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Le courage de dire non

La différence entre la citoyenne Nirmala Maruthamuthu et la ministre de l’Égalité du genre, Fazila Jeewa-Daureeawoo ? L’une a eu l’audace de dire non à un ministre de la République, l’autre a manqué de bravoure face aux propos sexistes d’un député. Si Nirmala Maruthamuthu suscite l’admiration de l’opinion publique après avoir osé interrompre Showkutally Soodhun, lui disant avec raison qu’il était out of subject, la ministre Daureeawoo provoque, elle, la déception, n’ayant pas jugé utile, alors qu’elle était présente à une fonction, d’interrompre le Deputy Chief Whip qui a traité une journaliste de femel lisien. 

 

Pire, la ministre Fazila Jeewa-Daureeawoo, qui n’est pas à la tête de n’importe quel ministère, n’a rien trouvé de mieux que de mettre l’intolérable dérapage de Rutnah sur le compte d’un lapsus. Il aura fallu l’indignation collective pour qu’elle comprenne, un jour plus tard, que les propos de son collègue sont inacceptables et que celui-ci se doit de s’excuser. Cette attitude de Daureeawoo est significative. Elle démontre l’incapacité des membres d’un gouvernement à dénoncer un des leurs, même si celui-ci tombe dans la bassesse en franchissant allègrement les limites du tolérable. 

 

Cette absence de réaction illustre également le comportement solidaire et complice de tout un cabinet qui préfère laisser dire les pires outrances pour ne pas dénoncer un collègue. La preuve est la déclaration d’Ivan Collendavelloo qui, ce soir-là, cautionnait les dires du député du ML par un «Mo konpran koler Rutnah. Li amerde ar zournal (…) Li dekale sa kalite bann la amerd li la…» Collendavelloo, à l’exemple de Daureeawoo, a mesuré la colère des Mauriciens 24 heures plus tard et a fini par présenter des excuses au nom de son parti. 

 

Au fond, ce qui s’est passé cette semaine avec Rutnah nous rappelle deux précédents épisodes d’un autre élu qui, malgré un langage inadmissible, a bénéficié de la solidarité de ses pairs. Ainsi, quand Soodhun, puisque c’est de lui qu’il s’agit, dit publiquement que s’il avait un revolver, il aurait «touy» le leader de l’opposition, la plupart de ses camarades de parti – à l’exception de Leela Devi Dookhun-Luchoomun – préférèrent regarder ailleurs, certains affirmant même ne pas avoir suivi l’affaire. Sans compter ceux qui prenaient carrément sa défense, à l’instar du porte-parole du gouvernement, Etienne Sinatambou, qui estimait qu’il «y a eu une exagération 
des propos». 

 

C’est Sinatambou toujours qui, invité à commenter le dernier comportement du même Soodhun lançant un violent «ferm ou la bous madam» à l’encontre de Nirmala Maruthamuthu, a tenté laconiquement, une nouvelle fois, de sauver la face de l’encombrant ministre : «Si quelqu’un n’est pas d’accord avec un discours, il doit s’en aller.» Aux côtés du porte-parole du gouvernement ce jour-là, d’autres parlementaires ne cachaient pas leur gêne mais pas un n’a condamné Soodhun. Tel est le comportement de nos politiciens qui préfèrent être solidaires de leurs camarades voyous au lieu de prendre position et d’oser dire non à certaines dérives. Il est vrai qu’affirmer le contraire, que résister, dépasser la langue de bois, ne pas rester politiquement correct, demandent un certain courage. Qui fait défaut à nos politiciens. Le courage de dire non ! Et c’est à une citoyenne que nous le devons. Merci et bravo madame ! Tout n’est pas perdu. Que nous soyons tous inspirés. Car l’espérance pourrait venir de là. De l’audace des citoyens. 

 

 

- Au-delà des derniers développements survenus dans l’affaire Husein Abdool Rahim/Yerrigadoo, qui s’est transformée en une guerre des médias, au-delà de l’influence d’un escroc qui pourrait se flatter de diviser la profession journalistique, au-delà des questions du public qui se perd dans tout ce capharnaüm, il reste quelques observations essentielles, rationnelles et factuelles. (i) Est-ce normal qu’un ministre de la République se serve d’un bureau aussi sérieux que celui de l’Attorney General pour dispenser un laisser-passer de voyage à un arnaqueur ? N’est-on pas là devant une utilisation abusive d’une institution, d’autant que Yerrigadoo a reconnu publiquement que ce fameux document a été émis par son bureau ? (ii) Quelles sont les raisons d’une différence de traitement par la police entre Abdool Husein Rahim, qui a avoué publiquement avoir juré un faux affidavit, et les autres citoyens qui sont, eux, arrêtés de manière précipitée pour des délits moindres ? (iii) À qui profite aujourd’hui toute cette querelle inutile entre titres de presse, si ce n’est qu’elle excite des politiciens trop contents d’être dans le rôle de spectateurs face à un combat entre journalistes ?