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On a faim !

Faire une grève et ne rien manger pendant plusieurs jours… Quitte à y laisser sa santé sans rien obtenir en retour… Le risque est énorme mais certains, désespérés, n’hésitent pas à y recourir. Est-ce la solution ? Y a-t-il rien d’autre à faire ? Allez demander auxdétenteurs des plans Super Cash Back Gold et Bramer Asset Management de l’ex-BAI qui ont presque tout essayé avant de se résigner à faire une grève de la faim. 

 

Depuis le démantèlement de cette compagnie par le présent gouvernement en 2015, ils attendent en vain qu’on leur rende l’argent qu’ils y avaient placé en espérant le faire fructifier. C’est leur dû. Sauf que le gouvernement dit ne pas avoir les fonds nécessaires pour les rembourser. Pravind Jugnauth va essayer d’en trouver en Inde lors de sa prochaine visite là-bas. On verra bien.

 

En attendant, ces gens ont tout simplement faim de justice. Et ils ont décidé de s’affamer pour bien le démontrer. Tout comme ces autres comme Jayen Chellum avec sa grève à durée déterminée ou encore l’employé de la CNT suspendu de ses fonctions. On pourrait dire que la grève de la faim est devenue un phénomène de mode. Qu’à trop en faire, on risque de le banaliser, de lui enlever tout son essence, tout son symbolisme. En même temps, on comprend ceux qui se lancent dans ce combat parfois perdu d’avance. Au moins, ils monopolisent l’opinion publique.

 

Ces grévistes ne sont-ils pas finalement les représentants un peu extrêmes de tous ces citoyens mauriciens qui ont faim ? Pas de nourriture, non. Mais d’un tas d’autres choses qui les aideraient à croire que ce pays n’est pas à la dérive, que l’espoir de le voir sortir du marasme ambiant n’est pas vain… Car oui, c’est la perception générale. Que tout ou presque va de travers. Que l’injustice (sociale ou autre), la pauvreté, les discriminations, les passe-droits, les roder bout, lesgourma kass, les drogues, la corruption, le manque de développement économico-social, les politiciens ki pe vire pei anba-lao règnent en maîtres. Alors qu’on a faim de tout le contraire.

 

Mais nous avons comme une boule au ventre qui nous empêche de nous nourrir sereinement. Du coup, on ne peut que sympathiser avec ceux qui ont fait grève pendant presque deux semaines. Peut-être pas pour rien. Car avec la promesse du Premier ministre, l’espoir pour eux est permis.