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Abris de nuit : pour surmonter les challenges de la crise

Les résidents de l'abri de Port-Louis ont eu droit à des séances d'art-thérapie.

Vivre le confinement dans un abri de nuit n’est pas tous les jours facile ni pour les résidents, ni pour les accompagnateurs. Quelques membres des deux abris de nuit de Caritas nous parlent de cette expérience et des difficultés qu’il a fallu surmonter.  

Un refuge. Un endroit qui, l’espace de quelques mois, quelques années, fait office de maison où l’on peut manger, se doucher et dormir avec un toit sur la tête. Aux yeux des sans domicile fixe, c’est ce que représente un abri de nuit. Cela fait de nombreuses années que Caritas, organisation non-gouvernementale, gère ses deux abris de nuit qui se trouvent l’un à Port-Louis et l’autre à St-Jean. Si l’organisation, à force d’expérience et d’expertise, est bien rodée, elle a été touchée, comme beaucoup, par les répercussions de la crise sanitaire qui a touché le pays en 2020.

 

Parmi les difficultés, un manque de professionnels pour accompagner et encadrer les résidents est aussi à déplorer. Si Caritas compte aussi beaucoup sur le volontariat, depuis la crise sanitaire, le nombre de bénévoles est en chute libre, ce qui oblige l’organisme à investir dans un personnel pour rouler les opérations et encadrer les résidents.

 

Programme psychosocial

 

Cependant, un des plus gros challenges auxquels les abris de nuit ont eu à faire face, explique Patricia Adèle Félicité, secrétaire générale de Caritas Île Maurice, c’est le changement de profil des résidents. «Nous avons remarqué que nos rues sont remplies de jeunes SDF. Avant, nous accueillions principalement des tontons, des personnes d’un certain âge, la plupart du temps malades et alcooliques. Depuis le début de la crise, ce sont plus des jeunes qui sont en souffrance qui quittent leur famille ou qui, après avoir été ballotés de shelter en shelter, se retrouvent à 18 ans dans la rue, sans aucun accompagnement, aucune structure d’accueil qui les prend sous son aile, alors que les institutions sont censées tout faire pour assurer leur avenir.»

 

En plus d’un parcours complexe et difficile, ces jeunes souffrent, pour la plupart, d’addiction à la drogue. Pour s’occuper d’eux, surtout en période de confinement, explique Solange Potou, responsable de programme de réinsertion à l’abri de nuit de Port-Louis, qui accueille 25 résidents, il a fallu faire preuve de patience et de dextérité. «Il y a un vrai rajeunissement des résidents qui arrivent ici, avec une grosse dépendance aux substances chimiques. Les calmer et les canaliser, alors qu’ils se retrouvent enfermés au centre à cause du confinement, n’a pas été facile. Ici, nous avons des règles pour la vie en communauté et ce n’était pas facile pour eux de s’adapter. Beaucoup souffraient de leur addiction et voulaient absolument sortir pour se procurer de la drogue malgré les restrictions sanitaires. Certains ont préféré partir, d’autres ont décidé de rester et de s’accrocher.»

 

Avec ces derniers, poursuit-elle, il a fallu établir un lien, créer une relation de confiance, avant de pouvoir commencer le travail car, bien plus que des abris de nuit, ceux de Caritas proposent un accompagnement adapté, à travers un programme psychosocial, afin de favoriser la réintégration dans la famille ou la réinsertion dans la société. Profitant du confinement, l’équipe de l’abri de nuit a organisé un séminaire de deux jours, ce qui a permis aux résidents de s’interroger, de réfléchir et de se projeter dans l’avenir. À la suite de cela, quatre autres séminaires ont été organisés.

 

Si en temps normal, les résidents quittent le centre le matin pour y revenir dans l’après-midi, en temps de confinement, c’est tout à fait autre chose car ils se retrouvent à l’abri en permanence. «Normalement, nous roulons l’abri uniquement la nuit mais avec le lockdown, c’est en mode 24/7. Ils ont leurs habitudes et aiment leur liberté, ne pas sortir du tout a été compliqué mais nous avons dû trouver de nouvelles idées pour les occuper», explique Patricia Adèle Félicité.

