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Pooja Gopee : D’amour et de cœur

La coordinatrice de projet nous parle de son engagement et de la mission d’Inclusion Mauritius.

C’est au sein d’Inclusion Mauritius qu’elle œuvre et milite pour les droits des personnes avec une déficience intellectuelle. Alors que l’organisme avait intégré une quarantaine de ses membres au dernier Ferney Trail, Pooja Gopee, coordinatrice de projets, nous parle de la fédération et de son engagement.

Elle les connaît tous par leur prénom. Est au courant de chacune de leurs histoires. Et quand elle croise Pravesh ou Kavish, en ce mercredi dans l’enceinte de l’APEIM à Trianon, plus précisément dans les couloirs qui mènent à son bureau au premier, on devine le lien très fort qui existe entre elle et ces personnes pour qui elle se bat. Souriante, l’approche amicale, Pooja Gopee nous ouvre ainsi les portes de son monde. Là, au cœur d’Inclusion Mauritius, un collectif d’ONG qui encadrent des personnes à déficience mentale, la coordinatrice de projets dévoue sa vie depuis 2015 pour que les choses changent.

 

«La fédération a été fondée en 2003 et notre objectif principal est d’œuvrer et de travailler pour les droits des personnes ayant une déficience intellectuelle. Nous travaillons actuellement avec 14 ONG», explique la jeune femme. Partout autour d’elle, des symboles de son engagement, des dossiers et autres documents mais aussi un bouquet : «J’ai fêté hier (NDLR : mardi) mes 31 ans. Quand je suis arrivée et que j’ai vu cette attention, je me suis dit, encore une fois, car je le dis souvent, que je suis à la bonne place. Ces personnes méritent qu’on leur donne une chance. Il existe des slow learners, il y a des personnes qui peuvent accomplir de grandes choses si on leur fait confiance et leur donne l’occasion de se réaliser. Aujourd’hui, beaucoup de nos membres ont trouvé un emploi dans une compagnie et font très bien.»

 

D’une activité à une autre, c’est associé au Ferney Trail que l’organisme a récemment fait parler de lui. Depuis 2017, le CIEL Ferney Trail soutient Inclusion Mauritius et reverse 50 % des recettes des inscriptions à cette ONG. Et cette année, une quarantaine de personnes contre une trentaine en 2017, encadrées par Inclusion Mauritius, ont participé à la course de 4 km du CIEL Ferney Trail. «Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est important pour eux de se sentir dans le mainstream, de ne pas être étiquetés, de ne pas se sentir différents. D’ailleurs, ils n’aiment pas qu’on parle d’eux comme des autrement capables. Ils sont ce qu’ils sont et participer au Ferney Trail, en dehors d’une activité pour les special needs, dans une course où participent des Mauriciens d’horizons divers, leur a permis de se sentir comme tout le monde», confie Pooja.

 

«Me surpasser»

 

Ce jour-là, elle était aux premières loges pour voir ses petits protégés franchir avec fierté la ligne d’arrivée. Et ce n’est certainement pas Pravesh Panchoo, un des participants, qui dira le contraire. «Je me suis bien préparé pour cette course et je me suis donné à fond. C’est vraiment quelque chose à vivre. Cela m’a permis de me surpasser», dit le jeune homme, sous le regard complice de Pooja. Au fil des années, cette dernière l’a vu s’épanouir et se construire. Cela, grâce à tout un travail qui est effectué avec une équipe de personnes dédiées, passionnées et dévouées.

 

«Nous sommes membres d’Inclusion Africa et sommes affiliés à Inclusion International. Nous agissons en tant que plateforme où chaque organisation a la possibilité de partager ses connaissances, son expérience et ses ressources, tout en identifiant et analysant des problèmes communs. Nous travaillons comme un groupe de pression efficace, avec des décideurs, et nous faisons partie d’organisations régionales et internationales ayant des objectifs similaires», explique Pooja.

 

Elle croit beaucoup dans le programme Self Advocate Inclusion Mauritius (SAIM). «Le SAIM permet aux auto-représentants de s’exprimer et d’être aussi indépendants que possible. L’objectif principal est de leur donner les moyens d’acquérir les compétences nécessaires pour mener une vie autonome et les compétences relatives à l’employabilité, ainsi que de sensibiliser et de reconnaître leurs droits, énoncés dans la Convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées.»

 

Des success stories, des personnes qui sont sortie de leur cocon pour voler de leurs propres ailes, elle en côtoie de plus en plus. À l’instar d’Abhisheik Mahes, jeune homme qui souffre de déficience intellectuelle et qui, après avoir été encadré par Inclusion Mauritius, a trouvé un emploi. «C’est mon premier boulot et c’est la première fois que je me suis retrouvé dans un environnement de travail parmi d’autres personnes. Pour la première fois, j’ai eu un salaire. J’ai senti qu’on me faisait confiance et qu’on croyait en moi. Je me suis senti utile et plus encore, j’ai prouvé qu’on pouvait compter sur moi», explique le jeune homme qui a travaillé pendant deux ans dans la succursale d’un supermarché  très connu de l’île.

 

Il y a l’enthousiasme d’Abhisheik mais aussi le bonheur retrouvé de Kavish Madoo. «J’ai arrêté l’école en Form IV et je pensais que je n’allais pas trouver un emploi. Mais une fois à Inclusion Mauritius, j’ai compris que j’avais du potentiel. J’ai eu une très bonne expérience à The Address Boutique Hotel. Je répondais au téléphone et je travaillais dans la comptabilité», nous explique le jeune homme, très emballé par ce qu’il a vécu.

 

Ce sont ces histoires qui font dire à Pooja, détentrice d’un diplôme en Business Management, d’un degré en sciences politiques et relations internationales, et d’un master en Public Policy & Administration, qu’elle a eu raison de faire ce choix. Celle qui a travaillé à Mauritius Telecom ou encore au British Council s’est retrouvée, «par pure coïncidence», dans cet univers où l’humain est au centre de tout et pour lequel elle se donne de tout son cœur et avec beaucoup… d’amour.