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Chez ces gens-là…

À chacun son tour, ils se sont assis dans le fauteuil du Premier ministre. Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam, Paul Bérenger et sir Anerood ont ceci de commun : ils se sont tous passés les clés de la Clarisse House en gardant le même comportement sur bien des sujets. Arrêtons-nous sur ces relations tumultueuses presse-pouvoir, qui ont nécessité une rencontre (encourageante si la démarche est sincère et productive) entre Pravind Jugnauth et les responsables des médias. Le constat de cette «détérioration» n’a rien de nouveau. Parce qu’il y a(vait) dans l’attitude du chef du gouvernement du jour comme une volonté de continuer les attaques envers la presse après le passage de témoin de ses prédécesseurs. 

 

Si l’on a pu observer les réactions intempestives de SAJ lors de son récent Primeministership, allant jusqu’à accuser la presse d’être contre le développement, nous n’oublions pas non plus ses diatribes d’antan, ses agressions verbales envers les médias quand il était à la tête du pays. Un cas isolé ?  Hélas non ! D’autres se sont aussi distingués, à l’exemple de Bérenger. Celui-ci, à la veille de sa nomination à la tête du pays en 2003, ne faisait-il pas planer le spectre d’amendements à la loi sur la diffamation ? Qui allait soi-disant servir d’arsenal répressif pour un corps journalistique que le vice-Premier ministre d’alors traitait de «gutter press». Et que dire de Ramgoolam qui brandissait la mise sur pied d’une «Media Commission» ! L’ancien Premier ministre, régulièrement énervé par des interrogations sur sa gestion catastrophique du pays, n’hésitait pas à mépriser les journalistes qui, selon lui, n’étaient même pas des «quarter intellectuals». Comment oublier ses discours de haine quand le germe communal ne prenait pas le dessus ? Faut-il rappeler que les propos vulgaires de Ramgoolam lui avaient même valu une condamnation de Reporters sans Frontières ? 

 

C’est dire qu’au final, Pravind Jugnauth reproduit le même tableau  que tous ceux qui l’ont précédé. Chez ces gens-là qui se pavanent dans les allées de l’hôtel du gouvernement, l’euphorie est tellement grisante que l’arrogance du pouvoir et la super puissance conduisent automatiquement à des intimidations vis-à-vis de la presse indépendante. Car chaque nouveau Premier ministre (qui souvent a pris la défense de plateformes médiatiques dans l’opposition) oublie sciemment une fois installé, que les médias sont au service du citoyen, et non des pouvoirs publics, que chaque journaliste a appris que l’information qui est un droit est contestataire, et que la presse libre est un outil indispensable dans une démocratie.

 

Au fond, qu’est-ce qui a provoqué le mouvement d’humeur de Pravind Jugnauth ? Car, faut-il ajouter, si les relations sont tendues, ce n’est pas parce que la presse a mal fait son travail, même si on peut concéder qu’il faut y mettre la forme, même si on reconnaît quelques maladresses, et un corps journalistique imparfait. Mais le Premier ministre s’est mis inutilement en colère parce qu’il  fut interrogé sur les allégations de Peroomal Veeren, allant jusqu’à accuser des journalistes d’être dans le camp du trafiquant de drogue. Ses agissements ont aussi été dénoncés avec raison car, revenu de Rodrigues, le leader du MSM a décidé d’inviter uniquement la MBC et une radio privée, provoquant une perception de boycott. Ajouté à cela, Pravind Jugnauth s’est montré agacé par des critiques contre le projet de Metro Express dans la presse. 

 

Maintenant que les relations semblent plus civilisées, et que le mot respect prend toute sa valeur, le PM aura-t-il enfin compris la mission des journalistes :  réclamer des comptes, au nom des citoyens qui ont le droit à l’information sur des sujets d’intérêt public. Adressons-lui donc cette question : comment explique-t-il le choix de Chayman Surajbali, un ancien directeur du Government Information Service, à la présidence du Media Trust ? Comment justifie-t-il cette nomination condamnable à nos yeux, car le nouvel élu n’est pas issu de la presse, alors que depuis sa création, le Media Trust a toujours été présidé par un journaliste/rédacteur en chef en exercice ? à moins que Pravind Jugnauth, comme Ramgoolam avant lui, ait un agenda caché, ne voulant pas d’une presse formée, encore moins d’une démocratie vivante ? 

 

Heureusement que les journalistes, dont la grande majorité font leur travail en toute bonne foi (d’ailleurs, le lecteur/l’auditeur est intelligent et reconnaît rapidement toute tentative d’éventuelle manipulation) savent que les hommes de pouvoir passent, alors que l’institution qu’est la presse, elle, demeure. Imperturbable ! Au-delà de toutes les attaques…

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