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Réseaux sociaux : aïe, le buzz mauvais !

Rubina Seetharamdoo provoque de nombreuses réactions sur Facebook, actuellement.

Il est virtuel mais il peut faire mal. Alors lumière et témoignage sur un des cadeaux empoisonnés 2.0 avec, en featuring, Rubina, Mrs Positive.

Welcome to the dark side. Ou bienvenue du côté obscur de la Face(book), si vous préférez la version française, et des réseaux sociaux. Sur le timeline, petits chatons, mèmes en tous genres, débats sur des décisions politiques, instantanés de fêtes et de partage, panda qui se roule dans l’herbe, cliché qui dit «tchuiiiiii Elizabeuut Queenie Gyal»… Ça, c’est pour le côté soft (enfin, façon de parler). Puis, il y a ces commentaires qui heurtent, ces messages haineux, ces échanges venimeux. De mauvaises vibes. La force devient (méchante) farce. Et quand elle se répercute sur un individu, on parle même d’e-bullying ou de cyber-bullying (derrière un écran, c’est facile). Même si ces termes renvoient au virtuel, les émotions provoquées ne le sont pas. Depuis quelques jours, Rubina Seetharamdoo a fait face à un déferlement de LOL mauvais sur sa personne. En se rêvant «star» de Facebook, celle que les internautes appellent «Mrs Positive» se prend le revers de la médaille en pleine tronche (dans la droite lignée du Shah Rukh Khan Made in Mauritius ou d’un «otan vit Kevin»). Aïe !

 

Pour la retrouver, en dehors de la planète bleue, il faut s’accrocher, se lancer comme un espion 2.0, un limier nouvelle génération. Première recherche : la fameuse boutique (c’est sur la page Facebook de son commerce qu’elle partage ses vidéos). Elle n’existe plus. Rubina and Ashley Shop à Saint-Pierre vendait des vêtements seconde-main pour «les personnes qui n’ont pas trop les moyens», explique-t-elle (lorsque nous la trouvons au bout de deux heures de recherche). Il y a bien un numéro de téléphone mais elle ne répond pas (ni aux messages Facebook) : «Mo prefer pa, mo gagn bann move sirpriz.» Quelques coups de fil (à d’autres personnes), plusieurs arrêts et opérations poz kestion à l’aveuglette, enn ta marse et nous comprenons qu’elle a déménagé, qu’elle a quitté Moka et qu’on la voit souvent dans une petite laboutik qui s’est travestie en magasin.

 

Là, un petit monsieur décide de jouer la carte de l’obscure obscurité. Il la connaît ; oui, mais… Et c’est à ce moment précis qu’elle apparaît. Comme ça. Par magie. Quand on ne s’y attendait plus. Elle hésite avant de parler, précise qu’elle préfère se préparer d’habitude. Et qu’on la prend au dépourvu. Mais se lance quand même. Les insultes, les vidéos et les mèmes dont elle semble être le personnage principal, elle s’en moque, dit-elle : «Franchement, mo pa pran sa kont. Pa fer lefe lor mwa. Je sais qui je suis. Je me suis déjà habituée.» Pourtant, elle parle du soutien de ses proches. De l’importance de se serrer les coudes et d’avancer. De faire face aux bourrasques sans trop kas tet. D’ailleurs, comme le dit Cédric Vincent, Traffic Manager, il est difficile de rester insensible à des centaines de commentaires négatifs (voir son entretien ci-contre). Même si on prétend le contraire.

 

Frisson

 

Michaella Mounawah, habituée du buzz en ligne en compagnie de son alter ego, Vivi de Monaco, a connu les raz-de-marée de négativité : «Le premier commentaire négatif m’a choquée. Mais après on s’habitue, on se forge une carapace et on en rigole. C’était dur au départ. Puis, vient le moment où on réalise qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.» Surtout qu’on tombe dans la marmite bleue un peu par hasard. On fait quelque chose et on devient en quelques clics une «star». On n’est pas préparé à tout ce qui suit. C’est un peu l’histoire de Rubina. Cette maman de trois enfants s’est lancée dans les vidéos, comme ça, pour faire connaître son petit business. Puis, elle a eu lagam. Celui de partager, de s’exprimer… et de briller. Elle aime le frisson. La sensualité de likes qui s’engrangent. Le plaisir de ces shares qui n’en finissent plus.

 

Dans un monde fantasmé, il est difficile de s’accrocher à ce qui est important et ce qui ne l’est pas : «Certaines de mes vidéos ont plus de 200 000 vues. Ça me rend fière. Des gens d’autres pays m’écrivent et m’encouragent. Ça fait quand même quelque chose.» Est-ce que le jeu (le shaming, les humiliations…) en vaut la chandelle ? Pour Rubina, oui. Elle n’a pas pris la décision de devenir un personnage «public», elle a surfé sur la vague. Sans se poser de questions. Ses vidéos parlent d’elle et du monde, «li lor lavi». Quand on se fait connaître, dit-elle, c’est normal de provoquer «de la jalousie». Quand on partage une opinion, il est impossible de penser que tout le monde la partage. En plus, il y a des «konplo zalouzi, konplo rod kas.»

