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La (fausse) démocratie des Mauves

Au pays du MMM, on n’a plus peur du loup ! Et le troupeau se divise. D’un côté, des moutons qui continuent à suivre aveuglément le maître en acquiesçant et en votant avec lui les décisions les plus surréalistes. De l’autre, des esprits éclairés, qui ont le courage de leur opinion, osant s’exprimer franchement, quitte à prendre une position différente de celle du chef. Au risque et péril de leur avenir politique. Parce qu’au sein du parti qu’on présente comme le plus démocratique de Maurice, la liberté d’expression n’est pas tolérée. Et gare à la colère du chef s’il est «blessé, indigné» par certaines vérités. Motion de blâme, carton jaune, avertissement…

 

Voilà le sort de Obeegadoo, pourtant capable de faire preuve de clairvoyance, qu’on peut apprécier ou pas, mais dont la flamme militante reste intacte, avec une longévité ne souffrant d’aucune infidélité, qui a décidé de se battre de l’intérieur en provoquant le sursaut espéré par les partisans mauves. Qu’a donc dit Obeegadoo dans cette interview accordée à Week-end, qui le met aujourd’hui au banc des accusés d’un bureau politique se transformant en meute contre lui ? «Que la dernière défaite à la partielle a pris l’ampleur d’une déroute. (...) Que le MMM doit regarder la vérité en face et procéder à une analyse sans complaisance (...) Qu’à tous les niveaux les militants sont perturbés (...), que le MMM doit se remettre à jour et se réinventer.»

 

Si ce n’est pas là des remarques justes et nécessaires venant d’un esprit sensé et honnête, après toutes ces défaites successives, on se demande ce que c’est. Au fond, Obeegadoo n’a fait que dire tout haut ce que les observateurs politiques voient et commentent depuis longtemps. À part le chef et une partie de ses suiveurs qui se sont mis en mode béni-oui-oui pour se faire bien voir, le membre influent du MMM ne s’est fait que le porte-parole de ce que les militants répètent après chaque défaite : le besoin de révolutionner leur parti, la révision des structures, une réinvention pour qu’il soit en phase avec les réalités d’aujourd’hui.

 

Mais au lieu de prêter une oreille attentive à son constat et à ses propositions, il y a ceux qui ont préféré le lyncher, pendant que d’autres ne supportant pas des critiques lui demandent de retirer ses propos quand une voix ne lui a pas carrément suggéré de quitter le MMM s’il n’est pas d’accord. Voilà donc ou en sont les Mauves : (i) Soit suivre sans broncher le chef arrogant et dictateur dans ses (absences de) réflexions, sans aucune remise en question, en «tournant la page le plus vite possible sur la défaite et faire comme si de rien n’était», pour continuer avec des stratégies qui ne se résument qu’à des jeux d’alliances, (ii) Soit claquer la porte, comme tous ceux qui à un moment ou un autre, épuisés et las de ne pouvoir s’exprimer librement, qui ont jeté l’éponge en laissant à chaque fois derrière un parti un peu plus affaibli. Résultat : un MMM qui  affiche l’indécent score de 14 % lors de la dernière partielle.

 

Une performance suffisamment médiocre pour appeler à un exercice d’une autoanalyse en profondeur. Sauf que, pour éviter cette remise en question, Bérenger, sachant qu’il essuierait des critiques, ayant imposé Juddoo (son choix) contre Makhan (contraint de se désister), et préférant mettre l’échec du no 18 sur le compte de la personnalité positive de Boolell (comme s’il faisait une découverte), le voilà qui annonce, comme pour détourner l’attention sur les vraies raisons de la défaite, l’organisation des élections internes. Qu’il a été obligé de renvoyer ayant compris que cette préoccupation ne fait pas l’unanimité. Mais il n’y a pas que cette question qui provoque une opposition interne. Le leader mauve vient de découvrir, lors de son dernier bureau politique, que sa motion de blâme contre  Obeegadoo ne provoque pas de consensus non plus. Du coup, alors qu’au départ, l’on apprenait par l’une des voix du maître, celle d’Ajay Gunness que l’interview de l’ancien ministre de l’Education est un «cas d’indiscipline» qui peut «avoir des sanctions», et que la question «sera transmise au comité central», la direction du MMM a changé sa posture ayant réalisé qu’Obeegadoo bénéficie d’un large mouvement de soutien au comité central. Est-ce qu’un vent de changement se lève dans les rangs MMM ? Au-delà du rapport de forces entre les conservateurs et les modernistes dont se réclame Obeegadoo, une chose est sûre : le loup ne fait plus peur.

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