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Comme des moules à leur rocher

Ce sont les premiers à réclamer une alternance à la tête du pays, mais, à la tête de leur parti, la question de la succession n’est pas à l’ordre du jour ! Ce sont les premiers à s’autoproclamer démocrates, mais, la démocratie ne s’applique pas à eux. Ce sont aussi les premiers à parler de restructuration au sein de leur camp, mais, ces leaders-là, restent collés à leurs fauteuils.

 

Ce qui se passe au MMM actuellement, avec le simulacre de démission du chef, qui a voulu nous la jouer ça s’en va et ça revient une poignée de minutes plus tard, n’est pas une situation isolée. Elle nous rappelle le jeu orchestré chez les Rouges par le leader Ramgoolam, qui, en février 2015, après que sa garde rapprochée avait fait courir le bruit d’une éventuelle démission de son poste de leadership, suite à l’épisode de ses coffres-forts, avait opté pour un soi-disant congé politique.

 

Alors que beaucoup s’attendaient à ce que ce «retrait temporaire» soit le premier pas d’un départ définitif à la tête du PTr, le renard est revenu quelques mois plus tard. Grâce à la complicité des «Ramgoolamistes», qui avaient tout manigancé, pour organiser, secrètement, le retour triomphal du chef. Ce, dans le dos d’un Arvin Boolell déconfit, obligé de retourner son tablier de porte-parole, poste qu’il avait entre-temps obtenu, en ravalant son amour-propre, pour mieux retourner à sa place de second. Pourtant, aussi ardue et délicate que la tâche semble être, au MMM comme au PTr, quelques voix sensées se sont fait entendre, courageusement, sur la question du renouvellement de leadership, depuis les résultats catastrophiques des législatives de 2014.

 

Du reste, au lendemain même de l’immense défaite des Rouges et Mauves après les élections générales, c’est Alan Ganoo, alors leader adjoint du MMM, qui, après avoir présenté ses excuses à l’électorat mauve, étonna plus d’un en allant plus loin que la langue de bois habituelle. Interrogé par notre confrère Le Mauricien, qui lui demandait s’il pensait que Bérenger aurait dû céder la place du leadership, Ganoo (qui finira par claquer ensuite la porte de la rue La-Poudrière) répond alors de manière suivante : «C’est à lui (Bérenger), en tant que vieux routier expérimenté, de prendre la décision afin de donner plus d’espace aux camarades au sein du parti. Il s’agit également de réfléchir sur l’opportunité d’instituer un comité transitoire d’où émergeraient ceux qui pourraient prendre le leadership.» Réponse on ne peut plus claire sur un nécessaire changement, qui n’est jamais venu.

 

Quelques jours plus tard, c’est dans le camp des Rouges que certaines vérités, jusque-là taboues, feront surface. à travers une franchise inattendue d’Arvin Boolell : «Si l’on m’appelle pour prendre le leadership du parti, je le prendrai volontiers (…) Personne n’est indispensable (la question était : ‘‘Ce parti peut-il exister sans Navin Ramgoolam ?’’) (…) Moi, je suis prêt. Prêt à prendre de nouvelles responsabilités. Y compris celles de leader.»

 

C’est dire, donc, qu’au MMM comme au PTr, considérés comme les deux principaux partis de Maurice, hormis les chefs, la question de renouvellement n’est point un sujet intouchable. Et, à bien y voir, l’interview accordée par le Mauve Obeegadoo à Week-End nous rappelle les constats du  député rouge Jhuboo chez notre confrère l’express. Là où l’ancien ministre de l’Éducation se demande, avec raison, si «après neuf défaites dans une ligue de football une équipe garde les mêmes joueurs, la même stratégie, le même entraîneur et le même capitaine», Jhuboo affirmait de son côté que «le leadership vertical, fondé sur la toute-puissance d’un chef, est un modèle périmé». Même si, chez les Rouges, le député du nº14 n’eut pas à faire face à une quelconque motion de blâme ou d’avertissement, ses propos n’avaient pas pour autant plu à Ramgoolam, qui lui avait répondu que «le linge sale se lave en famille».

 

Bref, une position adoptée également par Bérenger, suite à l’analyse d’Obeegadoo, affirmant qu’il allait lui-même venir avec une motion, pour discuter de la stratégie du parti. Quelle différence entre le PTr et le MMM ? Aucune ! Dans les deux camps, les leaders ont fait semblant de partir, pour mieux revenir. Chez les uns, le match est entre «Travaillistes» et «Ramgoolamistes», chez les autres les «Bérengistes» ont déclaré la guerre aux militants-contestataires. Et, dans les deux citadelles, les chefs se croient propriétaires de leurs partis respectifs, en restant accrochés à leurs sièges comme des moules à leur rocher !

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