 

Ses dialogues et ses images font le buzz. Les attaques sur son physique aussi : «Mo seve inn blan. Et alors ? Mo pena kass pou al kot kwafez.» Et des allégations concernant un vol et une polémique autour d’une paire de chaussures alimentent les flammes du shaming. Mais elle ne compte pas s’arrêter là ni aller à la Cyber Crime Unit pour porter plainte : «Je ne vais jamais finir.» La vie continue. Et elle continue de partager. «Les gens peuvent détruire ton image, salir ta personnalité, créer des rumeurs sur toi mais ils ne peuvent pas emporter tes bons actes», partage-t-elle sur sa page. Et puis, elle se rassure, dans les échanges hors réseaux sociaux, il n’y a pas d’attaque : «Personne ne m’insulte quand je marche.» Sauf peut-être une fois : «Un van est passé, une personne a hurlé “eta fol”. Un de mes enfants était avec moi, je lui ai dit de ne pas s’inquiéter. Je parle à mes enfants, je leur explique qu’il ne faut pas qu’ils donnent trop d’importance à ce que les gens disent.» 

 

Derrière un écran, on peut tout se permettre : «Ena dimounn kasiet deryer lekran. Maurice n’est pas encore assez développée. Il y a des personnes qui sont toujours renfermées. Il y a beaucoup de négativité sur Facebook. Mais devant toi ces gens ne diront rien.» Alors cette violence virtuelle, elle la prend comme faisant partie du package. Un dark side qu’elle gère... selon elle.

 


 

Cédric Vincent, Trafic Manager : «Prendre les choses au 10e degré»

 

Il est un expert des réseaux sociaux et comprend les subtilités de ce système de communication new generation et il décrypte…

 

Pourquoi… tant de haine ?

 

Derrière son écran, on se sent invincible. On dépasse le cadre de la liberté d’expression : c’est la liberté de la haine. Tout le monde a envie de s’exprimer. Et comme les Mauriciens sont très judgemental, ont un avis sur tout, ça dérape parfois ; les avis sont souvent négatifs. Rubina, il me semble, poste des vidéos pour le fun, elle partage ses opinions avec un côté décalé (qu’elle ne contrôle peut-être même pas). Mais les gens préfèrent se focus sur le côté «ridicule». On part du principe que la personne qu’on vise ne peut pas nous donner une gifle en direct ; que c’est sans conséquence pour soi. Que ce n’est qu’un avis qu’on donne. Mais il s’agit d’e-bullying tout simplement. Les gens ne réalisent pas que la personne, elle, reçoit 100-1 000 avis négatifs. Et que ça ne doit pas laisser insensible.

 

Comment faire si on veut partager au plus grand nombre de followers sans souffrir des critiques ?

 

Ça va dépendre des gens. Certains créent de vrais personnages. Comme Ismael Chanel. Du coup, pour lui, je pense que c’est beaucoup plus facile. Il ne se met pas (dans le sens de sa propre personnalité) en avant. Il caricature. Il reçoit des retours sur ses personnages. Mais pas sur lui. Ça ne va, donc, pas blesser son self-esteem. Rubina, par contre, est son propre personnage : ça c’est pire. Il n’y a pas de barrière. Elle prend les critiques sur ce qu’elle est.

 

Comment faites-vous ?

 

Dans le passé, j’ai lancé des projets sympas. Par exemple, un exercice de free hugs. Et j’ai eu des retours haineux sur le Net. Sur le coup, ça m’a beaucoup blessé car mon initiative venait du cœur. Mais j’en ai parlé à mes proches et j’ai pris la décision de ne pas réagir tout de suite car évidemment, j’aurais réagi de façon agressive et ça aurait eu un effet boule de neige. On peut tout simplement ignorer les retours. Respirer un coup et essayer de garder son calme. Tant qu’on est happy et que ce qu’on fait et qu’on ne blesse personne.

 

Un petit conseil pour moins de haine sur les réseaux sociaux ?

 

Prendre les choses au 10e degré. Essayer de toujours en rire. Et si on n’aime pas quelque chose, on change simplement de page.

 

Pour le meilleur

 

Elle fait souffler un vent de gourmandise sur la Toile. Et sur les réseaux sociaux. Pour suivre ses aventures culinaires et vadrouilleuses, il faut se brancher sur son Facebook et son Instagram. Anoushka Aodhorah, Food Stylist et blogueuse, connaît les avantages et les inconvénients de ce mode de communication : «Les réseaux sociaux peuvent provoquer des moments de frustration si on ne sait pas gérer. On peut avoir l’impression de ne pas être good enough et il y a aussi tout le stress provoqué par nos expectations.» Alors, nous lui avons demandé ses 3 Do’s pour une vie plus épanouie sur les réseaux sociaux.

 

1. «Soyez toujours prêt à accepter toutes sortes de commentaires et de critiques. Soyez ouvert ! Vous devez pouvoir cultiver l’état d’esprit qui convient, tout en nourrissant votre positivité envers toute chose.»

 

2. «Restez concentré. N’oubliez pas pourquoi vous utilisez les réseaux sociaux : stay focused.»

 

3. «Il ne s’agit que des réseaux sociaux. Ne prenez pas tout sérieusement.»