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Le monde imaginaire d’Etienne

S’il ne s’agissait pas de drames humains, on pourrait en rire. Tant cette déclaration frise le ridicule, sinon l’indécence. Donc, dit Sinatambou lors d’une rencontre avec les habitants à Barkly, lundi dernier, il ne savait pas que des enfants étaient traumatisés par les événements de la semaine dernière et il s’est dit surpris parce qu’il n’avait pas les mêmes informations. Quelques jours plus tard, ce même ministre affirmait, en conférence de presse, qu’il n’a pas quitté la rencontre avec les habitants de Barkly en catastrophe. Il a aussi tenu à partager les sacrifices consentis pour se rendre dans cette région. Il s’est rendu là-bas en quittant sa famille, en allant «prendre traka dimounn» et en l’occurrence, les habitants auraient dû lui dire merci. 

 

On résume ? Sinatambou croyait ainsi que l’arrivée des bulldozers à Barkly aurait été accueillie avec joie et enthousiasme par des enfants tout heureux de voir des pelleteuses démolir une partie de leur maison. Ce ministre a aussi cru qu’il a fait preuve de dévouement en quittant, l’espace d’une heure, femme et enfant pour se rendre à Barkly où il s’attendait  à recevoir un accueil triomphal suivi de remerciements chaleureux. Et Sinatambou tente de nous faire croire qu’il n’a pas quitté les lieux avec précipitation, mais qu’il s’est engouffré subitement dans la voiture de son collègue Collendavelloo, ce soir-là, juste parce qu’il avait une furieuse envie de blag blage avec lui et d’entamer ensemble un bout de chemin (là, il est permis de rire).

 

Au-delà du fait qu’à chaque prise de parole de Sinatambou, le gouvernement s’effondre un peu plus, au-delà de ses déclarations farfelues ou à l’emporte-pièce (exemples : sa tentative de justifier les propos condamnables de Soodhun, son refus de voir le boycott des médias libres à l’aéroport, le jour de l’arrivée du Premier ministre de  Rodrigues, qui  lui, a  reconnu en toute franchise les «manquements»), le mindset de Sinatambou témoigne d’un fait : ce gouvernement a pris très peu de temps à se couper des réalités. 

 

Car, n’en déplaise à Sinatambou, non, il n’a fait aucune faveur aux habitants de Barkly en allant à leur rencontre, lundi soir ; non, il n’a pas sacrifié son temps ou celui de sa famille ; non, il n’a pas tendu une main comme il le croit et il ne s’agit pas là de prendre traka dimounn. Car l’on attend de lui qu’il fasse juste son travail. Personne ne l’a obligé à devenir politicien. Il se trouve qu’il fait partie de ce gouvernement, qu’il est son porte-parole. À ce titre, il a un devoir, une part de responsabilité que ses collègues et lui, ainsi que le Premier ministre, doivent assumer. 

 

Bien évidemment, il ne s’agit pas de cautionner les constructions, voire les extensions illégales s’il en existe. Mais il est question ici de manière de faire, de traitement humain, de dignité, de respect. Et il aura beau tenter, en conférence de presse après coup, de mettre les vifs échanges sur le compte de l’opposition, son incapacité à comprendre qu’il y avait de sérieuses préoccupations, que le manque de dialogue et l’absence d’humanité ont fait défaut, illustre le fossé grandissant entre ceux qui sont au pouvoir et le public. Deux mondes s’affrontent déjà. Celui bien réel du peuple, et l’autre imaginaire dans lequel vit Etienne et ses amis. 

 

Alors que, généralement, c’est au bout de plusieurs années/mandats que les gouvernements sont atteints du syndrome de l’arrogance du pouvoir, celui du MSM montre déjà sa suffisance. Et il s’enfonce dans la médiocrité avec ses membres qui refusent de rendre des comptes après avoir oublié la transparence promise. 

 

Une équipe à l’image de son porte-parole et du directeur de communication de la cellule du Premier ministre. L’un décrédibilise l’alliance MSM-ML à chaque fois qu’Etienne Sinatambou s’exprime, et l’autre, Rudy Veeramundur, a démontré, hier, sur Radio Plus, son impuissance à répondre aux questions claires et directes sur un sujet qu’il est censé maîtriser : la communication du gouvernement. Deux heures à être dans le déni des réalités et à rater toutes ses réponses. Pathétique ! 

 

Comment font-ils pour marquer systématiquement contre leur camp ?