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En route vers la professionnalisation

Longtemps couvé, l’œuf de la professionnalisation de notre football va bientôt éclore. En effet, selon le calendrier de la Mauritius Football Association (MFA), le championnat de l’élite professionnel reprend son envol le 12 octobre. Professionnalisation : le mot est pompeux et porteur d’espoir pour l’avenir de notre football.

 

C’est un fait que le public a, depuis fort longtemps, tourné le dos à ce qui se déroule dans nos stades (hormis les concerts) qui sont devenus aussi déserts que le désert de Gobi. Vont-ils redevenir de vraies arènes sportives où les deux adversaires se livrent corps et âmes dans les règles du fair-play ?

 

Le football mauricien va connaître un sérieux lifting, une opération de chirurgie esthétique destinée à le rendre plus séduisant. Nos footballeurs sont appelés à passer pro. Est-ce que cela sera un gage de qualité et de spectacle retrouvés ? En tout cas, le président de la MFA, Sameer Sobha et l’homme d’affaires, Georges Chung, principal bailleur de fonds, y croient dur comme fer.

 

Passons sur les problèmes de logistiques et d’infrastructures, cette volonté de secouer le cocotier et de trouver une solution pour le foot mauricien est louable. Annoncé partout à travers les médias tel le nouvel album d’un chanteur, le projet révolutionnaire de la MFA sera-t-il un succès populaire ou un bide commercial ?

 

Les prestations de nos footballeurs seront désormais monétisées. Le niveau de compétitivité des équipes et leurs probabilités de consécration sont en grande partie liés au pouvoir financier de leurs dirigeants ainsi qu’à leur capacité à convertir au plus juste ce capital économique en capital footballistique performant.

 

Atteindre l’excellence sportive en étant salarié d’un club, c’est bien cela qui se cache derrière le mot professionnalisation.

 

De toute façon, pour sortir de l’anonymat les championnats locaux, il fallait bien commencer quelque part. Gageons que ce projet soit couronné de réussite.