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Democracy, I order you out !

Comme s’il fallait une nouvelle illustration mettant à mal notre démocratie. Comme s’il n’existe pas d’autres moyens que les mesures punitives. Comme s’il était nécessaire de prendre exemple sur un gouvernement qui, ne sachant comment se faire respecter, brandit menaces et sanctions. Ainsi fonctionne Hanoomanjee, se prenant pour la propriétaire de l’Assemblée nationale, utilisant ses prérogatives qui lui permettent d’expulser, ici une journaliste dont les écrits ne lui plaisent pas, et là le leader de l’opposition, qui sera privé de deux séances parlementaires. 

 

Autant Duval n’a pas eu raison de défier la Speaker en ne s’asseyant pas comme elle le lui avait demandé, autant deux suspensions sont disproportionnées par rapport à cette confrontation dont on aurait pu se passer pour une rentrée parlementaire. Et ce n’est pas tant la personne du leader du PMSD qui est concernée ici. Tout comme il ne s’agit pas non plus de n’importe quel élu, mais du leader de l’opposition, poste constitutionnel, garant du jeu démocratique. Et obliger l’occupant de ce fauteuil à s’absenter du Parlement équivaut à confisquer le droit citoyen et sa légitimité à questionner le gouvernement à travers son représentant. C’est pour cette raison qu’il faut dénoncer cette façon de faire qui ressemble à une de ces dérives faisant du tort à notre République. 

 

Surtout quand l’on sait que les élus reprennent le chemin du Parlement après trois longs mois de congé. N’y avait-il pas urgence à se mettre au travail et à régler les problématiques autrement ? Se permettre le luxe de prolonger ce qui ressemble à des vacances relève d’une irresponsabilité et d’un manque de respect envers les Mauriciens. Car Hanoomanjee ne pénalise pas seulement Duval, mais le peuple qui compte sur le contre-pouvoir que représente le leader de l’opposition. Le pire est qu’en agissant de la sorte, la Speaker donne une impression d’impartialité et de proximité avec le gouvernement, d’autant que c’est le Premier ministre qui a présenté cette motion de double suspension. 

 

Cela dit, faut-il s’étonner de cette manière de faire de Pravind Jugnauth et de son gouvernement qui se distinguent ces derniers temps avec le maintien d’une politique arrogante et répressive ? Après l’épisode des secousses à Air Mauritius où la suffisance du pouvoir a conduit ses services administratifs et policiers à tenter la déportation d’un pilote, il a fallu assister à son intransigeance devant les grévistes de la faim. Ces femmes cleaners déjà affaiblies, accompagnées des deux persévérants syndicalistes que sont Reaz Chuttoo et Jane Ragoo, ont dû faire face au mépris d’un supposé ministre mentor qui s’est montré dédaigneusement «an foupamal mal ar zot», sans compter les accusations gratuites d’un Sinatambou injuste et blessant.

 

Et même s’il faut se réjouir du dénouement positif après ces dix longs et pénibles jours, l’on peut se demander pour quelle raison devait-on attendre que les grévistes soient à bout de force pour finalement dire oui à une négociation avec les syndicalistes ? Tout comme l’on se demande s’il est nécessaire de diriger le pays et l’Assemblée nationale de cette manière…

 


 

Dénonçons et condamnons l’inacceptable

 

La photo est dure, insupportable et heurte notre sensibilité. Mais pour autant, il faut la regarder, car elle illustre une nouvelle fois, l’image d’une des nôtres battue, torturée, violentée. En nous montrant son visage tuméfié, ses yeux gonflés et les coups reçus, Yashna Joygobin, 20 ans, enceinte de huit mois, n’ajoute pas seulement son nom à la liste des femmes victimes de violences conjugales (lire son calvaire en pages 8-9). Elle nous raconte une de ces histoires insupportables que vivent des centaines, voire des milliers de femmes souffrant souvent en silence. Avec toujours un scénario connu : d’abord le grand amour, puis petit à petit les maux physiques et psychologiques, les menaces, l’humiliation, le chantage, la manipulation affective… 

 

Il est inacceptable qu’alors même que nous nous battons pour une société plus juste, plus égale que des femmes continuent à être abimées au corps et à l’âme de cette manière. Le récit de Yashna, à quelques semaines de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre), apporte la preuve qu’il ne faut pas arrêter les campagnes de sensibilisation, qu’il faut encourager les victimes à témoigner, à dénoncer ces inadmissibles déferlements de violence  pour mieux confronter et punir les bourreaux. Que cette nouvelle agression nous invite également à questionner notre conscience pour rectifier là où il faut sur la manière dont nous éduquons nos petites filles et nos petits garçons dès leur plus jeune âge !

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