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Ces camarades qui se protègent…

Ainsi, Bérenger juge utile de réduire la joute électorale de la partielle du 17 décembre, à une lutte MMM/PTr. Il l’a réaffirmé une nouvelle fois lors d’un congrès nocturne, vendredi dernier précisant que l’élection se jouera entre ces deux partis. Une réflexion dans laquelle on peut lire les projections d’avenir du leader mauve. Qui est de (toujours) gagner dans n’importe quel cas de figure. Et ce, même s’il existe des possibilités de défaite de son parti au no 18. Les options de ses desseins n’échappent à personne : en cas de réussite d’Arvin Boolell, négocier un accord avec celui-ci sans Ramgoolam («Boolell  est très embarrassé par la présence de Ramgoolam. Si nek li, Ramgoolam disparet», martèle Bérenger), en cas d’éventuelle victoire du MMM, utiliser le bargaining power, jouir d’un nouveau rapport de forces sur l’échiquier et débuter un jeu de séduction avec le MSM de Pravind Jugnauth.  

 

Malgré ses insistances sur un «three corner fight», faut-il souligner qu’il est difficile de croire  aux promesses du leader mauve. À moins qu’on soit frappé d’amnésie sélective pour oublier les épisodes du film joué avant les élections 2014, et les persistants démentis d’alliance MMM-PTr. Comment ne pas se souvenir de cette réplique en guise de garantie à des partisans mauves qui s’inquiétaient alors d’une alliance mauve-rouge : «Mem si Ramgoolam transform li en Miss Universe, pa pou ena lalians». Le chef rouge n’avait même pas eu besoin de cette métamorphose que les célébrations d’épousailles scellaient la romance conjoncturelle ! C’est dire l’importance qu’on devrait donner aux paroles d’hommes politiques qui modulent leur langage au gré de leur (im) popularité et de la notoriété de l’un ou l’autre adversaire, la politique n’étant finalement qu’une histoire d’intérêts et de pouvoir. 

 

Cela dit, au-delà des intentions de reconquête de l’Hôtel du gouvernement, au-delà des perspectives d’alliances ici et là, au-delà des attaques ciblées, et ce, sans proposition concrète pour rendre notre pays meilleur,  il y a dans cette déclaration du leader du MMM – «une unique joute rouge-mauve » – un mépris pour les autres candidats, un choix délibéré de les traiter comme quantité négligeable, et de nous faire croire que le rapport de forces ne se jouera, encore une fois, qu’entre deux partis traditionnels. En clair, cela n’est qu’une continuité dans la stratégie de limiter les possibilités entre gens venant du même sérail. Un corporatisme de camarade/adversaire, quoi ! Comme s’il n’y avait pas de place pour les autres, pour ces voix, de Kugan Parapen à Jack Bizlall, en passant par Alexandre Barbès-Pougnet, voire Tania Diolle (qui après avoir été la cible de Bérenger a subi, samedi, les critiques sexistes et condamnables de Bhadain), ceux-là qui quoi qu’on dise d’eux, apportent une fraîcheur, et créent d’autres sillons de réflexion.  

 

Cette analyse de Bérenger traduit en fait la mentalité de ces leaders des partis traditionnels qui veulent que le jeu politique se résume uniquement à un entre-soi de vieux de la vieille. Pour empêcher d’autres options. Pour que ce soit toujours les mêmes qui nous dirigent. Et ce, avec notre bénédiction, en nous faisant croire, chaque cinq ans, que la démocratie est totale à travers la consultation des urnes. Or, la vérité est qu’on nous enferme dans une école de pensée, en limitant les choix, en ne réformant pas notre système électorale, et en pervertissant le jeu avec d’incroyables moyens financiers et autres promesses électorales qui déséquilibrent et défavorisent les candidats se trouvant en dehors des blocs classiques. 

 

Au final, ce sont ces leaders – autocrates, qui ne se soumettent pas à la loi de la succession légitime à l’intérieur de leur parti – qui font croire qu’il n’y a pas d’autres voies possibles. Et ce sont toujours eux qui perpétuent le fait qu’il y a uniquement deux familles qui méritent d’occuper le fauteuil premier-ministériel à tour de rôle. L’erreur pour nous les citoyens serait d’y croire, et de penser qu’on ne peut franchir cette fatalité qui n’en est pas une. À quelques mois de la célébration de nos 50 ans d’Indépendance, oserons-nous nous affranchir de ces leaders traditionnels et de leurs analyses pour regarder au-delà de ces murs dans lesquels ils veulent nous confiner ? N’ont-ils pas assez confisqué notre prérogative ? N’est-il pas temps qu’on reprenne notre droit, notre pouvoir citoyen ? En réclamant, pour commencer, tous ensemble, la réforme électorale pour les prochaines élections générales ?