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Affaire L’Oiseau du Paradis - La mère du nourrisson : «Zot pa konn mo problem, zot pe ziz mwa...»

La jeune maman fait de son mieux pour sortir de l'enfer de la drogue et élever ses enfants.

La maman du bébé au coeur de l'affaire L'Oiseau du Paradis récuse les accusations d'abandon portées contre elle et revient sur toute cette histoire qui a été au coeur de l'actualité ces dernières semaines, tout en faisant part de son intention de tout faire pour récupérer son enfant. Elle se confie...

À seulement quelques mois, elle fait couler beaucoup d’encre. Cette petite fille avait été admise gravement malade aux soins intensifs il y a quelques semaines, éveillant des soupçons de négligence de la part de ses Caregivers au shelter L’Oiseau du Paradis où elle avait été placée par la Child Development Unit (CDU). Ce qui avait donné lieu à plusieurs questions au Parlement et même à l’instigation d’un Fact-Finding Committee pour faire la lumière sur cette affaire.

 

La CDU avait pris à sa charge la petite, née le 27 août à l’hôpital Jeetoo et souffrant de multiples complications de santé, car elle aurait été abandonnée par sa mère Cynthia*. D’ailleurs, le 7 novembre, cette dernière, agée de 27 ans, a été arrêtée sous une accusation provisoire d’abandon d’enfant et a passé cinq jours en détention policière, avant d’être libérée sous caution. Pourtant, elle assure qu’elle n’a jamais voulu abandonner sa petite fille, qui est son quatrième enfant.

 

Après son accouchement le 27 août, sa petite fille a dû être transférée aux soins intensifs. «Li ti bien malad. Mo mem kan mo ti ansint mo ti bien malad. Pandan trwa mwa, mo pann kapav leve, mo pann kit mo lili ditou. Mo panse sa inn afekte mo zanfan. D’autant que je consommais de la drogue pendant ma grossesse», confie l'habitante de Cité La Cure, qui gagne sa vie en cumulant des petits boulots.

 

Quand elle a pu quitter l’hôpital trois jours après son accouchement, sa petite fille était toujours admise aux soins intensifs. «Je n’allais pas lui rendre visite tous les jours», reconnaît-elle. Mais lorsqu’elle a reçu une lettre de la CDU deux semaines après son accouchement, elle a cessé de s’y rendre définitivement. «Zot pann dir mwa kifer zot inn rant ladan, zot pann zwenn ek mo mem pou dir mwa kifer pe fer tousala, ni sonn mwa. Mo dakor ki mo pa ti pe al get mo zanfan tou lezour. Lorsque j’avais besoin de déposer des couches, je m’y rendais. Lorsque la CDU est entrée en jeu, je n’y ai plus remis les pieds. Je savais déjà qu’ils avaient l’intention de m’enlever mon enfant. Mo ti kone mo ti pou reviv mem zafer ankor enn fwa. Monn dekouraze.»

 

Une vraie bataille

 

En effet, ce n’est pas la première fois que la CDU lui ôte son enfant. Pendant le premier confinement, soit en 2020, elle avait accouché d’une autre petite fille qui a ensuite été placée dans un foyer. «J’avais passé dix jours à l’hôpital parce que je devais attendre les résultats de mes tests sanguins. Lorsque je les ai obtenus, j’ai demandé ma décharge. Quand je suis venue apporter des couches à ma fille, ils l’avaient déjà emmenée», raconte-t-elle, avec tristesse. Depuis, elle n’a plus eu aucune nouvelle et n’a jamais su ce qui était arrivé à sa fille. «Mo pa kone kot li ete, kinn ariv li.»

 

Si elle a mis au monde quatre enfants, ce sont, pour l’heure, uniquement deux d’entre eux qui vivent avec elle : deux garçons, âgés de 5 ans et un an et demi. Toutefois, dans ces cas également, elle doit mener une vraie bataille contre les autorités pour pouvoir les garder. «Lorsqu’on m’a accusée d’abandon d’enfant, je n’ai pas bronché et j’ai accepté. Après ma libération sous caution, la police m’a à nouveau arrêtée après ma comparution en cour. Cette fois, on voulait m’accuser de négliger mes enfants. Kot mwa, mo bann zanfan zame pann mank nanye. Zot pe zis ekout dimounn zot pe rod met case lor mwa, li pa serye», se désole-t-elle.

 

Elle ne comprend pas un tel acharnement, dit-elle. «Ce n’est pas la première fois. À plusieurs reprises, dans le passé, la CDU a voulu récupérer mes fils. Boukou fwa zot inn vini, nounn bizin sove, sot lafnet, kasiet kot vwazin. Depi tipti zot ek mwa, zot atase ek mwa, ek mo mama. Si pran zot, mo krwar mo mama mor.» Depuis, elle reçoit régulièrement la visite des services sociaux. «Zot pe fer enn swivi pou kone si zot pou kapav rann mwa mo tifi ousi.»

 

Elle reconnaît ne pas être la mère parfaite. «Mo pa pou kasiet, mo ti dan ladrog, mo pe sey sirmont sa, me li pa pe fasil pou sorti. Zot pa konn mo problem, zot pe ziz mwa», se désole-t-elle. «De fwa, mo ti pe fer li pou kas stres, mo ti pe fer depresion, mo ti pe trouve se mo sel rekour.» Récemment, des officiers du ministère de l’Égalité du genre et du bien-être de la famille l’ont approchée. «Ils veulent m’aider à m’en sortir. J’attends qu’ils reprennent contact avec moi. Pou fini ek ladrog, li pa pou fasil. Mo pe bwar medsinn, mo pe manz ar li tigit-tigit. Ce sera dur vu que je me drogue depuis dix ans et que c’est la première fois que j’essaie d’arrêter.» Toutefois, elle dit avoir la volonté de s’en sortir.

 

Commentant la détérioration de l’état de santé de sa fille au shelter L’Oiseau du Paradis, elle lâche : «Mo pa ti ek zot. Je ne peux pas me prononcer dessus. Kan zot inn koz sa dan Parlman, monn gagn enn sok. Mo pann konpran kifer inn bizin dir tousala lor mwa. Mo pa pe blam personn, personn pa parfe, zot tou ena zot problem. Olye zot ed mwa, zot pe plis detrir mwa.» Elle se dit toutefois prête à tout pour récupérer son enfant. Afin de mettre toutes les chances de son côté pour s’en sortir, elle a quitté son quartier et s’est installée dans une autre localité avec sa mère et ses enfants. «Monn al res dan enn plas retire. Isi, pena ladrog. Monn fatige ar sa. Mo strese, mo latet fatige, mo pa kone ki pou ena divan.»

 

Rappelons que dans le cadre de cette affaire, plusieurs arrestations sont survenues suite à des allégations de maltraitance. Ce lundi 14 novembre, quatre Caregivers de L’Oiseau du Paradis ont été arrêtées par la CID de Grand-Baie. Elles ont dû verser Rs 10 000 chacune pour retrouver la liberté. Confrontées aux accusations de négligence portées contre elle, ces quatre employées du shelter ont présenté des excuses aux policiers durant leur interrogatoire. Deux jours plus tard, deux autres ont été arrêtées car elles n’auraient pas porté assistance au bébé.

 

Par ailleurs, Cynthia a, à plusieurs reprises, tenté de rendre visite à sa fille qui est toujours hospitalisée. Mais le personnel ne lui a pas permis de la voir car elle doit d’abord avoir une autorisation de la CDU.

 

(*Prénom modifié)