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La véritable hauteur des hommes…

Il y a le statut et la stature. Enfiler (au passé comme au présent) la veste d’un Premier ministre ne donne pas directement l’aura d’un homme d’État à certains. On le mesure devant leur incapacité à prendre de la hauteur et surtout face à cet incompréhensible enthousiasme à nous entraîner dans l’abîme des débats médiocres. Prenons Ramgoolam. Celui qui aurait dû avoir la pudeur de céder sa place après son incroyable débâcle s’est donné pour mission de démontrer qu’il existe toujours, tant les allées du pouvoir lui manquent.

 

Ainsi, a-t-il déclaré cette semaine à propos des accusations contre Pravind Jugnauth : «Mo fer ou rapel ki seki Peroomal Veeren inn dir se sou serman. Ki intere li ena pou dir sa ?» Que le trafiquant de drogue qui purge actuellement 34 ans de prison (et qui est soupçonné d’avoir menti sur un carnet lui appartenant devant la commission) dise vrai ou faux n’est pas notre propos. Il revient à la police et à la commission d’enquête sur la drogue de vérifier ses dires, de réclamer des preuves tangibles au-delà d’allégations faciles, et d’établir les éventuelles connexions entre barons de la drogue et politiciens. 

 

Qu’un leader, chef de parti, ancien Premier ministre, utilise cette commission qui a besoin de toute sa crédibilité – le fléau de la drogue étant d’intérêt national – pour satisfaire ses petites manœuvres politiques est tout simplement déplorable. Et qu’il se range de manière démagogique dans le camp (sic !) d’un trafiquant de drogue doit être dénoncé avec force. D’autant que c’est pendant cette même conférence de presse que Ramgoolam s’est montré emballé à évoquer les liens Pravind Jugnauth-Geeanchand Dewdanee-Mahen Gowressoo, ayant juste oublié une précision de taille. Car si effectivement il y aurait une proximité entre Dewdanee – le suspect actuellement incarcéré, collant au Premier ministre comme un sparadrap sur certaines photos – et Pravind Jugnauth, Ramgoolam a omis une information. Celle de reconnaître que Dewdanee fut d’abord le conseiller de son ancien ministre travailliste Mahen Gowressoo. 

 

La recherche de la démagogie à tout prix fait occulter au chef des Rouges la réflexion qui n’échappe à personne : que Dewdanee est, au fond, l’exemple type d’un copinage réussi de ceux qui, indépendamment des dirigeants du jour, ont leur grande entrée à l’Hôtel du gouvernement. Des caméléons juste capables de changer de couleur, épousant allègrement le sens du vent des changements au sommet de l’État. C’est cette leçon-là qui mérite d’être tirée pour une meilleure vigilance de ces amitiés conjonctuelles qui accèdent trop aisément à l’entourage de nos dirigeants du jour. Mais nos politiciens sont trop occupés à nourrir la petitesse des débats pour s’en rendre compte. 

 

A ce sujet, le leader du PTr n’est pas le seul à exceller. Piqué par les critiques de ce même Ramgoolam à qui il a, avec raison, rappelé l’épisode de ses coffres-forts, Pravind Jugnauth a cru nécessaire de faire de l’esprit en jetant la politique dans la mare d’une vulgarité indigne d’un Premier ministre. à Cottage, jeudi dernier, le voilà qui lance «Eski ou konn mwa plant la-grin partou partou ? Mo pa galoup lor ti la plenn.» Exécrable ! Faut-il qu’un Premier ministre tombe aussi bas avec des attaques en dessous de la ceinture, nous rappelant une détestable ambiance de pré campagne électorale, pour se faire respecter ? 

 

Six mois après son accession au pouvoir, après avoir reçu en héritage un gouvernement sur lequel la tempête continue à souffler, Pravind Jugnauth souffre encore d’un manque de légitimité et n’a toujours pas trouvé ses marques. Il projette l’image d’un chef nerveux et dont la direction souffre de clarté. Un jour agressif : «Batiara, les journalistes doivent choisir leur camp, ou represant Lepep ou ?»; Un autre jour raisonnable : son intention de se rendre – devançant une éventuelle convocation – devant la commission d’enquête sur la drogue témoigne de sa bonne foi et de sa capacité à changer de prise de position quand c’est nécessaire. Mais il suffit de quelques provocations gratuites de son rival pour que l’irritation revienne. Et que le leader du MSM montre sa fragilité en lâchant quelques grossièretés qui ne correspondent pas à un chef du gouvernement. Comment dire ? Il y a le statut et la stature. Porter la veste d’un Premier ministre n’en fait pas nécessairement un homme d’État…

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