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Accidents fatals : l’horrible deuil de trois nouvelles familles

Bien que les chiffres de la police indiquent une légère baisse dans le nombre d’accidents fatals cette année, la barre des 70 victimes a déjà été franchie pour 2024. La dernière victime en date est un Security Officer de 61 ans, habitant Dubreuil, qui est mort sur le coup lorsque la moto qu’il pilotait est entrée en collision avec un 4x4 en stationnement. Le même jour, une dame de 62 ans a poussé son dernier soupir après 16 jours d’hospitalisation aux soins intensifs de l’hôpital de Candos. Cette habitante de Melrose avait été grièvement blessée lorsque la voiture dans laquelle elle se trouvait avait fait une sortie de route à Belle-Rive. Quelques jours plus tôt, un jeune pompier de 31 ans a aussi perdu la vie quand sa moto a dérapé à quelques kilomètres de sa demeure, à Argy. Des drames qui plongent les familles concernées dans un terrible deuil.

Le pompier Ivano Villars, 31 ans, fait une sortie de route mortelle à Argy

 

Johanne, sa mère : «Mo panse linn rat kontour»

 

Ce mois de juillet devait être très festif pour cette famille. Cependant, elle a commencé avec un terrible drame. Ainsi, c’est dans une grande tristesse que les 9 ans du petit-fils de Joanne Villars – et fils d’Ivano – ont été célébrés le 6 juillet. Et son anniversaire a elle, le 20 juillet, sera tout aussi triste. «Nou ti sipoze fet mo laniverser an fami lor enn katamaran dan Grand-Baie. Nou ti fini fer bann rezervasion. Samem mo pir kado», pleure cette maman après le décès tragique de son fils aîné. Ivano Villars, 31 ans, a succombé à ses blessures après un tragique accident de la route survenu le 1er juillet, à quelques kilomètres de son domicile, à Argy. Le jeune homme, qui travaillait comme pompier depuis 2018, était affecté à la caserne de Flacq.

 

L’habitant de l’Est a commencé sa carrière à la Training School, à Coromandel, avant de faire ses armes à Piton et à Port-Louis. «Li ti lor motosiklet kan linn derape. Nou pa kone kot li ti sorti», raconte Johanne, 48 ans, le coeur en miettes. Les membres de sa famille et elle ont appris la terrible nouvelle vers 14 heures en ce premier jour de juillet. Selon la police, l’accident qui a coûté la vie à ce soldat du feu a eu lieu sur la route principale à Argy. Les policiers du poste de Flacq sont arrivés sur les lieux du drame vers 12h20 et ont retrouvé Ivano Villars allongé sur l’asphalte à côté d’une motocyclette.

 

À son arrivée sur place, le personnel du SAMU n’a pu que constater le décès du jeune homme. Le rapport d’autopsie indique qu’il a rendu l’âme à la suite d’une lacération de l’aorte. Ses funérailles ont eu lieu le lendemain à l’église de Sainte-Ursule, à Flacq. Johanne et les siens sont complètement abasourdis par ce terrible malheur. «Tou dimoun apel li pompye mem dan landrwa isi. Li tousel fer sa travay-la dan Argy. Motosiklet-la pena bel dega. Pa ti pou li sa. Se pou enn kamarad. Li ti sipoze fer day duty sa zour-la me li pa ti ale. Aksidan-la inn arive pre kot enn lasal. Mo panse linn rat kontour», confie Johanne. Son époux Eddy, 57 ans, et son fils cadet, âgé de 29 ans, sont également marqués à vie par ce drame.

 

Ivano a toujours été un «role model» pour son entourage. Après ses études au Darwin College, à Flacq, le jeune homme «ti apply pou rant lapolis», nous dit sa mère. «Li ti al fer tou bann test ki bizin me zame li pann gagn repons pou sa. Linn apply pou pompye lerla kan form inn deor. Li ti touzour anvi servi so pei», précise Johanne, la voix cassée par l’émotion. Ivano a toujours été une source d’inspiration pour sa famille et son entourage. Son fils vit à Bel-Air avec sa grand-mère maternelle. Ils étaient proches malgré la distance.

