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Anou Protez Nou Bann Zil… du Nord

Six des douze îlots du Nord et sud-Est ont été décrétés interdits d’accès au public par les autorités des Réserves Naturelles.

Un an après le projet de sensibilisation des usagers des îlots du Sud-Est, l’initiative s’étend aux îlots du Nord. Petite explication sur un programme qui a pour objectif de promouvoir une gestion informée et durable des îlots à travers des ateliers de formation, des activités de terrain et un suivi autour de la biodiversité locale…

Cap sur le Nord. Mot d’ordre : anou protez nou bann zil ! Près d’un an après avoir bouclé le projet de sensibilisation des usagers des îlots du Sud-Est, projet financé principalement par la Commission de l’océan Indien pour la période allant de mai 2017 à décembre 2018, la Mauritian Wildlife se consacre aussi désormais aux îlots du Nord. L’objectif : promouvoir une gestion informée et durable des îlots. «Il s’agissait de maintenir la dynamique initiée dans le Sud-Est. L’initiative Anou protez nou bann zil a reçu un accueil extraordinaire des stakeholders de cette région, et il s’avérait plus que nécessaire de maintenir le programme en place avec de nouveaux participants et des refresher courses. Il était également tout aussi important d’étendre parallèlement l’initiative au nord de l’île pour ses îlots riches en biodiversité ; des endroits qui sont les derniers refuges pour certaines de nos espèces endémiques», explique Martine Goder, responsable du projet.

 

Qui dit projet d’une telle envergure dit aussi financement… Et recueillir assez de fonds était un défi de taille pour que la Mauritian Wildlife puisse maintenir ses opérations en termes d’éducation et de sensibilisation.  Grâce au soutien de la NCSR Foundation (récemment rebaptisée la National Social Inclusion Foundation) qui est venu s’ajouter au financement de la MCB, la Mauritian Wildlife est désormais en mesure de s’attaquer à ce double objectif qui est de sensibiliser autant les usagers des îlots du Nord que ceux du Sud-Est connus comme un patrimoine naturel où vivent oiseaux, reptiles et plantes, uniques à notre île, voire au monde entier. Pour l’organisme, il est primordial de veiller à ce que l’environnement autour de ces îlots ne soit pas pollué par des déchets en tous genres : plastique, take-aways, bouteilles cassées, cannettes ou encore restes de nourriture.

 

«Les déchets sont surtout néfastes pour la biodiversité car ils constituent des pièges mortels pour les espèces endémiques survivant sur les îlots ; et mis à part les déchets, allumer un feu constitue une autre menace car si l’île prend feu il y a le risque de non seulement perdre ces animaux et les plantes endémiques mais aussi d’impacter sur ceux pour qui l’îlot est un gagne-pain», poursuit Martine Goder.

 

Refuges

 

L’accès illégal des îlots est un enjeu pertinent. Six des douze îlots du Nord et Sud-est ont été décrétés interdits d’accès au public par les autorités des Réserves Naturelles. Le Coin-de-Mire, l’île Ronde, l’île Marianne, par exemple, sont interdits au public car ces îlots sont les derniers refuges pour des espèces endémiques en danger d’extinction qui n’existent plus sur l’île principale. 

 

Pour veiller à ce que l’environnement des îlots soit préservé, un atelier de formation et un refresher course ont déjà eu lieu, le 27 août et le 11 septembre respectivement, dans le Sud, pour l’édition 2019-2020, réunissant un total de 21 skippers et aide-skippers des bateaux de plaisance de la région. Le premier atelier pour la région Nord s’est tenu au restaurant Coolen le 10 septembre dernier et a réuni 7 skippers et aide-skippers. «Un particulier qui visite un îlot ne connait pas nécessairement la biodiversité de cet endroit. Et ce n’est pas certain que le pêcheur, le skipper ou le propriétaire de bateau qui l’y conduit soit lui aussi bien informé. Ce manquement est corrigé par l’initiative. En marchant hors des sentiers, les touristes et autres visiteurs piétinent des animaux sans s’en rendre compte. Ou encore en allumant un feu, ils prennent le risque de causer des incendies, comme celui qui avait ravagé l’île-au-Phare en 2011», souligne Martine Goder.

 

Destruction

 

Benny Henry, qui habite aussi à Mahébourg, connait très bien les îlots du Sud-Est et était partie prenante du premier volet du projet. «Les skippers ont compris que la destruction de ces îlots représentait la perte de leur gagne-pain ; ils ont investi dans des grills portatifs pour ne plus faire de feu sur les îlots, ils ont proposé d’aménager des sentiers pour éviter que les visiteurs piétinent les espèces et ils se sont même portés volontaires pour faire passer le message aux autres», témoigne-t-il. 

 

Pour mener ses opérations, la Mauritian Wildlife peut compter sur diverses institutions gouvernementales dont la National Parks and Conservation Service, le Forestry Service, le National Heritage Trust, le Fisheries, la Tourism Authority et la National Coast Guard. Et l’organisme compte continuer sur sa lancée.  D’autres ateliers, suivis de visites éducatives sur les îlots, vont maintenant s’enchaîner pour toucher les propriétaires de bateaux privés, garde-côtes, pécheurs et d’autres skippers de bateaux de plaisance et de catamarans. L’initiative comprendra également des exposés dans les écoles et avec les membres du public.

 

Un appel est ainsi lancé à ceux qui évoluent dans ce domaine. «Si vous êtes un skipper ou aide-skipper travaillant sur un bateaux de plaisance, un propriétaire de bateaux privé ou un pêcheur opérant dans la région du Sud-Est ou le Nord et que vous souhaiterez recevoir cette formation, veuillez contacter la Mauritian Wildlife sur le (+230) 697 6097 pour vous inscrire. À travers ce programme, c’est une opportunité unique d’apprendre davantage sur le patrimoine naturel mauricien et comment le protéger.» Parce que le message est plus que jamais important : «Anou Protez Nou Bann Zil !»