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Accusé d’avoir propagé la Covid-19 en avril dernier - Riad Hullemuth : «Ma famille a été victime d’une grosse injustice»

Le Sudiste ne digère toujours pas que le ministre de la Santé ait balancé son nom à plusieurs reprises.

Cet enseignant de 46 ans revient sur «le calvaire» qu’il a vécu après avoir contracté le coronavirus en avril dernier. L’habitant de New-Grove ne digère toujours pas le fait que le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, ait balancé son nom à plusieurs reprises lors des conférences de presse quotidiennes sur la situation sanitaire dans le pays. Récit.

Il brise enfin le silence. Accusé d’avoir propagé la Covid-19 dans plusieurs régions de l’île en avril dernier, Riad Hullemuth veut aujourd’hui avoir des réponses. «Mo anvi kone zordi kifer zis mo nom ki minis Jagutpal ti site lor tou sa pasian Covid ki finn ena dan pei-la ? Li kont letik medikal sa. Eski se akoz mo fer sosial dan no 13 ou akoz li kone mo pros ek enn parti politik ki dan lopozision ?» se demande cet habitant de New-Grove, également membre de plusieurs ONG.

 

Cet enseignant explique comment il a pu contracter le coronavirus : «Au début du confinement cette année, comme en 2020, nous avons distribué des food packs dans plusieurs localités du Sud en respectant toujours le protocole sanitaire. C’est à Camp-Diable que j’ai peut-être contracté le coronavirus.» Vers fin avril, il commence à se sentir malade. «J’avais de la toux et de la fièvre. Je suis allé voir un médecin du privé qui m’a prescrit des médicaments.» Sa belle-mère, qui vivait chez lui à ce moment-là, commence également à être malade. Les deux se rendent alors dans une clinique privée pour se faire examiner par un proche médecin. «On est passés par tout le protocole sanitaire mis en place par cet établissement. Après nous avoir auscultés, le médecin nous a prescrit du paracétamol. Le 1er mai, toujours fiévreux, je me suis rendu à l’hôpital de Rose-Belle. Trois médecins m’ont examiné et n’ont rien diagnostiqué d’anormal», raconte Riad.

 

Le lendemain, il se rend directement au Covid Testing Centre de Rose-Belle car il va de mal en pis. Sur place, il est placé en isolement en attendant les résultats des examens. Le 3 mai, il est soumis à deux tests PCR. «J’étais positif. On m’a transféré à l’hôpital ENT. J’ai passé cinq jours en isolation avant d’être transféré dans une salle. J’ai été autorisé à sortir le 23 mai.» Son temps d’isolement n’a pas été de tout repos. «J’ai reçu plusieurs appels de l’équipe de contact tracing. Mais je n’avais pas tous mes esprits à ce moment-là. Je n’arrêtais pas de penser à ma famille.» Il est marié à Zahira, une enseignante, et ils ont deux fils de 10 et 4 ans, et une fille de 8 ans. Peu après, toute la famille est transférée dans un centre de quarantaine. «Ils étaient tous négatifs, sauf ma belle-mère qui avait déjà fait ses deux vaccins contre la Covid-19», explique Riad.

 

L’activiste social se trouve toujours en isolement le 6 mai lorsqu’il apprend, avec stupeur, que Kailesh Jagutpal a balancé son nom pour la première fois lors d’une conférence de presse. «C’était le début de mon calvaire. J’avais une state pressure énorme sur ma tête. On m’a harcelé. J’étais traumatisé», déclare Riad.

 

Son épouse Zahira dit également avoir vécu un cauchemar. Le 3 mai, tout le reste de sa famille, y compris sa mère positive, est placé dans une même chambre à l’hôtel Pearl Beach pendant une semaine. «Nous avons fait un autre test le 5 mai. Mes enfants et moi étions toujours négatifs.» Le 11 mai, l’un de ses fils et elle sont testés positifs. Toute la famille est alors transférée à l’hôpital ENT. «Ziska ler, nou pa kone kifer zot inn amenn mo 2 lezot zanfan ki ti negatif osi ENT. Enn zour apre, inn met nou tou dan mem lasam lotel La Pirogue, touzour avek mo mama. Ti ena zis 2 single bed ek enn sofa bed dan lasam-la. Nou ti laba depi 13 me ziska 23 zwin. Lerla mo 2 lezot zanfan ki ti negatif inn vinn pozitif zot ousi», s’indigne Zahira.

 

Riad est terriblement révolté par tout cela : «Ma famille a été victime d’une grosse injustice. De plus, elle a été en quarantaine dans une seule chambre, positifs et négatifs ensemble. Quoi qu’il en soit, je remercie tous ceux qui nous ont soutenus ici et ailleurs.» C’est par le biais de la presse qu’il a appris qu’il y avait une déposition contre lui. Il a dû se rendre au CCID à deux reprises et fournir une caution de Rs 10 000, en juin, pour retrouver la liberté. Il fait l’objet d’une accusation provisoire de Breach of Quarantine Act. Ce qu’il nie. «Lapolis dir ki monn partaz briyani ek fer namaz dan plizier moske. Fos sa», martèle le Sudiste.

 

Il ajoute, vibrant de colère : «Mo res New-Grove. Pa ti ena cluster isi. Personn pann gagn Covid apar mo fami ek enn kouzin ki ti ansam ek mwa kan nou ti pe distribie manze ek bwar. Mo anvi kone kifer minis Jagutpal inn fer koumsa zis ek mwa. Le 6 zanvie, mo ti port plint pou neglizans medikal pou mo ti garson. Ziska ler, pa kone kot lanket-la inn arive. Akoz sa minis inn koum sa ? Mo fini get avoka. Bondie pou fer mwa gagn la zistis.»

 

Sollicité par le biais de son service de presse, le ministre est resté injoignable pour répondre à nos questions et à celles des Hullemuth sur toute cette affaire.