 


 

Anita Dussoo, 62 ans, succombe à ses blessures après 16 jours d’hospitalisation

 

Arvind, son fils : «Monn perdi mo lame drwat»

 

La ruelle menant au domicile des Dussoo à Melrose est très animée en ce vendredi matin. Pendant que des vans scolaires retardataires déposent des enfants devant l’entrée de l’école du gouvernement de cette localité de l’Est, des proches de cette famille s’activent à terminer les préparatifs en vue des funérailles de Poomatee Dussoo, née Applasawmy, plus connue comme Anita. Cette mère de famille a poussé son dernier soupir, la veille, après 16 jours d’hospitalisation.

 

Elle avait fêté ses 62 ans le 29 juin dernier sur un lit à l’unité des soins intensifs de l’hôpital de Candos. Elle y avait été admise à la suite d’un accident de la route survenu dans la soirée du 17 au 18 juin sur la route principale de Belle-Rive. La voiture que conduisait un neveu, âgé de 25 ans, a fait une sortie de route vers 00h10, non loin du rond-point de cette localité, avant de terminer sa course contre un pylône. Anita avait été  grièvement blessée dans cet accident, notamment à la colonne vertébrale. «Linn res konsiant enn sel zour. Linn tom dan koma apre so loperasion», regrette son fils Arvind. Elle a finalement succombé à une septicémie.

 

La victime revenait d’une réception avec ses proches lorsque l’impensable s’est produit. «Mo ti dan loto ansam mwa ousi. Nou ti sorti enn resepsion Rose-Belle. Mo kouzin ki ti lor volan. Linn gagn somey. Loto inn derape avan li al tap ek enn kolonn ek fini dan bwa», précise Arvind. Selon les premiers éléments de l’enquête policière, l’alcootest du conducteur s’était révélé négatif.

 

Pour Arvind et les siens, la perte est terriblement lourde. «Monn perdi mo lame drwat», martèle-t-il avec douleur. Anita Dussoo était femme au foyer. Elle aidait toutefois son fils qui travaillait à son compte. «Mo dan bizness restorasion. Mo mama ti pe ed mwa bokou», dit-il. Les funérailles de la sexagénaire ont eu lieu au crématorium de Médine Camp-de-Masque, le samedi 6 juillet.

 


 

Govind Jhuyrag, 61 ans, meurt après une collision à Dubreuil

 

Sooven, son fils : «Nou res bet kouma linn kapav tape ek mor»

 

Il avait enfourché sa moto comme à l’accoutumée pour aller travailler. Govind Jhuyrag, un habitant de Princess Alexandra Street, à Dubreuil, avait toutefois rendez-vous avec la mort ce jour-là. Il a succombé à ses blessures après un tragique accident de la route le 4 juillet, vers 17h45. Cet homme de 61 ans travaillait comme Security Officer pour la compagnie Brinks. Ce jour-là, il se rendait à Wooton où il devait prendre son service à 18 heures, dans l’enceinte de la compagnie SKC Surat. «Li poste laba depi 18 an», explique Sooven, son fils aîné âgé de 44 ans. Le défunt a aussi une fille et un autre fils.

 

L’accident qui prive à jamais ces trois enfants de leur père s’est produit sur la route principale à La Chartreuse, Dubreuil. Les premiers éléments de l’enquête indiquent que le sexagénaire a perdu le contrôle de sa moto avant de heurter l’arrière d’un 4x4 en stationnement sur cette route. Les caméras de Safe City de la région ont filmé toute la scène, précise Sooven. «Bann lapolis dan landrwa inn dir mwa ki trouv mo papa bien dan bann zimaz kamera. Li ti pe roul dousman. Nou res bet kouma linn kapav tape ek mor», affirme Sooven.

