille de Yogida Sawmynaden avant sa démission. Son principal objectif : importer des produits de première nécessité tels que les produits pétroliers, le gaz mais aussi la farine, le riz… Ce qui équivaut à d’énormes contrats qui pèsent lourds en termes d’argent. Depuis le confinement et grâce à l’Emergency Procurement, elle s’est chargée des contrats concernant l’achat de médicaments et de matériel médical pour la lutte contre la Covid-19.

 

Après le départ du désormais député Sawmynaden, Soodesh Callichurn a hérité du ministère. Lors d’un point de presse, il a déclaré qu’il a eu la bénédiction du Premier ministre pour mettre de l’ordre à la STC.

 

What happened ?

 

Jonathan Ramsamy, directeur de la STC, et son beau-frère Vinay Appana, directeur de D’AV-Techno World Co Ltd, ont été arrêtés le vendredi 19 février. Ils ont dû payer chacun une caution de Rs 200 000 et signer une reconnaissance de dette de Rs 500 000 pour être libérés. Ils avaient été convoqués par l’ICAC pour un interrogatoire under warning.

Quel est le lien familial ?

 

Jonathan Ramsamy est mariée à Reena, la sœur de Vinay Appana.

 

Quelles charges pèsent sur eux ?

 

Jonathan Ramsamy. L’ancien directeur de la STC est sous le coup d’une accusation provisoire de using office for gratification sous l’article 7 du POCA. Après son arrestation, il a été limogé de son poste par Soodesh Callichurn.

 

Vinay Appana. Son beau-frère est provisoirement accusé d’avoir commit money laundering en vertu du Financial Intelligence and Anti Money-Laundering Act.

 

Qu’est-ce qui leur est reproché ?

 

La réponse à cette question est complexe et comprend de nombreuses avenues. Voici une version simplifiée pour vous aider à vous situer.

 

Le premier acte. Tout commence par l’achat par la STC de médicaments et de matériel médical pendant le confinement. Des contrats de 1,4 milliard sont octroyés en suivant la procédure d’achat d’urgence (emergency procurement)… Ces transactions soulèveront, par la suite, de nombreuses questions. Il y a sept mois, lorsque des informations concernant des soupçons de maldonne sont révélées, le dévoilement de ces contrats fait grand bruit. Les entreprises qui ont les ont obtenus n’auraient aucune expérience dans le domaine médical. En juin 2020, l’ICAC a initié une enquête sur cette affaire. Trois premières arrestations en avaient découlé.

 

Bissoon Mungroo. Arrêté sous une accusation provisoire de blanchiment d’argent et remis en liberté suite au paiement d’une caution de Rs 150 000 et la signature d’une reconnaissance de dettes de Rs 2 millions. Ses compagnies Gitanjali Co Ltd et Mungroo & Sons avait obtenu deux contrats du ministère de la Santé pour l’approvisionnement en masques (Rs 10 millions pour 220 000 masques).

 

Hari Kistna Jagannada Reddi. Le directeur de Red Jewels répond de la même accusation. Pour être libéré, il a dû payer Rs 100 000 (reconnaissance de dette : Rs 2 millions). Son entreprise avait obtenu un contrat de fourniture de 100 000 masques KN 95 pour Rs 9, 4 millions.

 

Deepak Bonomally. Il doit répondre de la même accusation provisoire que les deux premiers. Il a été libéré après avoir payé une caution de Rs 400 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 2 millions.  Son entreprise, Bo-Digital (spécialiste des pièces de rechange) avait obtenu cinq contrats même si elle n’était pas enregistrée sur la liste des Registered Dealers (dans le secteur médical/pharmaceutique). Le montant ? Rs 309 millions. 

 

Le deuxième acte.  Deepak Bonomally, directeur de Bo-Digital, serait un employé d’AV Techno-World (la société de Vinay Appaya, le beau-frère de Jonathan Ramsamy). L’ICAC s’intéresse tout particulièrement à ce contrat de Rs 309 millions : la somme a été payée en avance sur le compte de Bo-Digital. Et selon les enquêteurs de l’ICAC, suite à ce paiement, plusieurs millions auraient été transférés à AV Techno-World. Autre information : l’épouse de Jonathan Ramsamay serait une employée de cette entreprise. Par ailleurs, toujours concernant cette affaire d’Emergency Procurement, AV-Techno World Co Ltd aurait été appelé à fournir des caméras thermiques pour détecter la température… avec paiement en avance (encore une fois).

 

Le troisième acte. L’arrestation des beaux-frères, bien sûr. Mais le reste est in the making. D’autres révélations sont à prévoir, laisse-t-on entendre du côté de l’ICAC, qui depuis le départ de Yogida Sawmynaden, semble gagner en énergie.

 

Une dissolution du «board» ?

 

Si l’opposition réclame la dissolution du board de la STC, il n’en serait pas – encore ? – question selon le ministre Callichurn : «Je ne pense pas que le Conseil d’administration ait une part de responsabilité dans cette affaire. Au fur et à mesure que nous aurons des éléments d’information en main, nous agirons en conséquence», a-t-il expliqué. Il a précisé qu’il continuera à agir en suivant «les retombées de l’enquête».

 


 

Pack and Blisters : les précisions du ministre Jagutpal

 

Ils avaient également été achetés sous l’Emergency Procurement… Les 50 ventilators prévus pour les soins intensifs sont défectueux. C’est ce qu’a confirmé le ministre de la Santé Kailesh Jagutpal cette semaine. L’entreprise espagnole qui les avait fournis a été notifiée, néanmoins elle n’aurait pas accepté de rembourser le gouvernement mauricien. Pire, Pack and Blisters envisage des poursuites légales contre lui : «D’après le contrat que nous avons fait, nous allons rendre les ventilators à la personne qui nous les a vendus. Elle nous engagera dans un procès et nous devons rester fermes.» Selon un communiqué de presse émanant du ministère de la Santé, publié le samedi 20 février, il est précisé que le «Ministry of Health and Wellness conducted a thorough vetting of the technical specifications sent by the supplier». C’est après s’être assurée que le produit de l’entreprise espagnole répondait à tous les critères demandés que la STC a passé la commande, selon le communiqué. Le 18 février, par voie de courriel, Pack and Blisters a proposé au ministère d’envoyer un anesthésiste et un technicien en Turquie (sa zone de manufacture), ce que la Santé a refusé. Cette dernière a demandé à ce que la boîte espagnole envoie plutôt une équipe technique à Maurice afin de rendre les ventilators opérationnels.