 

À l’abri de St-Jean, qui accueille actuellement 37 résidents, Lynley Lachicoree, encadrant, a misé sur des activités sportives et de loisirs. «Nous avons organisé des tournois de domino et de pétanque avec des petits prix à la clé. Nous avons lancé des journées de nettoyage et les résidents participent à la préparation des repas. Il y a aussi régulièrement des causeries et des partages pour les aider à développer un savoir-faire et un savoir-vivre avec les autres.» 

 

Pour Jean Noel Leste, encadrant à Port-Louis, il est alors question de les occuper de la meilleure façon possible. «Pour cela, nous avons mis en place différentes activités. D’abord, lors du premier confinement, nous avions mis en place une salle de gym qui marche toujours à merveille aujourd’hui. Il y a aussi du baby-foot, des jeux de loisirs comme le domino et le caroms. Il y a aussi le programme psychosocial, surtout pour nos jeunes résidents qui ont besoin d’une aide spécifique. Nous avons travaillé en collaboration avec le Centre Frère René Guillemin qui propose l’art-thérapie, ce qui leur a permis de travailler sur leurs souffrances, sur leurs blessures.» Ce qui est important, c’est qu’ils se sentent soutenus et que ça réveille en eux, dit-il, l’envie de s’en sortir et de réussir.

 


 

Programme d’aide alimentaire : aider les familles à se remettre debout

 

Tendre une main bienveillante à ceux qui luttent au quotidien. C’est la mission de Caritas. Présente depuis des décennies dans la lutte contre la pauvreté à Maurice, cette organisation caritative a accentué son combat avec les effets de la pandémie de Covid-19 et les conséquences du confinement, qui ont frappé de plein fouet de nombreuses familles vivant déjà dans des conditions difficiles. En ligne avec son engagement, Caritas a participé, le 11 mai 2020, à l’appel à projets du National Covid Fund (NCF) en soumettant un vaste Programme d’aide alimentaire. Un projet qui vise à toucher les principales poches de pauvreté en s’appuyant sur le large réseau de volontaires et de travailleurs sociaux de l’association, déployés dans les 52 points d’intervention de Caritas dans l’île.

 

«Nous sommes très heureux que le NCF ait validé notre projet. Les fonds obtenus sont d’une grande aide pour continuer un travail difficile et souvent compliqué, entamé depuis l’année dernière auprès des plus démunis, avec des moyens bien moindres. Le dévouement et la compétence sont les principales qualités de notre association, membre de Caritas Internationalis et établie à Maurice depuis 1965, et nous avons déjà et à de multiples reprises démontré la pertinence de notre engagement», affirme Patricia Adèle Félicité, secrétaire générale de Caritas.

 

Le Programme d’aide alimentaire de Caritas comprend deux volets. D’abord, il est question d’un projet d’aide alimentaire directe, à travers la distribution de food packs/vouchers durant le confinement et de repas scolaires aux enfants. Le second volet consiste en un projet de développement agricole à travers des potagers afin d’aider les familles à sustenter à leurs propres besoins. Ce programme, qui a débuté en novembre 2020 et qui devrait prendre fin en octobre 2021, a pour cible plus de 3 500 familles bénéficiaires qui ont été durement affectées depuis le début de la pandémie. Le nombre total des personnes bénéficiaires est de plus de 17 500. «Nous tenons à remercier particulièrement les autorités et les différentes institutions avec lesquelles nous entretenons de très bonnes relations de travail, nos bénévoles qui s’activent chaque jour pour venir au secours des familles les plus vulnérables, sans oublier nos partenaires et donateurs qui soutiennent notre action contre vents et marées», souligne la présidente de Caritas, Brigitte Koenig.

 

Ainsi, lors de ce second confinement, 4 766 food packs avaient été distribués au 21 mars par Caritas, financés par les fonds obtenus du NCF. Le 1er avril, un rapport a été soumis aux autorités et un audit de la National Social Inclusion Foundation sur l’utilisation des fonds obtenus par l’association est actuellement en cours, pour encore plus de transparence et de gouvernance. Si en marge de ce projet, Caritas ne fait plus appel aux dons alimentaires, l’organisation a identifié d’autres besoins dans certaines zones d’intervention. Parmi, des produits hygiéniques pour nourrissons et personnes âgées.