 

La police est arrivée très vite sur les lieux après l’accident, suivie de peu par le personnel du SAMU. Toutefois, le Dr Hoseny n’a pu que constater le décès de Govind Jhuyrag. L’autopsie a conclu qu’il est décédé suivant un «cranio cerebral injury». Le chauffeur du tout-terrain accidenté, un agent immobilier de 37 ans habitant Candos, a été arrêté et soumis à un alcootest qui s’est révélé négatif. Il a été relâché sur parole le soir même, mais a dû comparaître en cour le lendemain sous une accusation provisoire d’homicide involontaire.

 

Govind Jhuyrag est parti brutalement sans avoir pu réaliser les nombreux projets qu’il chérissait. Il continuait d’ailleurs de travailler pour pouvoir atteindre ses objectifs. Il devait, entre autres, marier son fils de 33 ans, son benjamin, en décembre prochain. Le destin en a cependant décidé autrement pour cet homme qui devait souffler ses 62 bougies le 30 août prochain.

 

L’identité du piéton tué à Riche-Terre toujours inconnue

 

Le piéton décédé sur l’autoroute à Riche-Terre dans la soirée du 2 juillet à la suite d’un accident de la route n’a toujours pas été identifié. La police s’est rendue sur place vers 21h40 ce soir-là. Sur place, ils ont retrouvé un homme allongé sur la fast lane allant en direction de Port-Louis. Une Honda Fit bleue était garée 50 mètres plus loin, sur la gauche. Le conducteur n’était pas sur place. Des volontaires l’avaient transporté à la Clinique du Nord, à Baie-du-Tombeau, car il ne se sentait pas bien. Son état de santé n’est toutefois pas jugé inquiétant. Son alcootest s’est également révélé négatif. Mais, selon les premiers éléments de l’enquête, ce ne serait pas lui qui aurait heurté mortellement le piéton. Il serait passé à cet endroit juste après mais se serait arrêté contrairement à la voiture responsable de la mort de l’homme inconnu.

 

À son arrivée sur place, le personnel du SAMU n’a pu que constater le décès de celui-ci. Sa dépouille a ensuite été transportée à la morgue de l’hôpital SSRN pour les besoins d’une autopsie. Le Dr Chamane, Police Medical Officer, a conclu qu’il est mort d’un «shock due to multiples injuries». La police a déjà lancé un appel à témoins pour identifier la victime. Les enquêteurs ont aussi visionné les images de Safe City dans cette affaire. On voit clairement le piéton alors qu’il traversait la route de gauche à droite à un certain endroit avant le rond-point menant à la rue Cocoterie.

 

Selon les images de Safe City toujours, il zigzaguait. Plusieurs véhicules qui roulaient en direction de Port-Louis ont dû freiner pour éviter de le renverser. Le malheur a toutefois fini par frapper. Une voiture l’a renversée avant de prendre la fuite. La police a eu vent qu’il s’agissait d’une Mini Cooper rouge. Le conducteur a, par la suite, été intercepté à Phoenix. Cet aide-chauffeur de 33 ans habitant à Tamarin a déjà avoué les faits. Le jeune homme a confié aux enquêteurs qu’il s’était sauvé car il avait eu peur. Ces derniers ont déjà mis la main sur la voiture pour les besoins de l’enquête.

 

Les chiffres indiquent une légère baisse…

 

Nos routes ont déjà fait 71 victimes depuis le début de l’année sur un total de 66 accidents fatals. À ce jour, 13 piétons, 18 conducteurs, 33 motocyclistes, 5 cyclistes, 10 passagers et 2 personnes voyageant en croupe à moto ont perdu la vie tragiquement. Les chiffres de la police indiquent toutefois une baisse dans le nombre de victimes cette année. À pareille époque l’année dernière, il y avait eu 77 morts à la suite de 75 accidents fatals.