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Ressaisissons-nous !

Recentrons le débat. Attitude nécessaire à l’heure où la confrontation d’idées donne lieu à d’âpres attaques des uns et des autres, basculant Maurice dans une hystérie inconfortable. Recentrons le débat pour ne pas tomber dans une psychose inutile. Recentrons-nous pour dire, de manière claire et précise, que le débat n’est pas autour de l’homosexualité, thème qui, comme une multitude de sujets, provoque de passionnantes discussions, souvent irrationnelles.

 

Ressaisissons-nous car le débat n’est pas non plus une question d’appréciation de la Gay Pride (on peut être amateur ou pas) organisée pendant les 13 dernières années à Maurice. Recentrons-nous pour dire également que, dans un pays démocratique, la liberté de pensée est acquise, que oui, chacun a son opinion et qu’il est possible de dire qu’on est contre l’homosexualité. Mais il ne s’agit pas de cela et ne nous trompons pas.

 

Il est ici question d’un groupe de personnes qui s’est permis de faire une manifestation illégale avec l’objectif (réussi) d’empêcher une autre marche qui, elle, avait toutes les autorisations d’avoir lieu. Et elle est là, la controverse. Pas ailleurs. Elle ne vient pas du fait qu’on soit pour ou contre l’homosexualité. Parce qu’il est trop facile de faire des amalgames, de créer des confusions, de trouver des prétextes. Ce, avec la complicité d’élus démagogues, hormis Ezra Jhuboo (PTr), le seul à avoir publiquement pris position en refusant toute forme d’obscurantisme. Tout comme il est facile de brandir l’argument d’un post blasphématoire qui, on peut le comprendre, a choqué et blessé, mais dont le Collectif Arc-en-Ciel s’est dissocié, alors qu’on attend de la police qu’elle fasse son enquête.

 

Ce qui s’est passé à la Place d’Armes est une démonstration d’un groupe de personnes qui a pris la liberté de bafouer notre État de droit. Et il est là le problème. Une centaine d’hommes a décidé de ne pas respecter les droits et la liberté d’autres centaines de citoyens au sein de la République de Maurice. Résultats : une marche libre n’a pu avoir lieu pour des raisons religieuses. En clair, donc, nous sommes dans un État où les croyances ont plus de pouvoir que les lois républicaines. Et il est là le questionnement ! Il est là le débat.

 

Pourquoi est-ce que notre démocratie, à travers sa police, n’a pu protéger les droits d’un groupe de citoyens qui avait eu l’autorisation de marcher librement dans nos rues ? Pourquoi est-ce que des personnes ont pu se regrouper sans autorisation tout en privant d’autres de leur liberté ? Depuis quand est-ce que la religion a préséance sur nos droits et les lois républicaines ? De qui se moque-t-on quand l’on affirme que ceux qui étaient à la Place d’Armes ne faisaient qu’une prière ? Comment expliquer qu’on se sert de sa liberté d’invoquer sa religion pour brimer les droits laïcs des autres ? Si aujourd’hui on brandit le Coran, demain, pourquoi est-ce que la Bible, le Bhagwat gita ou d’autres livres sacrés ne pourraient  pas justifier des actions illégales ? Peut-on imaginer la cacophonie si chacun commence à invoquer «sa» religion ?

 

Pour toutes ces raisons, il est important que chacun d’entre nous garde sa capacité de jugement et se demande dans quel pays il veut vivre. Parce que le débat n’est pas sur l’homosexualité, sur la Gay Pride, mais sur les lois, libertés et droits des enfants de la République…

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